Présentation

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    : Site officiel de Cahors CycloTourisme. Vie du Club, Randonnées, Voyages

Les Brèves

  • Reprise officielle des activités hebdomadaires au parking Saint-Georges en respectant les règles sanitaires - Retour à l'horaire d'hiver - Départ à 14h00
  • Jeudi 29 octobre : Permanence de 18h00 à 18h30 à la Barbacane, suivie de la réunion du Comité Directeur
  • Jeudi 7 décembre : Permanence de 18h00 à (renouvellement des licences) à la Barbacane
  • Jeudi 10 décembre : Permanence de 18h00 à (renouvellement des licences) à la Barbacane, suivie de la réunion du Comité Directeur
  • La semaine fédérale de Valognes (50) est reportée du 25 juillet au 1er août 2021
17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 09:15
Suite à un séjour non prévu à Toulouse, je n'ai pas pu mettre à jour le site Internet. Je profite d'un retour de quelques jours à mon domicile pour réalimenter le site.
Je livre à votre lecture et à votre réflexion un nouvel article extrait du memento "Unité Histoire" de la FFCT. Vous verrez à la lecture de cet article que le débat entre cyclosportifs et cyclotouristes c'est un peu comme la "guéguerre" de 100 ans!!.
     Joseph Guégan
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT

Ce titre reprend les événements déjà mentionnés dans l'histoire (Notre Fédération) concernant nos rapports avec la compétition ou ses représentants, relations à problèmes qui furent un danger permanent pour notre indépendance : un sujet d'une importance particulière.

Coureurs cyclistes, cyclistes touristes et touristes automobilistes
Au début du cyclisme, l'Union vélocipédique de France était le seul organisme, rassemblant à la fois coureurs, organisateurs de courses et simples touristes cyclistes. On se rendit vite compte - et Vélocio le clama bien haut - que compétition et tourisme relevaient de deux conceptions que tout séparait, bien qu'il y eut à la base une même notion d'effort et un instrument assez semblable. Cette prise de conscience entraîna dès 1890 la fondation du Touring club de France par des cyclotouristes. L'UVF prit très mal la chose, mais n'y put rien et perdit presque tous ses cyclotouristes. Stimulés par une rivalité qui pourtant n'avait pas lieu d'être, les deux organismes grossirent. Cependant. le TCF était une association ouverte à tous les touristes.   Lorsque la motorisation eut fait suffisamment de progrès, ceux qui étaient à la fois peu sportifs et fortunés abandonnèrent la bicyclette pour l'automobile; les cyclotouristes devinrent les parents pauvres minoritaires de ce qui était devenu une grande et prestigieuse association : 15l 000 membres en 1923, et un budget de 3,7 millions de Francs de l'époque. Ils s'estimaient délaissés. Cette situation favorisa la création de clubs cyclotouristes autonomes qui souhaitèrent bientôt coordonner leurs actions; beaucoup de leurs membres étaient aussi adhérents du TCF. Si bien qu'en 1923 fut fondée, sous la protection bienveillante du Touring Club, la Fédération Française des Sociétés de Cyclotourisme.

Premiers essais de récupération du cyclotourisme
Au calendrier de la petite fédération figuraient les organisations de ses clubs et parmi elles de nombreux brevets. Or les Brevets de randonneur et les Brevets des sportifs normands avaient à cette époque des allures de compétition. L'Union vélocipédique de France, qui avait toujours l'ambition de régenter l'ensemble du cyclisme et n'avait jamais digéré la scission cyclotouriste de 1890, ne pouvait admettre cette nouvelle concurrence. Le TCF s'était rapproché de I'UVF pour certaines manifestations, il se laissa circonvenir et conclut en 1926 un accord qui, dans les faits, mettait le cyclotourisme sous la coupe de l'UVF. Fauveau, président de la FFSC issu du TCF, prit le parti de celui-ci, il démissionna et fit comprendre que la FFSC n'avait plus lieu d'être.
Mais les cyclotouristes n'étaient pas gens à s'en laisser compter. La FFSC était maigre et sans ressource, mais légalement déclarée.
  Fauveau fut aussitôt remplacé et la Fédération continua. Mais elle garda beaucoup d'amertume de ce lâchage du TCF et une grande méfiance envers I'UVF.

Le deuxième épisode de cette guerre larvée se passa en 1931-32. Les effectifs de la FFSC s'étoffaient. Tandis que le TCF, sans doute à la demande de l'UVF, expulsait de ce qui restait de son Comité de tourisme cycliste les dirigeants qui se réclamaient de notre fédération, l'UVF envoya un ultimatum aux clubs de la FFSC avec lesquels elle avait tissé des relations, les sommant d'avoir à passer à I'UVF sans quoi toutes leurs organisations seraient interdites. Quelques-uns seulement se soumirent. L'UVF prolongea en vain le délai pour ce faire, la manœuvre d'intimidation avait échoué. La FFSC continua à progresser, en bonne partie au détriment du TCF et de I'UVF où les cyclotouristes ne se sentaient pas à leur aise.

Tentative de fusion et résistance passive
Après 1939, l'administration centralisatrice du gouvernement de Vichy voulut autoritairement unifier cyclisme de compétition et cyclotourisme en une seule fédération: la Fédération française de cyclisme. Les responsables des sports voyaient le cyclotourisme d'abord sous l'angle sportif, et les dirigeants de I'UVF transformée en FFC ne demandaient pas mieux que de récupérer enfin les cyclotouristes. Mais c'était compter sans leur résistance à cette intégration forcée, une résistance avec les moyens du bord : des démarches à n'en plus finir où s'illustra l'énergique René Touzet, une mise en sommeil de la FFSC, les clubs qui ne s'affiliaient pas, et pour finir la fondation de deux associations nationales officiellement non cyclotouristes pour se regrouper l'une en Zone occupée, l'autre en Zone Libre.   Bref, devant cet échec, l'administration rendit son indépendance au cyclotourisme sous la forme en 1942 d'une Fédération française de cyclotourisme.
Charles Antonin, cyclotouriste et coureur vétéran, qui avait œuvré dans la commission de Cyclotourisme de la FFC-UVF fut nommé président. Diplomate, il ramena le calme et entretint de bonnes relations avec la FFC.
Pendant cette période difficile où voyages et randonnées n'étaient pas possibles, le cyclosport fut l'activité la plus représentative des clubs cyclotouristes de la région parisienne.

Le cyclosport à la FFCT: être ou ne pas être ?
À la Libération, le président Antonin élu démocratiquement à la tête d'une nouvelle FFCT tenta de faire gérer le cyclosport, toujours actif à la FFCT, par la FFC ; mais les cyclosportifs, compétiteurs occasionnels, ne voulaient pas avoir affaire à cette dernière.
Suite à des difficultés financières fédérales, Antonin reprit une idée du docteur Ruffier de réunir tous les cyclismes (compétition, cyclotourisme, utilitaire) et les professionnels du cycle sous la même bannière. Le congrès arrêta net ce projet de "super-fédération" qui aurait conduit à l'annexion du cyclotourisme. La FFC, de son côté, décida de remettre le cyclotourisme au rang de ses activités.
  À la FFCT les cyclosportifs faisant de plus en plus de bruit, le Conseil d'administration du Président Poge entérina en 1950 la réglementation des épreuves cyclosportives par la FFCT. Cette officialisation favorisait l'amalgame avec la course et, cette fois, c'étaient les tenants du tourisme qui s'indignaient. Il faut noter que les compétitions cyclosportives se disputaient avec des machines comportant garde-boue, éclairage, porte-bagage avant et que la tenue de course était interdite: le short était obligatoire. Nombre de ces sportifs occasionnels étaient par ailleurs d'excellents cyclotouristes et certains devinrent de dévoués dirigeants, à tous les niveaux.

Nouvelles pressions et abandon définitif du cyclosport
La baisse d'effectif qui suivit ramena la paix. À partir de 1960, la situation commença à s'améliorer et l'aspect sportif du cyclotourisme reprit vigueur, notamment avec l'organisation de grimpées chronométrées qui plaisaient aux jeunes et ont permis de les garder. En 1965, le colonel Crespin, directeur des Sports, fit part au président Léon Creusefond de son vif désir de voir la FFC et la FFCT fusionner. Le caractère compétitif de certaines organisations était toujours un argument de poids. Creusefond gagna du temps et finalement, en 1967, refusa carrément la fusion. L'alerte fit comprendre aux dirigeants fédéraux le tort que causait l'activité cyclosportive marginale à la Fédération. Le colonel Crespin revint à la charge en 1970, puis en 1973 avec la complicité du président de la FFC, mais toujours sans succès.   Le président Vicart proposa un nouveau protocole à la FFC, définissant les domaines respectifs des deux fédérations. Ce document fut finalement paraphé en 1977, contresigné par le représentant du ministre et ratifié en assemblée générale en 1978 à une écrasante majorité. Il réservait les activités sportives et touristiques de pleine nature à la FFCT et les activités de sport de compétition, y compris le cyclosport, à la FFC. Ce document appelait toutefois des précisions et un nouvel accord fut signé en 1980 par le président Marc Dobise. Le protocole fut par la suite reconduit. De ce fait sont aussi éliminés les problèmes d'assurance et d'autorisation des pouvoirs publics. Laissons aux différentes fédérations de compétition et affinitaires le soin de s'entendre entre elles.
FFC : Fédération française de cyclisme
FFCT : Fédération française de cyclotourisme
FFSC : Fédération française des sociétés de cyclotourisme
TCF : Touring club de France
UVF : Union vélocipédique de France
 
Conclusion
Dans notre société en perpétuelle mutation, il est bon d'être vigilant pour préserver notre indépendance des volontés centralisatrices, des amalgames administratifs et des convoitises mercantiles que suscitent ici ou là notre prospérité et notre bonne renommée. Par notre comportement sur la route, notre tenue, notre matériel, nos organisations, essayons de marquer notre différence. Le danger, autrefois, n'est pas venu du monde du commerce. Mais le contexte a évolué. Conservons une éthique et une autonomie financière qui garantissent notre liberté.
3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 07:23
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT

La première
Charles Bernard, président du Cyclo-touring club varois de Toulon, décida d'organiser du 8 au 15 août 1927 le "Meeting de Castellane", qualifié par le Bulletin fédéral de "Première semaine de cyclo-tourisme". André de Boubers, président de la Fédération française des sociétés de cyclotourisme, l'aida de son mieux depuis Paris dans la mise au point de l'organisation. Après l'amertume du lâchage du Touring club de France dans le courant de l'année 1926, on sentait la nette volonté d'affirmer par une action médiatique significative la FFSC comme une fédération dynamique et représentative du cyclotourisme national.
André de Boubers raconta comment s'était déroulé ce premier rassemblement estival : "peu à peu, chaque jour, arrivèrent de nombreux amis de tous les coins de Provence, de Lyon, Grenoble, Montauban, Montpellier, Aubenas, Bordeaux, Marseille, des Alpes et des Cévennes, tant et si bien que nous fûmes bientôt plus d'une centaine". Il faut cependant relativiser : peu de participants furent présents toute la semaine. "Le logement était assuré dans les meilleures conditions.
  Tout entière la prison (monument historique) nous était affectée (...) Immenses garages, confortables chambres bien garnies de paille... "Confort rustique, mais apprécié. Des excursions étaient organisées, notamment au lac d'Allos, et au Grand canon du Verdon, le clou de la semaine, qui demanda... neuf heures de marche ! (Eh oui, la route touristique n'existait pas encore). Arriva le 15 août. Une grande randonnée jusqu'à Toulon clôturait la Semaine. Réveil à 4 heures, départ au petit jour sur les vélos soigneusement mis au point la veille. Longues côtes jusqu'au-delà de Comps. Descente sur une route défoncée pendant 22 km. Quelques accidents, "la plupart sans gravité, occasionnés par l'état extrêmement mauvais de la route". Puis le mistral, violent, enfin, l'arrivée à Toulon, où eut lieu la séparation. Pour ceux qui avaient encore le temps, le 16 août, une promenade en bateau paracheva en apothéose cette organisation. Tout le monde était satisfait.

Une pérennité difficile
Le mouvement était lancé: en 1928 la Fédération annonça une "Grande semaine de cyclotourisme" - le titre était pérennisé - à Brive. Prévue en juillet, elle eut de ce fait peu de succès. En 1929, ce fut Aubenas, et on revint pour la date aux alentours du 15 août. Les organisations suivantes n'obtinrent pas le succès espéré: c'est qu'on était encore loin des congés payés. Plusieurs essais décevants amenèrent la Fédération à se tourner vers l'organisation de meetings internationaux plus courts et plus médiatiques jusqu'en 1939. En 1943, une Semaine fédérale fut projetée en Auvergne et prématurément annoncée par la revue Cyclo-magazine, mais le programme arrêté par Barroz, attendu en vain fin juin, ne fut examiné et adopté par la commission de Plein Air qu'en novembre   et aucun document fédéral ne fit allusion - avant ou après - à cette semaine d'Aurillac: difficile donc de revendiquer qu'elle fut "fédérale", même si quelques cyclotouristes ont pu être appâtés par l'annonce de Cyclo-magazine et tourner leurs roues vers cette région. Une Semaine était au calendrier pour août 1944 en Dauphiné-Savoie, mais les événements en décidèrent autrement. Les Semaines fédérales repartirent laborieusement en 1945: 120 participants aux Eyzies. L'heure n'était guère aux vacances, mais la Semaine fut ensuite organisée régulièrement, avec des hauts et des bas, surtout des bas comme les effectifs fédéraux, tantôt en étoile, tantôt itinérante.

Le renouveau
En 1963, c'était la quatrième Semaine organisée par le dévoué Toulousain Albert Bures (un record): Saint-Antonin-Noble-Val, 514 participants recensés bien qu'il n'y paraissait guère (j'y étais):une remontée en flèche. Dortoirs improvisés, sans électricité, dans deux préfabriqués d'un cours complémentaire et toilette matinale aux lavabos en tôle émaillée de la cour. Pas de douche, bien entendu.
Qu'on était loin du confort des Semaines actuelles! À Digne (1964),|'organisation était bien meilleure et elle ne cessera de s'améliorer. Après, la si sympathique et comme toujours conviviale organisation de Gourdan-Polignan en 1975, on passa d'un seul coup, l'année suivante à Valence, le cap des 2 000 participants et du sponsoring.
  Depuis la fin des années 70, la Semaine fédérale est de plus en plus perçue et conçue comme une semaine de vacances familiales orientée vers la détente. Devant l'ampleur de la manifestation, un cahier des charges fut instauré. Rouen fut un nouveau tournant au niveau du partenariat. La participation ne cessa de croître jusqu'à atteindre 15 000 à Quimper en 2001. On décida peu après de plafonner les inscriptions à 13 000. Enfin, renouant avec un tourisme de visites que l'on avait depuis quelques années oublié pour le simple plaisir de rouler, on créa les "Cyclo-découvertes®", lesquelles ne sont rien d'autre que la façon dont on avait auparavant et depuis toujours conçu les Semaines.
 
Conclusion
L'organisation, bien rodée, est unique dans le monde sportif français. Quelques pâles essais d'imitation n'ont pas donné grand chose : ce qui fait la force de nos organisations, c'est le bénévolat. ll faut saluer bien bas les nombreuses personnes qui ont œuvré et qui œuvrent pour accueillir ces milliers de cyclotouristes, faisant de la Semaine fédérale le fleuron le plus médiatique et l'un des plus beaux de la FFCT. Mais il faut aussi être vigilant, garder à cet œuvre exemplaire, vitrine de nos valeurs, son âme et son originalité.

Chronologie des Semaines fédérales
22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 04:13
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

Conclusion
Voici donc terminée la chronologie des événements qui constituent notre modeste histoire. Quelques personnages se sont trouvés en pleine lumière, au cours de notre cheminement; souvent, ils ne l'avaient pas souhaité, ils étaient là: ils se sont dévoués. Cette évocation est succincte, mais il ne faut pas oublier tous ceux qui ont œuvré dans l'ombre, modestement mais efficacement, à tous les niveaux : dans les conseils ou comités. les commissions fédérales, les ligues, les comités départementaux, les clubs... Ce sont ceux-là qui ont fait notre Fédération jour après jour. Ce sont eux aussi qui ont répondu présent quand il a fallu défendre le cyclotourisme d'une intégration forcée ou le sauver de la faillite, qui sont restés fidèles quand la mode du vélo est passée. Ce sont les mêmes qui ont préservé nos valeurs, les ont enseignées à de plus jeunes, ont donné l'exemple. D'autres sont venus faire un petit tour chez nous, en papillons ou en clients, et ne sont pas restés. Et il faut bien reconnaître qu'ils furent nombreux: dans les années 80, un tiers de l'effectif ne renouvelait pas sa licence. Ne leur jetons pas la pierre : il faut essayer et si ça ne convient pas, il est logique d'aller voir ailleurs.
Revenons à ceux qui restent. Le cyclotourisme fut longtemps perçu comme une grande famille, une sorte de fratrie, de compagnonnage où l'entraide et l'amitié n'étaient pas un vain mot, surtout dans les moments difficiles. Cet esprit a permis, durant quatre-vingts ans, malgré bien des vicissitudes, de toujours garder espoir et foi en l'avenir du cyclotourisme. Pour un certain nombre d'entre-nous, le cyclotourisme n'est pas seulement un loisir agréable, c'est une façon particulière de comprendre la vie. La conviction de tels individus donne à notre mouvement cyclotouriste une grande force dans les moments difficiles, on en a eu l'exemple. Pour une fédération, posséder de tels adhérents est une richesse. il ne faut pas la galvauder.
Le caractère forcément succinct de cette chronologie n'a pas permis d'entrer dans le détail. La lecture des procès-verbaux de réunion et des courriers d'archives donne une image plus humaine et plus terre à terre des préoccupations, du travail de fourmi, des hésitations et des décisions.
  On y trouve en permanence, souvent en filigranes, parfois énoncées avec force, les idées et valeurs du cyclotourisme : le souci de l'indépendance sur tous les plans, le bénévolat, et puis l'amitié, la tolérance, l'entraide, ce sentiment d'appartenance à une grande famille dont j'ai parlé, le goût de la nature et de la découverte, le respect du passé aussi bien que l'intérêt pour le progrès, le souci d'amener des jeunes au cyclotourisme. On est étonné de voir la concordance des engagements, des inquiétudes et des espoirs des dirigeants d'hier et d'aujourd'hui. Fréquemment renouvelés par le simple fait du bénévolat et de la démocratie, ils n'ont pas toujours eu l'expérience nécessaire à la conduite d'une fédération, ni la vision générale englobant le passé, le présent et l'avenir du cyclotourisme dans une même continuité. Ce n'est pas un hasard si ceux auxquels nous devons le plus avaient réfléchi sur ce qui s'était passé avant eux, quelles actions avaient été conduites, dans quel esprit, et quel en fut l'aboutissement. N'en fut-il pas de même des grands chefs d'État ? Enfin, il est important que les futurs dirigeants de la FFCT sachent qu'ils recueillent un patrimoine moral et concret qu'ils ont mission de préserver et d'enrichir pour le transmettre à leur tour aux générations qui suivront, ainsi que se sont efforcés de le faire ceux qui les ont précédés depuis 1923. De cette continuité, ils en ont la responsabilité. Ceux, bien rares, qui ont essayé de nous entraîner en d'autres voies n'ont pas été suivis, et ont dû quitter des responsabilités où les avaient conduits des motivations étrangères à notre éthique.
À l'assemblée générale de Poitiers, au seuil du 21e siècle, "placée sous le signe de la modernité par le choix du lieu : le Futuroscope", le président de la ligue Poitou-Charentes invitante, Jean-Yves Mounier, dit en préambule : " Il est important qu'un grand mouvement comme le nôtre reste en phase avec le monde dans lequel il cherche à se développer". Mais il n'oublia pas de rappeler "que nous avons une histoire commune, des valeurs communes. un patrimoine commun, et il ne saurait être question d'avenir si nous faisons fi de notre identité et de notre culture".
21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 04:05
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

2000 : coller au présent et préparer l'avenir
dans la continuité de nos valeurs
En 2000, Claude Dirand fut réélu et proposé à l'AG comme président ; mais l'assemblée refusa par deux fois d'entériner ce choix, sanctionnant une orientation et des perspectives auxquelles elle n'adhérait pas : la professionnalisation à tous les niveaux, la recherche de moyens financiers à caractère commercial (sponsorisation), l'abandon délibéré ou la transformation de l'héritage du passé, l'oubli de l'éthique du mouvement cyclotouriste. Une partie du Comité directeur démissionna et Dominique Lamouller qui avait une longue expérience des affaires fédérales à différents postes, fut alors présenté et élu président par près de 76%des voix. Homme de dialogue, il sut gagner la confiance du Comité directeur restreint et le rassembler autour d'un projet fédéral porteur soumis aux ligues, CoDep et clubs, et pour finir aux adhérents eux-mêmes. Ce projet tranchait avec les idées de l'équipe précédente et définissait le cyclotourisme comme " une activité de loisirs et de plein air à bicyclette incluant : tourisme, sport-santé et culture, donc une diversité de pratiques, en toute liberté, pour découvrir la nature, dans l'entraide et la convivialité. Il se situe, était-il précisé, entre l'utilitaire et la compétition, excluant cette dernière". Le texte insistait sur la spécificité de la FFCT, sa volonté de "valoriser et défendre son patrimoine, son histoire, ses organisations et le savoir-faire de ses clubs", le bénévolat créatif, la recherche de la qualité dans les organisations, le sentiment d'appartenance, la démocratie, la promotion des clubs et des actions en faveur des jeunes pour assurer la continuité de notre mouvement,... Bref, il ramenait la Fédération sur le chemin qu'elle avait toujours suivi : s'intégrer pleinement dans une société en perpétuelle évolution sans se dénaturer ni rien renier de ses valeurs, un équilibre difficile entre le "trop" des uns et le "pas assez" des autres. À la base, les rumeurs de scission cessèrent et l'horizon redevint serein. En 2001, les services fédéraux s'installèrent dans les locaux d'Ivry après des travaux conséquents de réfection et d'aménagement suivis de près par le vice-président Jean-Pierre Guillot, qui assura aussi la vente des locaux de la rue Jean-Marie Jégo.
L'action fédérale s'exerça dans le domaine de la sécurité avec notamment l'incitation au port du casque, la diffusion de la Charte cyclable, "l'Opération permis de conduire", dans celui de partenariats institutionnels et privés aux limites clairement définies, dans celui de la communication, pour expliquer et clarifier notre pratique, éviter l'amalgame avec le cyclosport. Elle se manifesta sur un plan plus général dans la volonté affirmée d'accueillir les jeunes et les féminines dans les clubs, avec des parcours accessibles à tous, en développant le principe des "Cyclo-découvertes®"
  La FFCT reprit sa place au sein du comité de Promotion du vélo, de la commission nationale des Sports de pleine nature, de la commission nationale de la Sécurité routière. Des discussions avec la FFC pour actualiser la convention en ce qui concernait les organisations respectives route et VTT aboutirent à la signature d'un texte commun en décembre 2003. Cette année-là, la Fédération fêta le 150e anniversaire de la naissance du fondateur du cyclotourisme en participant à l'édification d'une statue dans sa ville natale, un moment fort dans un Pâques-en-Provence exceptionnel. Dominique Lamouller fut réélu en 2004. La FFCT relança l'union du cyclotourisme international, œuvre prometteuse mais de longue haleine que la France est la mieux placée pour conduire. Ce fut d'abord la création de l'Union européenne de cyclotourisme puis celle de l'Union de cyclotourisme internationale. Une première Semaine nationale et européenne des jeunes fut organisée en Lorraine. Les organisations touristiques traditionnelles de la Fédération, comme le BCN et le BPF, avaient toujours leurs inconditionnels et un grand nombre d'inscrits; à l'autre extrémité du panel, les Diagonales affichaient une participation stable depuis plusieurs années avec 173 homologations en 2004. Les Voyages itinérants, formule d'une grande liberté, ont un succès grandissant: 3 035 homologations et 109 pays visités en 2004 ! Les textes fédéraux furent tous entièrement revus, la Charte des organisations créée et celle sur la publicité inscrite en annexe du Règlement intérieur; notre éthique et nos organisations se trouvèrent ainsi clarifiés et accordés. En avril 2006, la FFCT a obtenu de l'Etat la délégation pour la pratique du cyclotourisme. Elle est aussi la seule habilitée à règlementer cette activité sportive associant "Tourisme. Sport-Santé, Culture" sans recherche de la plus grande vitesse, selon les termes de l'arrêté ministériel, mais elle est aussi dans l'obligation de respecter cette définition.

Nous voici dans le présent. La Fédération s'implique résolument dans le monde actuel, en lançant les grands projets "Tourisme à vélo", "Paris-Pékin à vélo 2008" en essayant de se garder de déviances où nous n'avons rien à gagner et tout à perdre; elle a l'avantage de pouvoir s'appuyer sur des valeurs saines que les dirigeants successifs - à tous les niveaux - ont su préserver.
BCN : Brevet de cyclotouriste national
BPF : Brevet des provinces françaises
FFC : Fédération française de cyclisme
FFCT : Fédération française de cyclotourisme
 
20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 03:50
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

1987 : concilier les anciens et les modernes
Le cyclotourisme évoluait. Une nouvelle vague de pratiquants plus sportifs, plus sensibles aux images véhiculées par les médias, accédait aux responsabilités, il fallait l'intégrer tout en gardant notre identité. Le slogan "200 000 en l'an 2 000" affichait que la FFCT était ouverte à tous, mais dans les textes officiels on insistait aussi beaucoup sur le sens du cyclotourisme et nos valeurs. La délicate tâche du président, animateur du Comité directeur fut de concilier les aspirations nouvelles méconnaissant notre éthique avec précisément les nécessités de celle-ci.
En 1986 furent conduites les premières réflexions pour l'introduction du VTT de promenade et de randonnée dans la Fédération. Regardés d'abord avec une certaine réserve, les vététistes furent cependant bien accueillis et ramenèrent une conception du cyclotourisme que l'on avait totalement oubliée depuis que les mauvais chemins avaient été changés en noirs tapis roulants. En y regardant de près, ces modernes adhérents avaient beaucoup de points communs avec leurs aînés des années 20 et 30. La normalisation de la pratique du VTT aboutit à la création de brevets spécifiquement VTT (1992) et à celle du Critérium du jeune vététiste (1995).
Cette année 1995, la FFCT fut active autour du projet de la Confédération française de la randonnée, et nous entreprîmes une campagne de communication externe dans les revues consacrées au cyclisme ou aux activités de pleine nature, preuve que nous avions de l'ambition et moins de soucis financiers. Les actions en faveur des jeunes furent nombreuses, continuant une politique fédérale active en ce sens depuis les années 50. La commission Culturelle fut à l'origine de plusieurs initiatives importantes : le début du dépôt légal des appellations fédérales qui nous mettent à l'abri des plagiats (1989), l'édition d'un "livre de prestige" de grande qualité : Les cyclotouristes, le vélo autrement, de pierre Roques, (1989), la signature d'un accord avec la ville de Saint-Étienne pour le dépôt des archives fédérales au musée d'Art et d'Industrie, avec lequel commença une fructueuse collaboration, la représentation à plusieurs Conférences internationales d'histoire du cycle, ce qui permit notamment de constater que nous étions la première fédération cyclotouriste du monde en termes d'effectifs et nous apporta une certaine renommée au plan culturel.
Sous l'impulsion du directeur du siège Michel Depond, l'étude des séjours et d'un Tour de France cyclotouriste strictement FFCT commença en 1990 après les déboires du Tour de France Cyclo de MV Challenge; la première édition se déroula en 1992. Proposée par le secrétaire général Dominique Lamouller l'informatisation du siège, devenue nécessaire, commença. On fêta la 100 000e licenciée (1990). Des voyages et séjours collectifs étaient mis sur pied depuis quelques années et connaissaient un vif succès. En 1987, le premier séjour FFCT organisé à l'étranger visita le Sénégal ; la demande pour le dépaysement était forte. Pour rester dans la légalité, la Fédération demanda et obtint en 1991 l'agrément du ministère du Tourisme au même titre que d'autres grands voyagistes.
  Jean-Michel Autier, ayant accompli la plus longue présidence de notre histoire, laissa ce poste fin 1996. Claude Dirand fut élu président. Un nouveau siège social plus vaste fut acheté à Ivry-sur-Seine. On termina en partie les travaux d'agrandissement du gîte d'Aubusson et sa situation fiscale fut clarifiée en la plaçant sous un régime différent de celui de la FFCT. En 1997, alors que des affaires de dopage fortement médiatisées donnaient une mauvaise image du cyclisme de compétition, Claude-Hélène Yvard proposa une grande exposition: "Le cyclotourisme dans l'histoire du cycle" à la Cité des sciences de la Villette, afin d'affirmer notre différence, de promouvoir notre éthique et de nous gagner de nouveaux adhérents parmi les cyclistes de loisir. Ce projet recueillit un avis unanimement favorable à la base comme au Comité directeur (moins l'abstention présidentielle), ainsi qu'à la direction de la Cité des sciences (condition essentielle !) Il impliquait le musée d'Art et d'industrie, plusieurs autres grands musées et les principaux collectionneurs français et étrangers.
La réalisation était bien avancée quand une crise de confiance opposa 18 membres du Comité directeur au président; il y eut démission générale. Malgré cela, Dirand fut réélu en mars 1998. Avec le nouveau comité, il annula en 1999 l'exposition.
Un important rendez-vous était manqué.
Durant cette période, les amicales et confréries nées les années précédentes et certaines depuis longtemps, eurent plus de succès encore. Elles rassemblaient les cyclotouristes en toute convivialité sur des thèmes qu'ils privilégiaient et que ne leur offraient pas les structures fédérales. Citons les Demi-siècles, l'Ordre des cols durs, la Confrérie des cent cols, le Tandem club de France, l'Amicale des cyclos cardiaques, les Randonneurs sans frontières, la Confrérie des 650, et d'autres encore. Ensemble, elles constituent une texture forte, parallèle au tissu des clubs, et parfois une alternative à ceux-ci.
FFCT : Fédération française de cyclotourisme
 
19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 04:30
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

1972: une Fédération solide et reconnue
Les villes françaises s'étaient beaucoup développées et la société urbaine, suffisamment pourvue en véhicules automobiles, exposée aux nuisances de la vie moderne, se tournait à nouveau vers le plein air. Le vélo faisait des adeptes. Jacques Vicart succéda à Pelletier à la fin de 1972. Il dirigea la Fédération d'une main sûre. Les effectifs augmentèrent rapidement, décuplant les possibilités financières et ouvrant de nouvelles perspectives. Nous pûmes faire l'acquisition d'un siège social rue Jean-Marie Jégo et un peu plus tard acheter en Auvergne une propriété qui fut restaurée et équipée pour en faire le gîte des Quatre vents. La revue s'étoffa et tous les adhérents la reçurent. La FFCT accorda le label fédéral à des modèles de cycle, présentés par différents fabricants, qui répondaient aux besoins de la randonnée cyclotouriste autonome. Une résolution de 1974 contre la publicité vestimentaire préfigurait la charte sur la publicité à venir.
Les Comités départementaux furent créés et déclarés en associations soumises à la loi de 1901.
En 1977, on signa avec la FFC un protocole réservant le cyclosport à cette dernière et le cyclotourisme à la FFCT. Cet accord fut ratifié en assemblée générale. La Fédération obtint - enfin ! - la reconnaissance d'utilité publique par un décret du 30 octobre 1978. Elle fut admise au CNOSF.
Jacques Vicart avait beaucoup donné et souhaitait prendre du recul. Marc Dobise fut élu président à la fin de 1978. La FFCT signa avec la FFC, en 1980, un nouveau protocole amélioré, lui aussi ratifié en AG. Il excluait à nouveau sans ambigüité la compétition de notre activité. L'achat d'un local contigu au siège permit son agrandissement, le président eut enfin son bureau.
  La loi de 1984 nous imposa un renouvellement complet du Comité directeur tous les quatre ans au lieu du renouvellement annuel par tiers adopté depuis toujours et qui assurait une certaine continuité. Cette réforme fut appliquée en 1985. Le président fédéral fut désormais élu par l'assemblée générale sur proposition du Comité directeur au lieu de l'être par les membres dudit Comité. Le Bulletin fédéral vit le jour en avril 1985, sur proposition de Philippe Deveaux, rédacteur en chef de Cyclotourisme. Le Comité directeur décida en décembre de rendre la revue facultative à partir de 1986 afin de conserver les avantages financiers du routage 206. Le nombre espéré de 40 000 abonnés fut atteint, mais il s'effrita ensuite d'une manière continue. Cet abandon du service obligatoire de la revue à tous les licenciés a eu des conséquences négatives considérables sur la compréhension et l'acceptation de notre éthique par les nouveaux adhérents, effets néfastes qui continuent. Une affirmation forte de notre différence dans le monde sportif fut la création d'une commission Culturelle à l'automne 1985 par le regroupement de plusieurs autres commissions, dont la Documentation. Elle fut tout de suite très active. La charte sur la publicité, interdisant toute pub sur maillots et vêtements, fut soumise au vote de l'assemblée générale de 1985. Elle était dans le droit fil du souci d'indépendance vis-à-vis des marques commerciales, affiché par la Fédération depuis son origine et à toutes les époques, et conforme à la résolution de 1974. L'assemblée vota la charte à une large majorité. Marc Dobise démissionna à la fin de 1986. Lors d'une assemblée générale décentralisée pour la première fois à Bordeaux et mouvementée, Jean-Michel Autier lui succéda, par intérim.
AG : Assemblée générale
CNOSF: Comité national olympique et sportif français
FFC : Fédération française de cyclisme
FFCT : Fédération française de cyclotourisme
 
18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 04:09
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

1960 : un renouveau plein de promesses
Le début des années 60 marque un renouveau dans l'histoire fédérale et le début d'une activité féconde liée à un engagement sans précédent de l'ensemble des dirigeants. L'accent fut mis sur le recrutement des jeunes: on créa le Critérium du jeune cyclotouriste (1961), les Premiers pas et la première randonnée (1962), les stages de formation de moniteurs à Vallon-Pont-D'arc (1962) et les stages de jeunes (1963). Ces efforts portèrent leurs fruits puisqu'en 1965, 30 % des membres fédérés avaient moins de 21 ans. Pour relancer la randonnée, ce furent de nouveaux Brevets fédéraux avec dénivellation (1966), les Raids mer-montagne (1966) selon le modèle, au début, des Diagonales, et les Brevets cyclo-montagnards (1966). Ces innovations correspondaient à un regain d'intérêt pour le cyclotourisme - oh ! encore bien léger - et le plein air. Elles permettaient de canaliser les énergies dans une autre direction que le cyclosport qui reprenait lui aussi vigueur et auquel les jeunes n'étaient pas insensibles : les grimpées chronométrées revenaient à la mode. Les effectifs commençaient à remonter. La guerre d'Algérie venait de finir et l'horizon était plus serein. Cependant, en 1965, le colonel Crespin, directeur des Sports, insista à plusieurs reprises pour une fusion FFC-FFCT. Creusefond exposa nos raisons contre cette alliance et, pour finit refusa fermement. En 1965 aussi, le bulletin fédéral ronéotypé prit prudemment un nouvel aspect : il fut imprimé. Cette transformation en vraie revue fut perçue comme un symbole fort. Désormais, Cyclotourisme s'améliorera constamment. Mises en valeur dans la revue, les activités anciennes et nouvelles ne cessaient de se développer : Pâques-en-provence recensa 800 participants en 1967, la Semaine fédérale 1 030 et le Critérium du jeune cyclo 846, pour un effectif fédéral de 7 797 membres. La Fédération comptait 53 clubs de Jeunes cyclotouristes qui seront transformés en Écoles de jeunes cyclos. Les cadres fédéraux se rajeunirent. La critique s'appliquant volontiers aux dirigeants, pour ne point être qualifiés de "bonzes" coupés de la base, plusieurs membres du Conseil d'administration, président fédéral en tête, effectuèrent en équipe une diagonale. Creusefond fut bien secondé par le vice-président Robert Combe et le discret mais efficace secrétaire Henri Harduin. Ayant œuvré en parfaite harmonie et camaraderie, toute l'équipe se retira à la fin de 1967, avec la satisfaction du devoir accompli. Elle laissait une Fédération à nouveau solide.   En 1968, Georges Bonnaud succéda à Creusefond. Charles Antonin, président d'honneur de la FFCT, mourut cette année-là. Il était resté symboliquement co-rédacteur en chef du Cycliste, mais entretenait des relations espacées et courtoises avec les dirigeants fédéraux ; il s'occupait de Pâques-en-provence à la satisfaction des cyclotouristes et sa renommée parmi eux demeurait grande. C'était un excellent photographe. Il n'avait jamais rédigé de récit de voyage mais il avait la plume facile pour parler du cyclotourisme. On créa à sa mémoire un prix photo-littéraire : le Prix Charles Antonin. Jacques Faizant, membre du Conseil d'administration, fit dans les médias une excellente propagande pour le cyclotourisme.
Bonnaud mourut brutalement en novembre 1969. Conséquence du creux des années 50, la pénurie de candidats à la gestion des affaires fédérales était sensible, la présidence et plusieurs postes du bureau restèrent vacants. André Pelletier, qui avait œuvré aux assurances avec Arnaud et Creusefond et aspirait à une "retraite" définitive, finit par se dévouer. Mais il exigea un renouvellement complet du Conseil d'administration et se présenta aux élections avec une équipe dont il avait lui-même choisi les membres pour les capacités et l'efficacité qu'il leur connaissait. Nous eûmes ainsi en René Bardin un trésorier exemplaire qui occupera ce poste pendant 15 ans. Jacques Vicart fut secrétaire général; travailleur infatigable, clairvoyant et ferme, il fut évident qu'il succéderait à Pelletier; tous deux préparèrent ce transfert. Ils surent résister au secrétariat d'État à la Jeunesse et aux Sports qui nous incitait une fois de plus à intégrer la FFC. Pour cette raison, la FFCT commença à prendre clairement ses distances avec le cyclosport. Les ligues furent dotées de la personnalité civile. Des stages internationaux de jeunes cyclos furent organisés. La Journée Georges Bonnaud fut instituée en prélude à l'assemblée générale, pour inciter les adhérents à prendre une part plus active à la vie de la Fédération par des suggestions et des idées que le Conseil d'administration étudierait ensuite. Dans un essai sur le cyclotourisme en France, se voulant un "document de réflexion et d'action", Vicart fit en 1972 une analyse de notre mouvement.
FFC : Fédération française de cyclisme
FFCT : Fédération française de cyclotourisme
 
17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 03:25
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

1955-59 : la gestion des années creuses
Le président élu à la suite de l'assemblée générale du 19 février 1955 fut André Arnaud. Demeurant à Lyon, il assista aux conseils d'administration et aux réunions de l'AlT, à ses frais, autant que le permettaient ses moyens financiers. Il assuma avec application et tolérance les devoirs d'une présidence qu'il n'avait pas sollicitée. L'essentiel du travail fut assuré au siège en 1955 par Mezoul et le vice-président Valadou, tous deux résidant à Paris. L'heure était aux économies et à la rigueur. Le personnel appointé fut réduit à deux employées. L'argent des assurances fut par prudence mis en réserve, on n'engagea pas de dépense sans recette effective parallèle. La nouvelle équipe regagna la confiance des administrations et de la Chambre syndicale du cycle, et décrocha les subventions espérées. Fin mars, les ligues étaient remboursées; à la fin de l'année, l'équilibre financier était rétabli. Un bulletin ronéotypé assurait une liaison suffisante avec les sociétés. Les commissariats étaient les suivants : Assurances, BCN-BPF, Camping, Cinéma, Diagonales, Établissements recommandés, Fanion d'honneur, Foyers d'étape, Guide cyclo, Librairie, Contrôle médico-sportif, Presse, Sécurité routière, Sites et monuments, Voyages internationaux, Cyclosportifs. Mais, malgré la bonne volonté des commissaires, avec le désintérêt général pour la bicyclette qui frappait les sociétés, beaucoup fonctionnaient au ralenti. Le responsable des cyclosportifs, par manque de discipline des intéressés, avait baissé les bras. L'activité du docteur Ruffier (contrôle médico-sportif) fut nulle. Le voyage du Fanion d'honneur dut être interrompu, faute de demande des clubs, ainsi que l'attribution du Prix littéraire, par manque de candidats. Seul le commissariat aux Diagonales témoignait d'une bonne santé. Ce désintérêt était la conséquence de la motorisation grandissante dans la société française : automobile pour les adultes et cyclomoteur pour les jeunes; sans doute aussi y eut-il une autre cause dont on n'a jamais osé parler: la guerre d'Algérie, qui absorbait 400 000 militaires et rendrait à leurs foyers des appelés n'ayant plus le cœur à pédaler. Les effectifs ne cessaient de baisser avec une régularité inquiétante : 1 000 à 1 500 membres de moins chaque année ; les sociétés devenaient squelettiques et leurs dirigeants démotivés. Parallèlement, les subventions fondaient, augmentant la précarité de l'existence fédérale. La question de la propagande apparaissait primordiale à la poignée d'irréductibles qui animaient la Fédération.   Bien que la gestion ait été serrée, 165 000 F de bourses de voyage pour les jeunes avaient été distribués en 1955 et 45 000 F restaient approvisionnés pour les ligues retardataires.
En 1956, Mezoul et Valadou, gestionnaires énergiques mais parfois maladroits, se retirèrent du Bureau. André Asteix occupa le poste de secrétaire général et dut fournir un gros travail, l'absence de volontaires pour donner un coup de main au siège étant un mal récurrent. De plus, il assumait seul la charge du bulletin ronéotypé Cyclotourisme. On s'efforça de réduire les frais administratifs au strict nécessaire. La Fédération s'impliqua dans l'organisation des Journées françaises du plein air et de la Journée nationale de la bicyclette, mais pour les raisons précitées, le résultat ne fut pas brillant. Un Guide officiel, contenant de bonnes adresses fut à nouveau publié et remis gratuitement aux membres. Il était le fruit d'un gros travail effectué par Roger Gauthey. Faute de candidature, la Semaine fédérale n'eut pas lieu en 1956. Dans un souci de démocratie et d'efficacité, Arnaud réunit pour la première fois à Paris les présidents de ligue, réunion qui sera pérennisée. En 1957, on dut réduire encore le personnel du siège. En février, Francis Besson, trésorier de la LIF, succéda au prudent Verdin comme trésorier fédéral. À l'initiative d'Asteix, des sorties scolaires furent organisées à Paris avec le concours du journal l'Équipe et eurent un bon succès. La modernisation des statuts fut confiée à Léon Creusefond, juriste président de la ligue des 3 B (Béarn, Pays Basque et Bigorre). Le congrès annuel, trop coûteux pour les maigres finances fédérales, fut supprimé. Avec 5 600 membres, la FFCT était vraiment au creux de la vague.
En décembre 1959, Léon Creusefond remplaça Arnaud, soulagé, à la présidence. André Lalanne fut secrétaire. On s'aperçut alors que le trésorier Besson détournait depuis déjà un certain temps les fonds de la Fédération pour construire sa maison et que la caisse était vide ! Les mesures adéquates furent prises et il remboursa. Mais, dans l'urgence de la situation, chaque conseiller accepta de faire un prêt de 100 000 F à la Fédération. Creusefond fut entouré d'une équipe dynamique, solide et soudée qui apporta un souffle nouveau.
AIT : Alliance internationale de tourisme
BCN : Brevet de cyclotouriste national
BPF : Brevet des provinces françaises
FFCT : Fédération française de cyclotourisme
LIF : Ligue Ile-de-France
 
16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 14:54
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

La crise de 1954
Un incendie survint début janvier 54 dans une salle située sous les bureaux de la Fédération, qui ne furent que très peu touchés. Aucun document ne fut perdu, mais il fallut déménager (et on en profita pour faire un "gros ménage" des archives, hélas !). Le nouveau siège, situé non loin du précédent, au 66, rue René Boulange; nécessita des travaux. La Fédération aménagea bientôt dans des locaux devenus "agréables et confortables".
En 1954, la tombe de Vélocio se trouvait dans un triste état. Le Conseil décida de prendre en charge son entretien. Maurice Roche signalait que le BCN comptait 3 000 engagés et le BPF 300. La sécurité routière était toujours suivie de près par Morgenstern, et Monbeig s'occupait efficacement des questions d'assurances. Le fanion fédéral continuait son voyage à travers la France. Les commissions, avec des responsables motivés, sérieux et jouissant de la confiance du Conseil d'administration, fonctionnaient bien. Sauf celle du docteur Ruffier qui prêchait dans le vide pour le contrôle médico-sportif. Au siège, le vice-président parisien Philippe assumait l'essentiel du travail. Lui et le secrétaire administratif Mouazé étaient en relation par courrier avec le président Poge et le secrétaire Chouin qui se déplaçaient à Paris 5 à 6 fois par an pour assister aux Conseils d'administration.
En juillet Poge s'inquiéta de "la situation délicate" dans laquelle se trouvait la trésorerie fédérale. La parution de Cyclotourisme, qui affichait déjà un million de francs de perte depuis le début de l'année, fut arrêtée au numéro d'octobre. La chute des effectifs, passés maintenant de 11 000 à 9 000, causait une baisse de recettes évaluée à 500 000 F. Les salaires des 3 employés du siège grevaient considérablement le budget fédéral. Le compte d'exploitation de l'exercice au 30 septembre laissait apparaître une perte de plus de 2 millions de francs et la Fédération n'avait plus d'argent pour honorer ses échéances, notamment les derniers versements à l'assurance.
  Dans le même temps la direction générale des Sports nous refusait sa subvention habituelle pour des irrégularités de trésorerie et les dépenses trop au-dessus de nos moyens.
La situation financière était particulièrement grave. Poge démissionna de la présidence le 12 novembre. Valadou et Mezoul prirent énergiquement les choses en main à Paris. Le Lyonnais André Arnaud se dévoua pour assurer l'intérim présidentiel. On multiplia les rendez-vous, et on racla les fonds de tiroir des commissions.
Au congrès de décembre, Chouin défendit seul, courageusement, une gestion fédérale trop confiante et hasardeuse. En ce temps où l'on polémiquait beaucoup à la Fédération et autour d'elle, les congressistes furent exemplaires : devant la gravité de la situation, l'heure n'était pas à accabler les imprévoyances et les erreurs, mais à trouver une solution à la faillite imminente. Le docteur Ruffier osa proposer à nouveau une fusion avec la FFC, ce qui lui valut une réponse cinglante de Mezoul traduisant la réprobation de la salle. Henry Janot, président d'honneur de la ligue des Pyrénées, déjà âgé, lança une souscription nationale pour sauver la Fédération. Albert Bures, de Toulouse, demanda aux ligues d'avancer tout l'argent qu'elles pouvaient à la caisse fédérale. De partout en France. les oboles affluèrent, le Touring club artésien fit à lui seul une avance de 100 000 F. On put ainsi finir de régler l'assureur et peu à peu honorer les créances les plus pressantes. Le nouveau secrétaire général Mezoul écrivit alors : "Après de tels exemples, on ne peut plus douter de l'avenir du cyclotourisme et de sa Fédération".
BCN : Brevet de cyclotouriste national
FFC : Fédération française de cyclisme
 
16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 03:39
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

1951 : renaissance laborieuse d'une revue strictement fédérale
Au Congrès de 1950, Bernier président de la ligue Ile-de-France, avait soulevé la question de l'abonnement obligatoire des sociétés au Cycliste-Cyclotourisme et suggéré son remplacement par le service d'un bulletin fédéral à tous les adhérents. Le 1er avril 1951, Poge présenta au Conseil le projet du nouveau secrétaire Jacques Chouin "d'une revue fédérale gratuite servie à tous".
Les conseillers manifestèrent "leur accord plus ou moins tiède", ils s'inquiétaient des incertitudes financières. Le président Poge prit l'engagement de ne solliciter aucun argent de la caisse fédérale et souhaita assumer avec Chouin l'entière responsabilité de l'affaire. Les appels à la prudence n'entamaient pas leur optimisme.
Le n°1 de La France cyclotouriste sortit pour le congrès, fin novembre 1951. Il contenait essentiellement des informations administratives. Dans la foulée, en janvier, le Conseil décida de mettre fin à l'accord liant la Fédération au Cycliste. André Rabault, gérant du Cycliste, critiquera désormais sans retenue la politique fédérale. Mais cette attitude, bien qu'irritante, portera davantage préjudice à sa revue qu'elle ne fera de tort à la Fédération.
Durant l'année 1951, dans le cadre du programme du président Poge, la FFCT s'était engagée dans des dépenses qui contrastaient avec la prudence précédente et dont l'accumulation inquiétait le trésorier. D'autre part, la prospection publicitaire n'ayant pas donné de grands résultats. la revue se trouva largement déficitaire. Poge et Chouin obtinrent du Conseil d'être relevés de leur engagement, la trésorerie fédérale régla l'imprimeur. À la fin de l'année, la Fédération boucla difficilement son budget, avec déjà un déficit important au 30 septembre (7,2 M de dépenses pour 6,3 M de recettes) qui l'obligeait à puiser dans ses réserves. Conséquence de la situation financière, la cotisation fédérale 1952 fut augmentée de 70%.
  Pour soulager le siège fédéral et faire des économies, une partie du travail de secrétariat fut confiée aux ligues, décentralisation adoptée à partir de 1952, mal acceptée dans les régions et qui fut annulée à la fin de l'année suivante faute de résultat probant. Le Congrès de 1952 fut houleux. La gestion fédérale fut sévèrement critiquée. La revue (deux numéros pleins parus) et son supplément ronéotypé émargeaient pour 1 million de francs sur un compte d'exploitation de 10 millions. Le vice-président Philippe, qui remplaçait déjà avec dévouement Poge et Chouin au siège (ils demeuraient au Mans), prit en charge la publication fédérale à partir de 1953; il proposa un projet moins ambitieux et plus réaliste. Le bulletin sortit désormais régulièrement chaque mois.
En 1953, fut aussi créée la médaille fédérale, sous la responsabilité de Jean Mezoul. Les Diagonales eurent un succès sans précédent: 76 engagés. La Coupe Maurice Jérôme fut mise en compétition entre les petits clubs pour compléter la Coupe de France. Le Conseil d'administration reconnut la propriété du meeting pascal fédéral au Groupe montagnard parisien : une décision inexplicable, anormalement favorable à une prétention sans aucun fondement que la lecture seule de la revue fédérale des années 30 aurait suffi à contredire (d'où l'importance de connaître son passé). Cette erreur eut néanmoins l'avantage de garantir la simplicité du meeting pour de longues années. Elle fut tempérée par un accord qui associait la ligue de Provence à l'organisation. La sécurité routière fut au centre des débats du Congrès de 1953 : plusieurs cyclotouristes avaient été tués sur la route au cours de la saison, d'autres aussi les années précédentes.
L'effectif fédéral, qui n'avait cessé jusque-là d'augmenter tomba brusquement de 13 000 à 11 000. Cette régression, soulignée dans leur rapport par toutes les ligues sauf une, n'alarma pas le Bureau fédéral.
FFCT : Fédération française de cyclotourisme
 
15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 13:28
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

1950 : intégration officielle du cyclosport dans la FFCT
André Poge succéda à Lambert à la présidence. Il avait derrière lui une longue carrière de dirigeant de club et de ligue à la FFSC, il avait rejoint Charles Antonin à la commission de Cyclotourisme de la FFC sous le gouvernement de Vichy, avait fait partie du Conseil d'administration de la première FFCT, puis après la Libération avait été vice-président d'Antonin et enfin de Lambert.
Les principales questions débattues lors du congrès de 1950 furent l'introduction du vélo à moteur dans la FFCT-qui fut rapidement repoussée - et celle du cyclosport. Sur ce point, les opinions étaient partagées. Les provinciaux s'y montraient dans l'ensemble hostiles. Beaucoup de clubs de la ligue Ile-de-France - qui comptait le quart de l'effectif fédéral - y étaient fortement favorables. Ils avançaient que cette activité attirait des jeunes, dont nous avions besoin, lesquels seraient plus tard de paisibles cyclotouristes (l'avenir leur donnera raison). Au sein du Conseil, le secrétaire fédéral Devèze jugeait lés épreuves cyclosportives comme "des courses pures et simples qui n'ont rien du cyclotourisme", assorties d'esprit commercial et de publicité
  Un autre membre estimait au contraire : "Le moment est venu de se rendre compte que le sportisme est un phénomène inévitable et qu'il faut soit s'en séparer, soit faire bon ménage avec lui", et soutenait "la constitution du mouvement sportif en organisation autonome au sein de la FFCT". Pour mettre fin à la querelle qui revenait à chaque assemblée et pour maintenir l'unité du cyclotourisme, le président Poge proposa de supprimer l'Union fédérale des randonneurs, groupant les amateurs de brevets et de diagonales, et de créer une véritable structure cyclosportive sous forme de commissariat fédéral. Les statuts en furent adoptés par le Conseil et publiés. Poge accorda par ailleurs le patronage fédéral au "Tour de France cyclotouriste" 1950, une organisation privée à la participation hétéroclite : cyclosportifs, anciens coureurs, cyclotouristes, cyclomotoristes. La création du commissariat UCF ramena la paix. En 1953, il sera délivré 1360 licences cyclosportives, soit plus de 10 % de l'effectif.

Les Foyers d'étape, une idée généreuse et ambitieuse
Roland Sauvaget proposa de développer un réseau de Foyers d'étape. C'était la reprise des cyclo-relais d'avant guerre qui avaient continué très modestement après 1945 dans le Nord sous le vocable: Foyers Maurice Jérôme. Il partait de la constatation que la FFCT manquait de jeunes, qu'elle ne faisait rien pour eux et qu'en conséquence ils rejoignaient le mouvement des Auberges de jeunesse. Créer sur les itinéraires fréquentés par les cyclotouristes des gîtes sommaires: un lit, une table, un réchaud, pour un prix très modique, permettrait aux jeunes gens - et aux moins jeunes aussi - de voyager à peu de frais. Cette initiative fut jugée excellente et adoptée. Elle démarra avec enthousiasme. On aménagea des locaux, on conclut des accords avec des structures existantes, notamment avec les Auberges de jeunesse, les Maisons des jeunes et de la culture, les Amis de la nature. De sorte qu'on comptait 60 foyers en 1952, il y en aura jusqu'à 90 en 1955. Ils connaissaient un beau succès sur la Côte d'Azur mais n'étaient guère fréquentés dans les autres régions. On s'aperçut que les utilisateurs, le plus souvent, n'étaient pas membres de la Fédération.   Lorsque vint la désaffection du vélo et la baisse des effectifs, les Foyers d'étape disparurent par manque de fréquentation, de moyens et de responsable fédéral malgré la volonté de les maintenir.
En 1950, la Fédération avait presque doublé ses membres et ses sociétés depuis 1946, tous les espoirs étaient permis. On assista en quelques années à une floraison de randonnées un peu partout sur des bases à la fois touristiques et sportives, avec carte de route et médaille. Un bon exemple en fut la Randonnée des crêtes cévenoles : 255 km dans la journée, au départ de Nîmes; elle promenait les participants - qui se débrouillaient pour le boire et le manger - dans les cols des Cévennes voisines, peu connus et d'une beauté sauvage, sur des routes pas toutes goudronnées. À partir de 1951, Maurice Roche mit en place et peaufina le Brevet des provinces françaises, qui s'affirma sans tapage la réalisation la plus positive des années 50-55. On créa aussi le Voyage itinérant.
FFC : Fédération française de cyclisme
FFCT : Fédération française de cyclotourisme
FFSC : Fédération française des sociétés de cyclotourisme
UCF : ??
 
15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 04:07
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

1946-50 : difficile gestion d'une activité de loisir
dans une France en pleine reconstruction
La Fédération bénéficia de la pratique généralisée, par force, de la bicyclette mais il fallut gérer la pénurie, répartir les bons de pneus et de chaussures, faire du mieux possible avec des rentrées faibles et des subventions incertaines. Dans le contexte difficile, les volontaires pour venir donner un coup de main au siège étaient encore plus rares que dans les fastueuses années 38-39 où Jérôme se plaignait déjà. Le président fut souvent seul à décider. La Fédération reprit cependant des forces et concrétisa les projets établis pendant la guerre. André Schoup mit la dernière main au Brevet de cyclotourisme national, qui fut tout de suite un succès. Le Brevet fédéral populaire de 100 km fut plus long à démarrer, la Coupe de France, récompensant les clubs les plus actifs, aussi. Le fanion fédéral continua son périple interrompu à travers le pays. Les Semaines fédérales, abandonnées en 1933, reprirent et le Rallye de France fut inauguré pour aller à celle de Nice en 1947. Les Diagonales de France intégrèrent la Fédération. On sortit avec difficulté un modeste bulletin de quelques pages: La France cyclotouriste. Ces premiers numéros montrèrent l'impossibilité de redonner rapidement à la Fédération une revue qui soit digne de ce nom, dans le contexte financier fédéral et la pénurie de bonnes volontés. Le président Antonin préféra conclure un accord avec André Rabault, éditeur de la belle revue de Vélocio pendant les années 30. Par cet accord. "la partie Revue est dirigée par la rédaction ancienne du Cycliste qui a charge de maintenir la tradition Vélocio, la Fédération est représentée au Conseil de rédaction par son président (...) La Fédération n'a engagé aucune participation financière dans l'affaire" (lettre d'Antonin lue à l'AG de 1950). La seule obligation de la Fédération fut d'abonner chaque club. En contrepartie, deux pages étaient réservées aux informations strictement fédérales. Annonces de manifestations ou comptes rendus faisaient l'objet d'articles rédigés, dans la revue elle-même. En octobre 1946 parut le premier numéro du Cycliste-Cyclotourisme. Il devint en quelques années une très belle publication, mais la place restreinte dévolue aux informations administratives fut une constante source de contestations de la part des dirigeants. On publia en compensation un supplément ronéotypé qui devint dans la pratique l'équivalent de notre Bulletin fédéral. Cet accord donna satisfaction pendant plusieurs années et les cyclotouristes se félicitaient "d'une revue qu'on peut présenter à n'importe qui et qui constitue un véritable élément de propagande" (Mezoul, Congrès fédéral 1950).
Le cyclosport commençait à devenir encombrant. Il était certes déjà présent dans les premières années de la FFSC: grimpées chronométrées, publication dans la revue fédérale, au début des années 30, des "records" établis sur les brevets... fédéraux ! Pendant la guerre, alors que les manifestations cyclotouristes se faisaient rares, les épreuves cyclosportives avaient prospéré dans la région parisienne. Maintenant, elles se multipliaient. Ces compétitions entre cyclotouristes ne correspondaient pas aux buts du cyclotourisme. Antonin était opposé au mélange des genres, il le dit clairement. Il signa avec la FFC un accord pour attribuer à celle-ci la gestion du cyclosport pratiqué par les clubs FFCT.Mais les cyclosportifs, premiers concernés, ne voulurent absolument pas avoir affaire à la FFC et entendaient que leur place soit reconnue au sein de la FFCT. La FFC jugea donc logiquement le protocole caduc.
  Une commission FFCT fut alors constituée pour aider les intéressés à se gérer eux-mêmes, mais ceux-ci n'étaient pas pressés de se discipliner et ladite commission n'alla pas les chercher: le problème resta entier.
Un second protocole avec la FFC fut établi grâce à l'entremise de monsieur Schoeters, vice-président de l'Alliance internationale de tourisme, avec cette fois pour objet la création d'une commission mixte cyclisme-cyclotourisme qui permettrait à la FFCT de siéger enfin à la commission de Cyclotourisme de l'AIT. Mais ce nouvel accord fut à son tour dénoncé par la FFC, la commission mixte disparut et nos espoirs d'entrer à l'AIT aussi. Dans le même temps, les maigres finances fédérales subirent un passage critique. Antonin s'en alarma. Ancien coureur cycliste autant que véritable cyclotouriste dans le sens le plus traditionnel du terme, il avait toujours pensé qu'une seule grande fédération était possible, et que l'argent de la compétition pourrait au besoin aider le cyclotourisme. Ses bonnes relations avec René Chesal, secrétaire de la FFC, le confortaient dans cette opinion partagée par le docteur Ruffier, personnalité du cyclisme et du cyclotourisme. Il soumit au Conseil son idée d'une union de la FFC et de la FFCT dans une sorte de confédération. Le Conseil l'approuva. Mais le Congrès du 14 janvier 1948 y fut totalement opposé. André de Boubers résuma l'opinion générale : "Tout sera préférable à un pareil accord dont nous serons victimes tôt ou tard". La solution de rechange : augmenter les cotisations, ne souriait, elle non plus, à personne. Pour renflouer la caisse fédérale, une cotisation volontaire exceptionnelle fut sollicitée, un pourcentage prélevé sur les engagements des organisations, au profit de la Fédération, fut suggéré. Ces louables intentions n'apportèrent pas de grandes ressources mais, quelque temps après, par la grâce d'une subvention opportune, la situation financière redevint normale. Antonin abandonna son idée, que rendait d'ailleurs maintenant impossible la rupture avec la FFC, laquelle complétait ses statuts pour y inclure le cyclotourisme.
Arrivé à la retraite professionnelle et quittant Paris pour Bourg-en-Bresse, persuadé qu'on ne pouvait bien gérer la Fédération qu'en étant sur place, Antonin ne sollicita pas de nouveau mandat aux élections de février 1949. Ne payant pas le train, il avait pu sans grever le budget représenter la Fédération à de nombreuses manifestations cyclotouristes et porter la parole unitaire fédérale partout en France. Les finances étaient toujours serrées, mais saines.
Jean Lambert, à peine élu au Conseil, fut choisi comme président, sans qu'il soit préparé à cette tâche et sans vraiment le souhaiter. En 1949, la FFCT fut enfin admise à l'AIT. Elle organisa au pied levé le concours technique d'Auvergne, qui ne fut pas une réussite en raison de la publication tardive du règlement puis de la chaleur. Au congrès de décembre, le cyclosport fut au centre des débats. Les dirigeants franciliens partisans de cette activité reprochaient avec véhémence à la Fédération de ne pas la prendre en compte, se heurtaient à l'embarras des uns et à l'opposition des autres. Lambert démissionna à l'assemblée générale de février 1950. Le secrétaire général Bégu, qui était ouvertement contre le cyclosport, également.
AIT : Alliance internationale de tourisme
FFC : Fédération française de cyclisme
FFCT : Fédération française de cyclotourisme
FFSC : Fédération française des sociétés de cyclotourisme
FPC : Fédération pyrénéenne de cyclotourisme
TCF : Touring club de France
UVF : Union vélocipédique de France
 
14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 03:55
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

1945 : la Libération et la nouvelle FFCT
À la Libération, les fédérations créées par Vichy furent abolies et les anciennes rétablies d'office. La FFCT se trouvait ainsi supprimée et le mouvement cyclotouriste à nouveau officiellement partagé entre la FFSC, l'UVF, le TCF, la FCIM et la FPC. Comment éviter cet éclatement et garder son unité au cyclotourisme ? La conclusion s'imposait : la continuité sauvegarderait l'unité et les structures laborieusement reconstruites de l'édifice fédéral. Pour le renouvellement des dirigeants, on attendrait le calme et le retour des déportés et des prisonniers. Après avis de Jérôme et d'anciens responsables FFSC, de nouveaux statuts furent déposés en préfecture, modifiés dans le sens électoral. La "nouvelle" FFCT si l'on peut dire, fut officialisée au JO du 18 octobre 1944. Les statuts en question s'avéraient très voisins de ceux de l'ancienne FFSC sur lesquels ils avaient probablement été copiés. Mais vu de la province, le maintien de la FFCT sembla à quelques dirigeants d'avant la guerre un tour de passe-passe qu'ils n'acceptèrent pas. Jérôme, d'abord favorable au statu quo, remit en route la FFSC en décembre. Un assemblée générale commune fut décidée, elle serait convoquée par l'ancienne fédération. Les ponts n'étaient pas coupés : FFSC et FFCT tenaient des réunions communes et un certain nombre de conseillers avaient un pied dans chaque camp. Antonin, pour ne pas alimenter une polémique naissante, démissionna de la présidence de la FFCT. L'assemblée générale constitutive d'une nouvelle fédération et les élections eurent lieu le 25 février 1945. Jérôme, candidat, obtint peu de voix et ne fut pas élu.   Sa remise en cause véhémente et tardive de la FFCT fut jugée comme une tracasserie inutile par la majorité des cyclotouristes dont la plupart s'étaient impliqués dans la FFCT : pour eux la Libération - du cyclotourisme - était intervenue en 1942 et la page était tournée. Par la volonté des votants, le titre de Fédération française de cyclotourisme (qui correspondait au vœu du ministère) fut maintenu. De cet épisode embrouillé sortit finalement une situation claire et saine. Jérôme continua à œuvrer à la tête de la Confédération internationale de cyclotourisme. Antonin le mieux élu, était le président logique. Mais il refusa ce poste jusqu'en mai 1945, comme l'avait fait Jérôme en 1935. En ce temps de reconstruction, il était professionnellement très pris et il était conscient, au vu de la composition du Conseil, qu'il serait peu secondé dans les tâches quotidiennes (ne serait-ce que parce qu'un certain nombre de conseillers habitaient en province). Il finit par accepter à la condition de coopter 4 candidats non élus, anciens dirigeants de valeur de la FFSC : Pierre Bégu, Alban d'Hespel, Pangaud et Henri de la Tombelle. L'engagement fut pris de démissionner en bloc à la fin de la première année afin qu'un nouveau vote plus équitable ait lieu, sans passion et avec tous ceux qui étaient encore absents. Ces nouvelles élections confirmèrent les choix précédents. Bégu fut secrétaire général. Maurice Mouazé, ancien responsable du Comité d'Ile-de-France de la FFSC à la fin des années 30 puis secrétaire administratif appointé pendant la guerre, fut conservé à cet emploi.
FCIM : Fédération cycliste indépendante du Midi
FFC : Fédération française de cyclisme
FFCT : Fédération française de cyclotourisme
FFSC : Fédération française des sociétés de cyclotourisme
FPC : Fédération pyrénéenne de cyclotourisme
TCF : Touring club de France
UVF : Union vélocipédique de France
 
13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 13:35
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

1942 : la première Fédération française de cyclotourisme
Il n'était bien sûr pas question d'élections sous le régime de Vichy. Le Lyonnais Henri Chaix, pressenti pour assurer la présidence, refusa; Petiot, ensuite, fit de même ; Antonin, proposé par Touzet, accepta. C'était un challenge difficile. Il contacta Jérôme, président de la FFSC et d'autres membres du Bureau de cette fédération pour faire partie du comité directeur. Ils acceptèrent. La nouvelle fédération fut fondée le 20 novembre 1942. Jérôme en était vice-président. Charles Antonin lui rendit hommage ainsi qu'à ses collaborateurs et leurs prédécesseurs qui avaient dirigé avec compétence le cyclotourisme dans l'ex FFSC. En fait, la FFCT était la continuation de la précédente fédération avec des statuts et un président imposés mais avec les mêmes buts, le même esprit et les mêmes hommes, sauf qu'elle récupérait en outre des éléments épars venant du TCF, de I'UVF de la FCIM et de la Fédération pyrénéenne de cyclotourisme. Dans le Midi, Roux n'était pas d'accord, mais à Paris, les choses s'arrangeaient ; Jérôme et le Conseil prononçaient de leur plein gré la dissolution de la FFSC et versaient matériel, archives, fonds et locaux à la FFCT. "Par ce geste, Maurice Jérôme a montré le désir, la volonté de tous les cyclotouristes pour construire une belle fédération, forte, unie, digne de notre magnifique idéal. La FFSC est morte, vive la FFCT. Le but reste le même : le développement et le triomphe du tourisme à bicyclette sous toutes ses formes", Antonin se considérait président provisoire, dans l'attente de jours meilleurs. La FFCT eut quelque peine à démarrer : les fonds manquaient cruellement. Mais Antonín avait des amis à la FFC et - premier geste d'amitié depuis longtemps - elle accorda un prêt à notre Fédération.
Quelle fut l'action de la FFCT en ces temps difficiles ? On trouve, entre autres sujets débattus, la mise en place du BCN, du Rallye de France, de la Coupe de France et du contrôle médical (symbolique) dont était responsable le docteur Ruffier, "médecin fédéral national de la FFCT"
  On évoquait les problèmes liés à l'absence de revue fédérale, les futures diagonales d'après-guerre, les difficultés de transport des vélos par le rail, le projet d'une concentration au Centre de la France, idée de Jérôme. Un protocole fut signé entre ta FFCT et la FFC : "Ainsi sont définies, d'une manière précise, les attributions de chacune d'elles de même que sont indiqués clairement quels sont ceux des cyclotouristes titulaires de la licence cyclo-sportive. Le Comité directeur donne unanimement son accord à la signature de ce protocole qui sera" publié incessamment". Ce protocole concernait, on le voit, le cyclosport, principale activité pratiquée dans la région parisienne héritée des polys, grimpées et brevets d'avant-guerre et qui avait gardé au sein du cyclotourisme de guerre ses remuants partisans.
Le bilan de la FFCT, dans cette période de guerre, apparaît finalement positif compte tenu du contexte catastrophique. Malgré la pénurie générale, elle publia en 1944, ô miracle ! une belle plaquette de propagande, grâce en partie à 15 pages de publicité (cycles de cyclotourisme ou accessoires de cycles); elle contenait des textes et des citations d'auteurs et surtout de magnifiques photos sur le thème : le cyclo dans le paysage, dont une bonne partie étaient de Charles Antonin. La Fédération avait réussi à regrouper les cyclotouristes de bords différents, à resserrer des rangs devenus clairsemés autour de l'esprit de la FFSC où elle avait abondamment puisé ses militants. Elle s'était maintenue malgré les difficultés, entretenant une activité certes faible mais surtout des liens, un maillage, des structures, une flamme qui favoriseraient la renaissance de l'activité au sortir des heures sombres.
BCN : Brevet de cyclotouriste national
CTF : Campeurs touristes français
FCIM : Fédération cycliste indépendante du Midi
FFC : Fédération française de cyclisme
FFCT : Fédération française de cyclotourisme
FFSC : Fédération française des sociétés de cyclotourisme
TCF : Touring club de France
UVF : Union vélocipédique de France
 
13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 03:42
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

1939 : le début des années sombres
L'éclatement du conflit surprit les cyclotouristes. Beaucoup de dirigeants furent mobilisés. Le personnel du siège fut congédié. Jérôme et quelques conseillers continuèrent à se réunir et entretinrent un semblant d'activité administrative. La revue fut réduite à quelques feuillets d'information sans publicité. Le gouvernement qui s'était installé à Vichy entreprit de réorganiser le sport. Les différentes fédérations cyclistes devaient disparaître et leurs membres et sociétés seraient rassemblés dans une Fédération française de cyclisme dirigée, en fait, par l'ancienne UVF. À la fin de 1940, rien d'officiel n'était encore advenu ; la présidence de la FFSC fut transmise en Zone libre à Maurice Roux, membre du Conseil. Celui-ci organisa la résistance à l'intégration forcée. À défaut de déplacer les foules, le petit comité de la Zone libre remua beaucoup d'air, ce qui était aussi efficace. René Touzet, de Roanne, fit le siège du service des Sports à Vichy pour expliquer inlassablement - et avec véhémence - que les cyclotouristes devaient demeurer libres dans leur propre fédération. Cependant, en Zone occupée, l'UVF-FFC mettait sur pied en mai 1941 une commission de Cyclotourisme, nullement officielle mais qui agit comme si elle l'était. Le président en était Petiot, (UVF), le vice-président Oudart (FFSC). On trouvait dans cette commission plusieurs membres du Groupe montagnard parisien comme André Rabault, qui avaient occupé des fonctions à la FFSC avant la guerre mais avaient fini pour diverses raisons par devenir des opposants.
Charles Antonin fit son apparition à la seconde réunion. C'était un ancien coureur qui s'alignait encore dans quelques compétitions sur piste pour se faire plaisir mais pratiquait réellement le cyclotourisme, dans l'esprit et avec le matériel adéquat. Il se montra bientôt comme l'un des plus actifs et devint vice-président
  La commission s'employa à bâtir des structures avec une absence criante de moyens, à essayer de regrouper des clubs dont la grande majorité traînait les pieds. Bref, malgré le succès d'une fête du cyclotourisme qui rassembla environ 1500 personnes, son action fut pour tout dire dérisoire, dans le contexte de pénurie et de désorganisation générale du moment. Antonin remplaça Petiot démissionnaire en 1942 et, diplomate, sut rallier quelques responsables de la FFSC. Ainsi André Poge, personnalité en vue de la Fédération, rejoignit la FFC, collabora avec la commission et accepta même d'organiser une Semaine Fédérale dans la région d'Angers, prévue du 14 au 21 août. Mais c'était un peu trop compter sans les difficultés du moment.
Hors des réunions de la commission, où en était le cyclotourisme ? Les cyclotouristes purs et durs, opposés à l'intégration à la FFC, commençaient à se regrouper en Zone occupée dans un club des Campeurs touristes français et en Zone non occupée dans l'association dite "philosophique et littéraire" Les Amis de Vélocio. Les clubs ne s'affiliaient pas ou peu à la FFC. René Touzet se démenait pour l'indépendance des cyclotouristes. La FFSC n'était toujours pas dissoute. Les démarches et les péripéties se succédaient. Puis des changements survinrent au ministère chargé des Sports et le colonel Pascot, camarade de jeunesse de Touzet, eut la responsabilité de la Charte des sports. Il savait que l'opération d'intégration des cyclotouristes à la FFC était un bourbier, il ne pouvait ignorer le contournement des textes administratifs opéré par les CTF et les Amis de Vélocio, il avait fini par se convaincre que les cyclotouristes étaient des irréductibles gérables seulement par eux-mêmes. Il leur accorda enfin leur propre fédération. Et nous devons une fière chandelle à René Touzet.
CTF : Campeurs touristes français
FFC : Fédération française de cyclisme
FFSC : Fédération française des sociétés de cyclotourisme
TCF : Touring club de France
UVF : Union vélocipédique de France
 
12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 03:31
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

1932-39 : les années glorieuses
Gaston Chotin succéda à André de Boubers. Il prit acte de l'impossible rapprochement avec le TCF, décida de l'ignorer désormais et se consacra au développement de la FFSC. L'Assemblée générale de février 1932 demanda une décentralisation des services intérieurs. On mit donc en place des commissions : Renseignements routiers, Renseignements hôteliers, Itinéraires, Conférences, Projections et photographie. Propagande, Librairies et cartes, Camping, Brevets d'endurance, Transports, Douanes. Une commission Technique fut chargée d'essayer les nouveautés et de donner son avis. Les Assurances et Contentieux bénéficiaient du concours d'un avocat-conseil. La Revue, d'abord sous la responsabilité de Jacques Oudart et Raymond Louis, fut ensuite gérée par une commission spéciale. Précédemment, de Boubers assumait beaucoup de tâches lui-même, empiétant largement sur les prérogatives du secrétaire et du trésorier. Ce qui était possible dans les débuts, efficace pour mener à bien rapidement des actions opportunes, n'était plus concevable avec une fédération qui avait grossi. Le secrétaire Jérôme et le trésorier Capel retrouvèrent leurs prérogatives et Chotin répartit le travail entre l'équipe qui l'entourait. La gestion de la Fédération, en ce temps de crise économique, fut plus rationnelle. L'accroissement des effectifs permit de créer davantage de comités régionaux : nos ligues.
Le concours de photographie de la Fédération fut un succès avec près d'une centaine de participants. Comme on aimerait qu'il en soit ainsi aujourd'hui ! Le meeting pascal 1932 à Pernes réunit beaucoup de monde, celui du Mans aussi, assorti d'un congrès fédéral. On mena campagne contre les pistes cyclables obligatoires. On introduisit le vote par correspondance des sociétés en 1933 : une réforme démocratique capitale. On mit l'accent sur la propagande pour le recrutement de nouveaux membres et de nouvelles sociétés afin d'augmenter les recettes nécessaires au développement des services. Ce but fit l'objet d'un "Grand concours national de recrutement fédéral" en 1933 (résultat: 200 membres individuels et quelques sociétés supplémentaires) ; cette action sera perpétuée sous différentes formes. Les relations de la FFSC avec les chemins de fer étaient et demeurèrent une préoccupation importante. Le Brevet Gaston Clément de Cyclotourisme fut créé en 1933 : une première partie de 50 km conduite par un capitaine de route, puis une partie libre de 100 km où le cyclo se débrouillait avec sa carte jusqu'à l'arrivée, gérant son allure, ses arrêts, ses visites. Ce brevet original ne disparut que dans les années 70-80. La FFSC tenta un rapprochement avec la Fédération cycliste indépendante du Midi en faisant entrer au Conseil d'administration son président Noël Cayol, un des fondateurs de la FFSC avec lequel on s'était par la suite trouvé en froid.
En 1934, la Fédération s'installa dans des locaux loués au 10, rue de Lancry (10e): deux pièces à l'étage et une grande salle de réunion. On sollicita les dons des adhérents pour les meubler. Gaston Chotin, qui avait des problèmes de santé, estima sa tâche terminée et se retira de la présidence. Pendant le peu de temps qu'il y avait passé, il avait su mettre de l'ordre dans la maison fédérale, écarter les "agités" et "coordonner les efforts" des "agissants", selon ses propos. Il avait fait preuve de sagesse et de finesse.
L'un des vice-présidents, Georges Nivoley de Gennes, homme pondéré et minutieux, fut choisi pour lui succéder. Il accepta par dévouement.
  Le conseil recruta aussitôt le premier permanent fédéral: Lacoste, cyclotouriste au chômage qui devint secrétaire administratif à temps partiel. Locaux et secrétaire furent salués comme un pas en avant considérable. Il furent suivis par l'achat... d'une machine à écrire, en janvier 1937, et l'installation dans des locaux plus spacieux dans le même immeuble. Ce fut l'époque des éphémères "Camps marins" fédéraux, une initiative du Narbonnais Perret, des pompeux "Rallyes internationaux", des "Fêtes de nuit" fédérales à Paris, avec variétés et bals. Dans un contexte économiquement difficile, l'engouement pour les activités de plein air était général. Le nombre de clubs affiliés passa à 92 en 1934. L'effort principal porta cette année-là sur la question hôtelière. Henri Cabrol devint secrétaire en remplacement de Maurice Jérôme qui souhaitait souffler un peu. La "carte fédérale" fut entérinée à l'assemblée générale de février 1935: désormais, outre les clubs, chaque sociétaire serait individuellement affilié, comme un membre individuel. Les bénévoles souffraient de l'afflux de travail, réparti entre une dizaine de camarades seulement. Les bonnes volontés étaient rares. Nivolley de Gennes se retira en mai 1936 et fut remplacé en octobre par Jérôme à la présidence.
On tentait toujours de faire aboutir le dossier de reconnaissance d'utilité publique. Chemins de fer, pistes cyclables, arrêts inopinés de la maréchaussée pour vérification de plaque fiscale, meetings divers, étaient le lot habituel des préoccupations. La gestion des différents brevets, y compris celui de Cyclo-camping, avait été confiée à des clubs. Les brevets fédéraux d'endurance avaient été supprimés pour ne plus faire concurrence à ceux de l'ACP avec lequel on s'était réconcilié. La revue bénéficiait d'un apport publicitaire - bien ciblé sur le cyclotourisme et le camping - de plus en plus abondant, elle totalisait 264 pages en 1937 et 348 l'année suivante. Un volumineux annuaire fédéral, œuvre du Cyclotouriste de Lyon, fut édité. Le travail administratif ne cessant de croître, une seconde secrétaire fut recrutée fin 1937. Suite à un référendum, le Conseil décida de regrouper administrativement les membres individuels, encore nombreux malgré la diminution due à l'instauration de la carte fédérale (850 en 1936), en une amicale ayant droit de vote. La Fédération s'intéressait de plus en plus au camping; mais une nouvelle idée voyait le jour: celle de "gîtes d'étape" ou "cyclo-relais" pouvant accueillir le cyclo de passage à peu de frais, ceci dans le prolongement des lois sociales et dans le même esprit que les Auberges de jeunesse alors en plein développement: "Le cyclo-relais, proprement dit, constitue un refuge dans une localité où se trouve un club, un délégué, un membre et comporte un local plus ou moins rustique, un minimum de literie, une poêle et un réchaud, table et bancs". Suite aux démarches engagées, la Fédération toucha en 1938 (au titre de l'année 1937) ses premières subventions de fonctionnement : 1 090 F du Conseil municipal de Paris et 595 F du Conseil général de la Seine. En 1938 s'y ajouta celle du ministère de l'Éducation nationale et le total monta à 40 000 F, c'était le Pérou ! La propagande s'intensifia : 200 000 tracts et 3 000 affiches furent imprimés. L'année 1939 commença bien, avec 210 sociétés affiliées et 3 permanents au siège. Une situation prospère qui suscita une timide intention de sponsorisation de la part de Rochet, gros industriel du cycle, éventualité discutée et fermement rejetée en assemblée générale. Tout s'annonçait donc pour le mieux et les projets pour 1940 s'accumulaient...
ACP : Audax club parisien
FFSC : Fédération française des sociétés de cyclotourisme
TCF : Touring club de France
UVF : Union vélocipédique de France
 
11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 04:18
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

1926-34: petite mais libre et dynamique, notre Fédération
Légalement, la FFSC était libre. Cette péripétie la stimula au lieu de l'abattre. Elle quitta l'Hôtel du TCF pour la Taverne Gruber, son nouveau siège social. André de Boubers fut nommé président. La Fédération décida d'admettre des membres individuels en plus des sociétés, faisant ainsi un pied de nez au TCF; ils étaient déjà 104 en juin 1927 (notons que les MI étaient pour la plupart aussi adhérents des sociétés). À cette époque, elle examina l'idée du Marseillais Cayol de mettre en place des comités régionaux, ancêtres de nos ligues, et le fit petit à petit dès que ce fut possible, elle entreprit des démarches pour la reconnaissance d'utilité publique, négocia des réductions avec les chemins de fer, publia un petit guide confidentiel d'hôtels recommandés, eut l'idée d'un panonceau pour les signaler, créa le concours photo, établit une liste des sites remarquables à visiter. Elle publiait le calendrier des organisations officielles des sociétés. Cependant, les manœuvres de l'UVF et du TCF la firent exclure de l'Union nationale des associations de tourisme. En 1927, de Boubers sauta sur l'occasion de patronner la semaine de vacances organisée à Castellane par Charles Bernard, à la barbe du TCF; ce fut la première de nos Semaines fédérales. En 1929, il saisit l'opportunité de la concentration de Toulon le lundi de Pâques pour fixer à la sainte-Baume le premier rendez-vous pascal de la Fédération. Le fanion fédéral commença à voyager de club en club, lien symbolique fort entre les sociétés. Les Concentrations nationales de Pentecôte virent le jour en 1928, les premiers Brevets cyclistes fédéraux en 1930.   Le modeste Bulletin officiel de ta FFSC devint en 1929 une vraie revue - véritable coup de poker avec des finances aussi précaires. En 1931, l'UVF revint à la charge en sommant les clubs avec lesquels elle avait des liens ou que le TCF subventionnait de quitter la FFSC ; deux seulement le firent. Ce fut donc un coup d'épée dans l'eau qui ne fit qu'attiser l'antipathie que les cyclos lui portaient. De son côté, le TCF radia de son Comité de tourisme cycliste les personnalités cyclotouristes qu'étaient Chotin, Clément, Ledieu et Maître pour la raison qu'ils étaient adhérents FFSC. Malgré leur amertume, ces vieux técéfistes continuèrent à œuvrer pour un rapprochement entre la FFSC et le TCF, mais sans écho du côté de celui-ci qui avait pris une fois pour toute le parti de I'UVF et qui, comme l'écrivit son président, "n'acceptera jamais l'existence de membres individuels dans votre fédération". Quelle impudence dans l'ingérence !
André de Boubers, homme énergique, entreprenant et respecté bien que ne se prenant pas au sérieux, gros travailleur et grand rouleur fut un promoteur infatigable de la Fédération à laquelle il donna personnalité et corps, en dépit de l'hostilité de l'UVF et du TCF. Il se retira de la présidence en 1932. La FFSC comptait alors 51 sociétés. Il faut associer à cette période Gaston Clément et Gaston Chotin, discrets mais qui se manifestèrent pour défendre fermement la Fédération quand il le fallut, et Georges Grillot qui donna une âme à la revue fédérale, mensuel qui fut un ciment d'une grande utilité.
FFSC : Fédération française des sociétés de cyclotourisme
TCF : Touring club de France
UVF : Union vélocipédique de France
 
10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 03:50
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

1926: tentative de récupération forcée
Clément souhaitait que son successeur soit une personnalité en vue, pas nécessairement très cycliste, mais dont la notoriété serait une protection efficace pour notre jeune et fragile Fédération. On préféra élire un vrai pratiquant : un critère qui a toujours prévalu en cyclotourisme. Ce fut Fernand Fauveau, président des Francs routiers et membre du TCF. Au début de 1926, la FFSC comptait 27 sociétés. Elle s'activait paisiblement. C'est alors qu'à la réunion du Conseil d'administration du 16 mai 1926, Fauveau expliqua qu'une convention venait d'être signée "entre le TCF et l'UVF au sujet de la constitution d'une commission se proposant la réglementation du cyclotourisme" et indiqua qu'il avait "accepté la présidence de cette Commission". Sur ce, il donna sa démission de président de la FFSC et notifia le retrait du TCF, ce qui signifiait que la FFSC était considérée comme n'existant plus. Stupeur ! Personne n'avait été consulté ! Il n'était pas difficile de comprendre, par les termes de la convention, que c'était une annexion déguisée des sociétés cyclotouristes à l'UVF.   Vélocio, dans Le cycliste, titra : "Une trahison". Pourquoi cet accord sournois ? La FFSC regroupait la plupart des sociétés cyclotouristes et celles qui se créaient la rejoignaient; elles organisaient des brevets qui attiraient de plus en plus de monde. Ce n'était pas encore la foule, mais c'était un mouvement ascendant prometteur. De quoi susciter l'envie de l'UVF qui n'avait jamais admis qu'une partie du cyclisme lui échappe. Quant au TCF, on peut comprendre qu'il voulut dégager sa tutelle d'une activité jugée trop sportive. Mais qu'il n'en parlât pas aux intéressés, c'était montrer qu'il faisait peu de cas de la FFSC et pour tout dire outrageant. Les cyclotouristes en furent durablement ulcérés. Mais c'était mal les connaître que de penser qu'ils allaient se soumettre. La démission de Fauveau, considéré comme un traître, fut acceptée par 5 voix contre une et il fut aussitôt remplacé.
FFSC : Fédération française des sociétés de cyclotourisme
TCF : Touring club de France
UVF : Union vélocipédique de France
 
8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 16:55
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

1923 : fondation de la Fédération française des sociétés de cyclotourisme
Le Touring club essaya de répondre à la grogne manifestée de plus en plus ouvertement en faisant entrer Gaston Clément à son conseil d'administration. C'était un membre influent du remuant Audax club parisien, un organisateur sérieux et un cyclotouriste expérimenté. ll mit sur pied plusieurs manifestations importantes. Ce n'était pas suffisant. Beaucoup de membres cyclos du TCF faisaient maintenant partie de clubs locaux, le lien qui les reliait au Touring devenait de plus en plus fragile. l'idée d'une fédération de clubs était dans l'air. Club de membres individuels, le TCF ne pouvait par ses statuts admettre en son sein une telle structure. Gaston Clément pensa alors à créer une fédération dont le Touring club serait officiellement un simple adhérent, mais en fait le puissant protecteur : une sorte de filiale. Situation ambiguë, mais qui arrangeait tout le monde. Les cyclotouristes pourraient ainsi s'organiser eux-mêmes. Le 8 décembre 1923, à l'hôtel du TCF avenue de la Grande armée, en présence d'Henri Defert, président du TCF se réunirent les clubs suivants : le TCF, l'Audax club parisien, les Francs routiers, le Cycle excursionniste parisien, le Tourist club parisien et les Tandémistes parisiens, soit 6 associations représentées par 17 personnes.   Elles fondèrent la Fédération française des sociétés de cyclotourisme. Gaston Clément fut élu président provisoire et André de Boubers secrétaire.
Le 19 décembre, Gaston Clément envoya aux sociétés cyclotouristes connues une lettre circulaire pour les inciter à adhérer. De sorte qu'à l'assemblée générale tenue le 20 février 1924, plusieurs clubs s'étaient joints aux fondateurs: le Training club (Paris), l'Union des audax cyclistes parisiens (actuellement UAF), Sports et gaieté (Levallois), l'Excelsior club de Marseille, les Excursionnistes marseillais, le Lyon routier, le Véloce club havrais, le Tourist club ouvrier dijonnais et le Philocycle bordelais. Gaston Clément et André de Boubers furent confirmés comme président et secrétaire. Le premier "meeting" de la FFSC eut lieu le 27 juillet en forêt de Fontainebleau. L'excursion totale comptait 125 km. Le même jour, une délégation de trois membres s'en fut représenter la Fédération à la Journée Vélocio, à Saint-Etienne et saluer Monsieur de Vivie. Gaston Clément se retira à la fin de l'année 1924. C'était un homme sage, dévoué, qui avait une vue réaliste et tolérante du cyclotourisme.
FFSC : Fédération française des sociétés de cyclotourisme
TCF : Touring club de France
 
8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 03:58
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
Gaston Chotin, président de la Fédération française des sociétés de cyclotourisme, s'exprimait ainsi en ouvrant l'assemblée générale de février 1933 : "Toute passion doit être bannie de nos débats, chacun doit faire sur lui-même un effort suffisant pour conserver l'âme égale, vertu essentielle de ceux qui veulent travailler" ; et j'ajouterai : vertu de ceux qui veulent donner une image exacte des événements du passé. C'est l'atmosphère sereine dont je souhaite entourer les propos qui vont suivre. Les personnages évoqués ci-dessous, tous bénévoles, ont donné beaucoup de leur temps, et souvent de leur argent à la cause du cyclotourisme. On peut ne pas être d'accord avec leurs choix, on ne peut pas leur en tenir rigueur. Les erreurs commises, quand il y en eut, ont été expliquées davantage que les réussites : c'est qu'elles apportent un enseignement qui permet, avec de la réflexion, de ne pas les reproduire. Les présidents successifs, comme les chefs militaires, ont été à l'avant des troupes. On a tendance à ne voir qu'eux. Il ne faut pas oublier l'équipe qui les entourait, plus ou moins efficace mais toujours influente, aussi bien par son engagement que par sa passivité ; il ne faut pas occulter aussi le poids du contexte. Ces aspects cachés ont toujours pesé sur les orientations et ont eu évidemment des conséquences concrètes, positives ou négatives, que l'on aurait tort d'attribuer à un seul homme ou à une équipe. Voici donc la chronologie des modestes événements qui font notre histoire fédérale, les thèmes particuliers qui méritent attention seront développés dans les chapitres suivants.

Pré-histoire fédérale : déjà l'indépendance
En 1865, les frères Aimé et René Olivier accomplirent un voyage de Paris à Avignon (plus précisément au Pontet) à vélocipède, accompagnés sur une partie du parcours de leur ami Georges de la Bouglise; on peut dire qu'il s'agissait là de la première randonnée cyclotouriste. Elle affranchissait l'homme du cheval et de tous les transports collectifs. En 1871, Adrien de Baroncelli publia le premier récit de voyage vélocipédique; il fut l'auteur de guides célèbres, reconnaissant à vélo les sites qu'il décrivait.
L'Union vélocipédique de France, fondée en 1881, rassembla d'abord tout ce qui évoluait sur deux roues : coursiers et touristes ; mais elle s'occupa uniquement de compétition. Les touristes se sentirent de plus en plus délaissés et mal à l'aise dans une structure où il n'était question que de compétitions, sponsors, honneurs factices, disputes et arrangements plus ou moins moraux. Leurs motivations, le souci de leur respectabilité, leur costume, leur discrétion, leur comportement bien élevé dans les auberges, tout les séparait des coureurs avec lesquels ils ne voulaient surtout pas être confondus. Aussi, Paul de Vivie (Vélocio) et sa revue Le cycliste polarisèrent-ils dès sa parution en 1887 l'attention de tous ces respectables touristes cyclistes. En 1890, sous l'influence prépondérante de Vélocio, des cyclotouristes fondèrent le Touring club de France.
 
                                    Club cycliste vers 1890
Avec l'apparition de la motorisation, le TCF élargit bientôt ses activités à toutes les formes de tourisme et les cyclotouristes finirent par y être minoritaires. Les cyclos reprochaient au TCF de ne s'occuper que du tourisme de luxe et de délaisser le cyclotourisme. De plus, association d'individus sans autre lien entre eux que les instances dirigeantes, il répondait mal à l'évolution du cyclotourisme français qui, après la première guerre mondiale, se groupait de plus en plus en sociétés locales, lesquelles auraient aimé avoir plus de relations entre elles. Le cycliste constituait la seule entité fédératrice, mais purement morale. Vélocio conseillait aux cyclotouristes de se regrouper et les meetings qu'il tenait servaient d'exemples.
 
7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 03:40
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

Conclusion
Le 27 février 1930, sortant de chez lui le vélo à la main, Vélocio fut victime d'un accident de circulation et mourut le 4 mars sans avoir repris connaissance. À Saint-Étienne et partout en France dans le petit monde cyclotouriste, ce fut une grande consternation.
Paul de Vivie n'avait pas fait fortune dans le commerce ni dans la construction du cycle, alors que sa ville était devenue grâce à lui la capitale française de cette industrie. Il a fini modestement sa vie sans cesser de travailler. Il n'avait jamais eu les honneurs de la grande presse sportive, ni aucune reconnaissance publique, mais il était respecté de tous. Il a laissé un héritage d'une grande richesse. Il avait su réunir autour de sa revue la "fraternité" des touristes cyclistes, avec une âme, une philosophie, un nom : cyclotouristes. Ce randonneur individualiste fut un rassembleur. Il provoqua en 1890 la fondation par des cyclotouristes d'une grande association le Touring club de France. Quand le Touring club est devenu un énorme organisme dominé par la motorisation, il a encouragé la fondation de notre Fédération.
  Il a été l'inspirateur des Diagonales. Les Flèches Vélocio, les Quarante Heures Vélocio, la Journée Vélocio, la concentration de Pâques-en-Provence lui sont dédiées. Il a lutté sans arrêt pour que les cyclotouristes aient une machine adaptée à la randonnée, confortable, munie de développements et d'accessoires qui leur permettent d'être autonomes. D'autres ont repris et continué ses idées, sa revue, organisé des concours techniques de bicyclettes de tourisme qui ont fait progresser nos vélos. le cycliste ne s'est éteint qu'en 1973 : il était la plus ancienne revue sportive, et pourtant il était édité par des bénévoles, mais ils avaient gardé ses principes. A la FFCT, dans nos clubs, de nombreux bénévoles œuvrent pour donner plus de chaleur, de fraternité et de simplicité à notre grande famille. L'esprit de Vélocio n'a pas disparu. Parce qu'il cristallisait les valeurs permanentes du cyclotourisme, tous, plus ou moins, nous nous retrouvons en lui.
6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 03:35
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

L'école stéphanoise et les meetings de Vélocio
Le commerçant bon vivant, volontiers mondain, parfois submergé par ses affaires était devenu un homme simple et sobre, mais toujours accueillant, souriant, spirituel. Entre 1900 et 1914, il devint le centre d'un groupe de bons randonneurs dont il était le maître à penser et à pédaler. Il appelait ce rassemblement d'amis l'"École stéphanoise". Le groupe évolua avec le temps. Après la guerre de 1914-18, les randonneurs furent moins nombreux, on y trouva de bons pères de famille, des dames et demoiselles. Tous ces cyclistes avaient en commun leur amitié et une grande admiration pour celui qu'ils appelaient avec humour le "Maître", car il avait réponse à tout et vous donnait avec bonhomie en toute situation le conseil le mieux adapté. Vélocio diffusait autour de lui un étonnant rayonnement où se mêlaient culture, sagesse philosophique, délicatesse, humour et discrète chaleur humaine.   Vélocio vieillissait, se détachant peu à peu des contingences matérielles de la vie quotidienne, enrichissant son esprit à la lecture des auteurs anciens grecs et latins, mais sans rien perdre de son dynamisme et toujours porté par de nouveaux projets dans les domaines technique et cyclotouristique. Il prit l'habitude de convoquer à des " meetings" ses amis et abonnés. Ces rassemblements sans cérémonial avaient pour but de montrer et comparer les nouveautés techniques. Ils devinrent rituels: au printemps, c'était Chavannay, sur les bords du Rhône, à l'automne le col de Pavezin. Il y eut aussi Saint-André-la-Côte. En 1924, il donna rendez-vous, pour Pâques, aux Baux. Ce premier meeting pascal en Provence fut renouvelé les années suivantes en d'autres sites retirés.
 
5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 03:31
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

Végétarien et grand randonneur
À partir de 1893, Vélocio se mit en quête peu à peu d'une bonne hygiène alimentaire et corporelle, faisant siennes les expériences et les conseils développés dans le cycliste par des médecins, quand il s'en trouvait bien.

Il devint végétarien et le resta toute sa vie. Mais sa conception du végétarisme n'était pas d'une extrême intransigeance. À partir du moment où il disposa de plusieurs développements, il se lança dans des randonnées de plus en plus longues qui laissaient incrédules ses contemporains. Son hygiène de vie l'aidait en ce sens.
  Il voulait montrer l'efficacité du régime végétarien et prouver quelles magnifiques bottes de sept lieues était la bicyclette. Et quel moyen économique de voyager ! Le kilomètre parcouru revenait à trois fois rien ! Il partait seul ou avec un ou deux compagnons pour les Alpes ou la Provence. À partir de 1900, il prit l'habitude de descendre, à Pâques, au pays du soleil.
Une pédalée non-stop et rapide de 2 ou 300 km puis quelques heures prises pour visiter un lieu, et enfin la remontée tambour battant à Saint-Étienne. Il allait ainsi à Marseille, à Cannes, à Nice... sa vie avait changé.

Les sept commandements de Vélocio
 
4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 03:10
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

L'apôtre de la polymultiplication
Vélocio avait toujours été un pédaleur enthousiaste, tantôt sportif et tantôt cyclotouriste contemplatif, un brin nostalgique. Il roulait régulièrement une heure ou deux chaque matin. Plus tard, cette sortie aura souvent pour but le col du Grand bois.    Il ne se souciait pas du changement de vitesse jusqu'au jour où une mésaventure le
transforma en fervent propagandiste des bicyclettes munies de plusieurs développements (ce qu'il appelait la "polymultiplication"), et un spécialiste incontesté des changements de vitesse, essayant longuement toutes les nouveautés, faisant construire des prototypes dans son atelier. Il inventa notamment la "chaîne flottante" qui eut de chauds partisans, mit au point un changement de vitesse par débrayage au pied au pédalier, perfectionna un dérailleur anglais rudimentaire. Ce mécanisme, amélioré en plusieurs versions différentes, fut à l'origine de tous les dérailleurs dits "à piston" qui ont fait le bonheur de l'industrie du cycle française jusqu'aux années 50. Et ceci au grand dam d'Henri Desgrange, le père du Tour de France, qui ne voyait dans le dérailleur qu'un accessoire pour les faibles.


                                                                        Vélocio et l'une de ses bichaînes
 
3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 02:13
Extrait du memento "Unité Histoire - FFCT 2007" publié avec l'aimable autorisation de la FFCT
 

Paul de Vivie et l'industrie stéphanoise du cycle
Vélocio exhortait les industriels stéphanois à se lancer dans la fabrication des cycles. Son but était social: l'industrie des armes laissait au chômage la moitié de l'année une main-d'œuvre abondante et qualifiée. Mais ce fut l'argument financier qui convainquit les investisseurs stéphanois: l'exemple des gros bénéfices des manufactures britanniques. Et Saint-Étienne deviendra le principal centre français de production de cycles et de pièces détachées. Paul de Vivie menait son affaire de cycles en ayant toujours le souci d'un juste prix, ne poussant jamais à la consommation, allant même contre son intérêt !   En 1892, il créa la Nouvelle manufacture stéphanoise de cycles, qui utilisait le savoir-faire des petits ateliers locaux pour la construction des bicyclettes la Gauloise, de bonnes et solides machines à un prix moyen. Pour le haut de gamme, il ouvrit une succursale Singer (la marque anglaise de la bonne société) à Lyon.