Présentation

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Les Brèves

  • Reprise officielle des activités hebdomadaires au parking Saint-Georges en respectant les règles sanitaires - Retour à l'horaire d'hiver - Départ à 14h00
  • Jeudi 29 octobre : Permanence de 18h00 à 18h30 à la Barbacane, suivie de la réunion du Comité Directeur
  • Jeudi 7 décembre : Permanence de 18h00 à (renouvellement des licences) à la Barbacane
  • Jeudi 10 décembre : Permanence de 18h00 à (renouvellement des licences) à la Barbacane, suivie de la réunion du Comité Directeur
  • La semaine fédérale de Valognes (50) est reportée du 25 juillet au 1er août 2021
16 décembre 2019 1 16 /12 /décembre /2019 18:31

Cahors Cyclotourisme a accueilli le 14 décembre 2019 après-midi les diagonalistes de la région Midi‑Pyrénées et Nouvelle Aquitaine.
 

Comme chaque année, dans les différentes régions, l’Amicale des diagonalistes de France (ADF), réunit ses adhérents et sympathisants. C’est à la salle de la Bourse du Travail de Cahors, qu’une trentaine d’entre eux s’est retrouvée pour ce moment d’amitié et de convivialité. Le président de l’amicale, Bernard Aussillou, de la région Occitanie, a dirigé cette réunion. Le président de la ligue Occitanie, Philippe Deveaux est également présent dans l’assemblée.
 

Pour accueillir tous ces passionnés de longue distance, Alain, Daniel J., et Georges ont servi le café avec quelques viennoiseries. Qu’ils soient des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées, de la Gironde, ou de moins loin, les retrouvailles sont chaleureuses.

 

Puis, à 16h00, le président de l’amicale, ouvre la séance. Il remercie le club et son président d'accueillir les diagonalistes à Cahors pour leur réunion annuelle. Il passe la parole au président du club, Guy Faure, qui prononce le mot de bienvenue.

 

Bernard Aussillou

Bernard Aussillou donne des nouvelles de l'association qui a connu en cette année quelques malheurs avec la disparition de certains de ces membres.

Puis il fait une présentation des diagonales de France. Rappelons qu’elles sont au nombre de 9. Ce sont des randonnées de cyclotourisme dont le but est de relier, dans des conditions définies par un règlement, deux sommets non consécutifs de l'hexagone français, à savoir Dunkerque, Strasbourg, Menton, Perpignan, Hendaye et Brest.

Elles ont été créées en 1930, sur une idée de Paul de Vivie, alias "Vélocio".

 

Bernard Lescudé, nous parle des Eurodiagonales dont il a la charge. Le principe est de rallier depuis les sommets des diagonales 9 villes européennes (Inverness, Copenhague, Budapest, Bari, Malaga et Lisbonne)

 

A cette occasion des carnets de route des diagonales et des eurodiagonales dernièrement homologuées sont remis. Chacun évoque sa randonnée avec son ressenti (difficultés, météo, anecdotes).

Jacques Aylies le gascon

Il ressort de ces récits le plaisir de rouler en groupe ou seul à travers la France.

La palme revient à Jacques Aylies qui, avec humour, nous conte ses deux Eurodiagonales Perpignan-Malaga et Lisbonne-Hendaye et nous livre quelques moments savoureux qui ravissent l’assemblée. En sachant qu’il a réalisé ce périple depuis Vic-Fezensac (32) avec sa randonneuse, pour rallier Perpignan, Malaga, Lisbonne, Hendaye et retour Vic-Fezensac.

 

Pour clôturer cette réunion nous avons levé le verre de l’amitié avec un très bon Fénelon préparé par notre ami Georges. Cette boisson locale fut fort appréciée mais avec modération.

 

Ce moment convivial s’est tout naturellement terminé autour d'une table par un repas au restaurant La Chartreuse, où furent encore échangé encore les aventures des uns et des autres. Pour certains, peut‑être, ce sera le déclic pour se lancer dans l’aventure.

 

En tout cas cette soirée fut très agréable.

 

La famille des diagonalistes et des amis

 

Texte : Daniel Arnaudet Photos : Francis Touzeau

 

QUELQUES AUTRES PHOTOS ....

Réunion régionale des diagonalistesRéunion régionale des diagonalistesRéunion régionale des diagonalistes
Réunion régionale des diagonalistesRéunion régionale des diagonalistesRéunion régionale des diagonalistes
Réunion régionale des diagonalistesRéunion régionale des diagonalistesRéunion régionale des diagonalistes
21 août 2019 3 21 /08 /août /2019 16:35

ILS L'ONT FAIT !!!

Après 85 heures d'efforts et 66 h pour le plus rapide des trois, nos représentants sont venus à bout du Paris-Brest-Paris 2019. C'est un authentique exploit, tant il faut, en plus d'un entrainement réalisé quelles que soit les conditions météorologiques, beaucoup de volonté et d'abnégation, pour affronter les 1219 km de l'épreuve et venir à bout des 12000 m de dénivelé. De vrais "forçats" de la route, partis pour aligner l'équivalent de 6 ou 7 étapes du Tour de France, et cela en combattant la fatigue, le sommeil et les aléas de la météo, et de plus,  en autonomie totale.

Nous ne pouvons qu'être admiratifs devant tant de courage ! Alain, Gilles, Francis, vous êtes la fierté de la grande famille de Cahors Cyclotourisme.

MERCI.

Guy Faure

 

Quelques nouvelles :

Les Bretons sont sympas

Francis est de retour à son domicile. Il dit que cela a été dur et est satisfait de son Paris-Brest-Paris.
 

Malgré son honorable temps, il a pu rencontrer des gens sympathiques et notamment des Bretons pour poser avec eux.
 

Sur le parcours, ils offraient des crêpes aux participants qui le désiraient. A noter qu’ils étaient déjà là en 2015 comme la dame le montre sur la photo qu’elle tient dans ses mains (Photo prise en 2015 par Francis).

Haut ▲

Nous les avons suivi en direct :

Francis Alain Gilles

 

 

 

Haut ▲

Revue de presse :

 

Nos trois cadurciens sont prêts

ILS ONT VAINCU PARIS-BREST-PARIS !!!

 


Nos trois cadurciens ont vaincu !


Francis Forestier


Fabien Delpy

Demeure à St-Germain-du-Bel-Air

A effectué tous les brevets qualificatifs organisés par Cahors Cyclotourisme

Haut ▲

16 août 2019 5 16 /08 /août /2019 06:25

Nos amis Cyclo Alain Gros, Gilles Ballu et Francis Forestier porteront les couleurs de notre club pour la 19ème édition de Paris-Brest-Paris Randonneur® qui se déroulera du 18 au 22 août 2019.

 

Le départ sera donné de Rambouillet (78) sur le site de la Bergerie Nationale.

 

Il est ouvert exclusivement aux cyclotouristes ayant accompli, dans l'année 2019, les brevets qualificatifs de 200, 300, 400 et 600 km homologués par l'Audax Club Parisien. Plus de 6000 participants sont attendus dont une part importante d’étrangers.

 

Sans être montagneux le parcours de 1215km a réaliser en moins de 90h représente quand même près de 12.000m de dénivelé.

 

Tous les 4 ans, cet événement sportif, qui n’est pas une compétition, représente surtout un défi dans lequel chacun ira puiser au fond de soi les ressources nécessaires pour accomplir cette aventure où se côtoient de multiples nationalités. Malgré la fatigue, nous ne pouvons que leur souhaiter des conditions favorables afin qu’ils en gardent un souvenir inoubliable.

 

Gageons que nos représentants sauront relever le défi qu’ils ont bien préparé et pour lequel ils sont super motivés.

 

Francis partira le 18 août à 16h30, tandis que Alain et Gilles partiront le 18 août à 18h30.

 

Encourageons-les !

 

Vous pouvez le faire par vos commentaires

TRACÉ DU PARCOURS

PROFIL DU PARCOURS

 

Pour les suivre en direct cliquez sur le lien https://track.rtrt.me/e/PBP-2019#/tracker
 

Sur la page qui s’ouvre renseigner le cartouche recherche de participants en indiquant le numéro d’inscription : Alain : K242 - Gilles : L276 - Francis : C221

 

Ci-dessous tableau d'avancement actuel

Contrôles

Francis (80h00)
Devra arriver
avant le 22/08/19 à 12h30

Alain (90h00)
Devra arriver
avant le 22/08/19 à 12h30

Gilles (90h00)
Devra arriver
avant le 22/08/19 à 12h46

Heure

Cumul

Heure

Cumul

Heure

Cumul

Départ - Rambouillet

Départ 18/08/19 à 16:31

Départ 18/08/19 à 18:31

Départ 18/08/19 à 18:46

Villaines-La-Juhel
Km217

18/08 00:42

08h12

18/08 06:19

11h49

18/08 06:20

11h34

Fougères
Km306

19/08 03:59

11h29

19/08 10:33

16h02

19/08 10:33

15h47

Tinteniac
Km306

19/08 06:59

14h29

19/08 13:41

19h10

19/08 13:41

18h55

Loudéac
Km445

19/08 10:56

18h25

19/08 19:53

25h21

19/08 19:53

25h06

Carhaix-Plouguer
Km521

19/08 15:16

22h44

20/08 06:34

36h02

20/08 06:34

35h47

Brest
Km610

19/08 19:25

26h53

20/08 11:25

40h54

20/08 11:23

40h37

Carhaix-Plouguer
Km693

20/08 04:45

36h13

20/08 16:39

46h07

20/08 16:39

45h52

Loudéac
Km780

20/08 09:34

41h03

20/08 23:35

53h04

20/08 23:26

52h40

Tinteniac
Km860

20/08 13:31

45h00

21/08 06h52

60h21

21/08 06:52

60h06

Fougères
Km920

20/08 16:32

48h02

21/08 10:12

63h41

21/08 10:09

63h23

Villaines-La-Juhel
Km1009

20/08 20:47

52h16

21/08 16:44

70h13

21/08 16:43

69h57

Mortagne-au-Perche
Km1094

21/08 04:20

59h48

21/08 21:53

75h22

21/08 21:53

75h07

Dreux
Km1171

21/08 08:41

64h09

22/08 04:18

81h47

22/08 04:15

81h28

Arrivée - Rambouillet
Km1215

21/08 11:13

66h42

22/08 8:24

85h53

22/08 8:24

85h38

  Terminé dans les délais
Félicitations !
Terminé dans les délais
Félicitations !
Terminé dans les délais
Félicitations !

 

13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 20:24
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Une partie des participants, avant le départ...

Grosse effervescence à la Barbacane, siège du club , en ce samedi 11 mai pour le départ du brevet de 400 km, épreuve de préparation au prochain Paris-Brest-Paris. Ils étaient 32 venant de diverses régions de France (18 clubs étaient représentés venant d "Occitanie", "Nouvelle-Aquitaine", "Auvergne-Rhône-Alpes" et Ile-de-France) a prendre le départ de cette manche qualificative obligatoire pour les pré inscrits à l'épreuve. Parmi eux, trois sociétaires de Cahors Cyclotourisme. Les participants feront un périple qui les amènera tout d'abord à Figeac, puis à travers le causse de Limogne et la vallée de l'Aveyron (où ils seront accueillis dans la nuit, par les bénévoles du club à Saint-Antonin-Noble-val, pour une collation chaude bien nécessaire tant les conditions météo sont exécrables). Revigorés après cette courte halte, ils vont se

Les trois participants du club

 

 

 

diriger vers le midi toulousain, où ils auront à valider leur passage à Grenade, puis en remontant vers région Nouvelle-Aquitaine aux portes d'Agen; ils subiront un fort vent de face, heureusement plus favorable ensuite pour le retour vers Cahors. Ils seront à nouveau accueillis au siège du club tous satisfaits de l'excellente organisation qui leur a été proposée. Merci à tous les bénévoles du club qui ont participé à la réussite de la manifestation et particulièrement à Daniel, responsable de l'organisation de nos brevets randonneurs mondiaux.

Texte et photos : Guy F.

Statistiques

 

1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 09:26
Réunion ADF AGEN
Chaque année, entre octobre et novembre, l'Amicale des Diagonalistes de France (A.D.F.) rassemble, par région, ses adhérents. C'est ainsi que le 28 novembre 2015, AGEN accueillait les membres de la région Aquitaine/Midi-Pyrénées dans les locaux de l'ASPTT.

Les retrouvailles sont chaleureuses et chacun raconte son activité de l'année avec son lot d'anecdotes, tout cela dans un bon état d'esprit et en toute simplicité. Les échanges sont très amicaux.
Rappelons que les diagonales au nombre de 9 sont des randonnées de cyclotourisme dont le but est de relier, dans des conditions définies par un règlement, deux sommets non consécutifs de l'hexagone français, à savoir Dunkerque, Strasbourg, Menton, Perpignan, Hendaye et Brest.
Elles ont été créées en 1930, sur une idée de Paul de Vivie, alias "Vélocio".

Réunion ADF AGEN
Devant une vingtaine de diagonalistes, le représentant du comité directeur de l'ADF, Bernard Ducornetz, donne des nouvelles de l'association (effectifs, bilan, compte-rendu de la dernière assemblée générale, questions diverses ….)

A cette occasion des carnets de route des diagonales dernièrement homologuées sont remis, ainsi que les diplômes afférant au palmarès des 9 et 18 diagonales de France. Chacun évoque sa randonnée avec son ressenti (difficultés, météo, anecdotes). Il ressort de ces récits le plaisir de rouler en groupe ou seul à travers la France.

Ce rassemblement n'est pas seulement réservé aux seuls membres, mais aussi aux sympathisants ou aux futurs diagonalistes. C'est ainsi qu'Alain Gros, un de nos nouveaux adhérents, a bien voulu m'accompagner pour s'imprégner de l'esprit des diagonales mais aussi échanger avec les divers membres présents.

C'est avant tout un moment convivial et tout naturellement cela se termine autour d'une table par un repas, où l'on échange encore sur les aventures des uns et des autres, où d'autres pensent, peut-être, à franchir le pas. Quand çà commence à chatouiller !

Texte et photos : Daniel Arnaudet
26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 06:08

Millot-JC.jpgPour terminer les randonnées en montagne, j’ai souhaité m’offrir cette très belle région de France : le Cantal. 

 

Une région où j’ai souvent usé mes pneumatiques, mes forces, et déversé quelques litres de sueur !

 

Cette année les conditions atmosphériques étaient idéales : soleil et un vent rafraîchissant.

 

DanielNous étions six de Cahors :

Daniel Hermet, Guy Faure, JP Gardillou, Francis Soulignac, Daniel Arnaudet et moi-même ainsi que deux de Labastide Marhnac : Blaise Bergesio et Henry Godissart.

 

Georges Bonis engagé, n’a pas pu venir. Un problème de santé dans la famille est la cause de ce désistement. 

 

Daniel Arnaudet, Daniel Hermet et moi – même sommes partis à 7 heures. Les autres avaient choisi un départ plus matinal.

 

La température matinale était idéale et un départ sur les bords du Célé et du Lot permettait une mise en jambe parfaite.

 

Les jolis petits villages se succédaient. Leurs maisons, en pierres foncées et leur toit en lauzes, joliment  fleuris de rosiers multicolores nous offraient une atmosphère joyeuse.

 

Dans cette ambiance champêtre, nous sommes arrivés à Vieillevie pour le ravitaillement. Nous y avons retrouvé les autres membres de notre groupe qui s’apprêtaient à repartir.

 

Nous avons continué sur le bord du Lot, jusqu’à Entraygues sur Truyère.

 

J’ai appris, par Daniel, la signification du mot Entrayges qui vient de l’occitan  «  entre les eaux » puisque la commune est située entre les deux cours d’eau : La Truyère et le Lot.

 

Après un regard sur le très beau château dominant et la traversée du pont gothique classé, nous avons entamé  les premières difficultés pour monter à Saint Amands des Cots.

En haut Daniel m’attendait.

Je sentais bien qu’il ne me sera pas facile d’apprivoiser cette belle montagne.

 

Mon moteur ne tournait pas rond et les sensations n’étaient pas idéales pour ce genre de relief.

 

Après une descente rapide, nous avons entamé une montée de 10 kms qui nous amènera au repas de midi à Brommat. Francis Henri

Cette montée confirme mes sensations et c’est avec beaucoup de peine que je me hisse au sommet où Daniel à eu la patience de m’attendre.

 

Après cette pose repas, je demande à Daniel de ne pas m’attendre en l’informant que si cela n’allait pas je monterais dans un fourgon accompagnateur que nous avions vu plusieurs fois sur le parcours.

 

Avec la  montée vers le col de Brezons mes problèmes étaient toujours aussi forts et je décidais donc de répondre favorablement à l’invitation à la prudence que me conseillait le chauffeur du fourgon du club de Vignonet, (coté de Libourne)

J’allais donc terminer les soixante derniers kms en leur compagnie où quelques membres de leur équipe viendrons me tenir compagnie pendant les montées difficiles et reprendrons la route dans le montée du col du Prat de Bouc pour terminer avec le reste du groupe.

 

Au gré de ces arrêts j’ai pu encourager Daniel qui me confirmait que c’était difficile. Mais il semblait bien monter quand même.

 

Les paysages étaient magnifiques. Les petites routes empruntées offraient de magnifiques panoramas sur les vallées et les sommets environnants.

 

L’arrivée au super Lioran s’est fait après la montée au Lioran et une petite dernière montée très pentue par une route serpentant dans les sapins pour arriver à proximité de l’établissement où nous serons hébergés.

 

La soirée fut ponctuée par la traditionnelle remise de coupes et suivie par un repas de bonne qualité,  rapidement servi, ce qui a permis à tous de rejoindre les chambrées assez tôt.

 

Le lendemain matin j’ai décidé de prendre le départ et d’arrêter si les symptômes d’hier étaient toujours présents.

 

Jean-PierreLa température à 7 heures était entre 5° et 10°, donc idéale pour faire les 6 kms de descente jusqu’à St Jacques des Blats où l’orientation sur une petite route étroite nous mettait rapidement  au pied d’un mur avec le col du Pertus où la pente du départ se situait aux alentours des 12/15%

Son relief en espaliers favorisait la récupération et avec la moulinette 30/25 je me hissais au sommet sans ressentir les sensations d’hier.

Je fais ensuite les 10 kms de montée du Pas de Peyrol  avec la même prudence ce qui me permettra d’atteindre le sommet correctement.

 

La montée de ce col dans une température idéale, m’a permis d’apprécier un moment de vrai bonheur dans un endroit ou la nature vous offre  de beaux panoramas agrémentés d’une musique de fond avec les clapotis des nombreuses sources, les chants des oiseaux et les odeurs d’une flore magnifique de diversité et de couleurs.

 

Il n’y a que le cyclotourisme et les randonnées pédestres pour nous offrir ces moments là.

 

Après cette montée, alors que je m’apprêtais à descendre en direction de Salers, Daniel est arrivé et m’a rejoint dans le descente pour faire la gentille montée du col de Néronne.

 

Ensemble nous  avons rejoint  Figeac par des multiples montées et de faux plats qui n’étaient pas des cols mais en donnaient les sensations !

 

Pendant ce temps là, nos rapides étaient rentrés de bonne heure. Jean-Pierre Gardillou a géré avec beaucoup de sagesse ces deux journées.

 Il a quand même monté les deux cols difficiles de la deuxième journée pour ensuite se tromper de route et revenir sur Aurillac…où Lili, à sa demande, est venue le chercher.

 

Un grand bravo pour lui. Il s’est offert un plaisir sur ces deux journées et c’est là l’essentiel.

 

Merci à Louis qui a servi de relais pour nous informer de la progression de JP avec qui il était souvent en relation téléphonique. Blaise, Henri, Daniel

 

Voilà tout à une fin et comme me disait un ami : le vieillissement c’est une suite de dernière fois.

 

J’en termine donc avec les randonnées sur plusieurs jours en montagne et même sur dans les plaines.

 

Je conserverai un excellent souvenir malgré le problème de la première journée.

 

Je remercie particulièrement Daniel pour sa gentillesse de m’avoir attendu dans les moments difficiles et d’avoir pu passer une agréable deuxième journée en sa compagnie.

 

Bravo aux organisateurs, ils nous ont  offert ce qu’il y a de mieux dans nos montagnes proches et leur organisation était parfaite.

Dommage que le nombre d’engagés ne soit pas au rendez-vous. La fête des pères en est peut – être la cause.

 

Millot jc

3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 08:18

 

L’événement majeur de cette année 2011 pour nous cyclotouristes fut le 17ème Paris-Brest-Paris randonneur mondial organisé du 21 au 25 août par l’Audax Club Parisien. Déjà 120 ans que cette épreuve existe sous l'impulsion de Pierre Giffard, homme de presse et à la tête du quotidien Le Vélo, qui décida de l'organiser pour faire dit-il la promotion du "vélocipède". C'est Charles Terront qui remporta ce 1er PBP de 1891 en 71h27 . Un record à l'époque!

 

Préparation

Pour participer à cette épreuve mythique de 1240km quatre brevets qualificatifs de longue distance doivent être effectués, 200, 300, 400 et 600km. Comme il ne faut surtout pas relâcher la pression jusqu’au départ, j’ai redoublé un brevet de 300km, effectué une diagonale début juillet, et sillonné les routes bucoliques de la basse Normandie lors de la semaine fédérale de Flers au début du mois d'août 2011.

Bien conscient de la difficulté de la tâche pour arriver dans le délai de 90 heures, je n’en suis pas moins confiant, car j’ai tout mis en œuvre pour arriver en forme au jour J, aidé en cela par une épouse qui m’a soutenu ; c’est très important.

La préparation du vélo est une opération sérieuse. Elle doit être faite méticuleusement.

J’ai bien pris connaissance du dossier remis suite à l’inscription afin de bien assimiler les opérations de départ, contrôle des vélos, retrait du dossier, accès à la ligne de départ, recommandations diverses.

J’ai également organisé avec soin le contenu de mes bagages. Comme j’accomplis le PBP sans assistance, il est important de bien emporter ce qui est indispensable. Je peux dire que l’expérience de neuf diagonales m’a beaucoup aidé. Cela représente un peu de poids supplémentaire mais l’essentiel n’est pas là. Il faut arriver dans les délais, avec ou sans handicap.

Quelques jours avant de partir, mon ami Joseph, me demande si j'accepte, comme en 2007, de mettre en ligne sur son blog le suivi de mon parcours. Bien évidemment, c'est avec plaisir que je donne mon accord. Lui qui a trois PBP dans sa besace, breton de surcroît, va revivre cette épopée par procuration et pénétrer à fond dans ce milieu de randonneurs. Je lui donnerai mes impressions au fur et à mesure.

Après tous ces préparatifs, à J-2, je prends la route pour Paris et je m’installe dans un hôtel proche de Saint‑Quentin‑en‑Yvelines.

 

Présentation des machines

PBP2011 1Le samedi matin 20 août, vers 10h30, je présente mon vélo au contrôle, surtout pour la vérification de l’éclairage avant et arrière qui doit être en double. Nous devons également montrer le gilet de sécurité, indispensable. Toutes ces opérations sont menées sérieusement car l’accent est mis sur la sécurité.

Alors que je suis dans la file d’attente, une voix m’interpelle : « Salut Daniel !». Je suis un peu surpris, c’est Jean‑Claude, bénévole du PBP et préposé à l’aiguillage des participants pour ce contrôle. Et il a de quoi faire. Cela ne l’empêche pas, je crois, de me prendre en photo alors que je m’inquiète pour mon feu rouge qui ne fonctionne pas correctement. Pourtant tout allait bien à Cahors. Mais ce n’est pas grave, je pourrai l’utiliser en position fixe. Il me faudra penser à le commuter avant la nuit et lorsque le jour apparaîtra.

Dans l’après-midi, je fais à vélo un repérage des lieux : parcours reliant l’hôtel au site du départ, et son lieu d’accès pour les formalités.

J’ai consulté la météo bien des jours à l’avance. En ce samedi il fait beau et pas trop chaud. Cette promenade m’a donné de bonnes sensations. J’ai hâte de partir.

 

Le départ (dimanche 21 août à 18h25)

Le dimanche 21 août s’annonce très chaud, voire orageux. Cela m’inquiète. J’ai passé une nuit moyenne. Après le repas de midi, je m’accorde un repos jusqu’à 15h00. Je mange alors quelques pâtes que j’avais préparées, un peu de cake et une banane.

A 15h30 je quitte l’hôtel et je me dirige, avec vélo et bagages, au stade de Guyancourt. A l’arrivée, je ne suis pas seul. Il est 16h00. Tassés comme des sardines, nous attendons patiemment que le souterrain s’ouvre pour nous y engouffrer et rejoindre la ligne de départ. Il n'est pas rare d'entendre parler italien, espagnol, allemand et anglais bien sûr.

Nous voyons partir les vélos spéciaux (couchés, carénés, tricycles), et les cyclos ayant choisi le délai le plus court, celui de 80h00.

Pendant ce temps sous un soleil de plomb, 33°C à mon compteur, nous piétinons sur place. Je m’alimente un peu. Je bois mais pas trop, et peut-être pas assez, car il est difficile de rejoindre les coins toilettes installés sur le site. Comment faire pour couper ce flot de cyclistes avec un vélo.

Enfin la troupe s'ébranle. Nous passons dans le souterrain qui mène à l'entrée du stade. Par précaution et en prévision d'une autre attente, je fais un dernier arrêt "pipi".

Petit à petit j'avance vers le contrôle afin de présenter mon carnet de route pour le pointage. Ah,PBP2011 2 j'oubliais, innovation cette année, nous sommes porteur d'une puce bracelet à la cheville, pour l'enregistrement de notre passage à chaque contrôle, mais aussi pour bien déterminer l'heure exacte de départ.

Je suis dans la deuxième vague. La première est partie à 18h00. Nous avançons encore un peu et il fait toujours très chaud. C'est à 18h25 que nous sommes lâchés.

Sous les applaudissements et les encouragements d'une innombrable foule, un long serpent multicolore de quelques 400 cyclos s'élance vers Brest. Au revoir Paris et à bientôt. Des motards ouvrent la route. Nous sommes tous un peu survoltés et une fois les chevaux libérés, il faut vite redevenir raisonnable. C'est donc avec prudence que je ralentis.

Le Paris-Brest-Paris est un événement qui ici au départ est bien suivi. D'ailleurs tout au long des trente premiers kilomètres, nombreux sont les spectateurs à nous encourager.

Des groupes se forment, se scindent au gré des difficultés. Je joue du braquet pour ménager mes jambes. Je sue beaucoup en ce début car je ressens une chaleur moite. Elle nous poursuivra une bonne partie de la nuit.

Quelques kilomètres avant Ormoy je m'arrête pour revêtir le gilet de sécurité et mettre en fonctionnement l'éclairage avant et arrière. Le vent est assez favorable, l'allure est bonne et raisonnable. Je pioche plusieurs fois dans ma sacoche avant pour y saisir du ravitaillement, petits sandwiches et barres de céréales.

La nuit peu à peu nous enveloppe et c'est un régal de rouler, du moins pour moi. Là je ne suis pas seul et c'est un plaisir de partager ces instants. Un long ruban lumineux serpente sur la route. Vu avec un peu de hauteur ce doit être beau à regarder. Mais en me retournant, à la faveur du relief, j'ai pu en apprécier le spectacle.

La nuit, difficile aussi d'évaluer les difficultés. Et depuis Longny-au-Perche il y a quelques sérieuses côtes et j'ai parfois joué du tout à gauche pour arriver à Mortagne-au-Perche (km140). Il est un peu plus de minuit. C'est seulement un point de ravitaillement. C'est déjà l'affluence. Je ne m'attarde pas trop. Il est minuit passé et je poursuis ma route.

Pour l'instant tout va bien, je ne ressens pas l'envie de dormir. Je retrouve sur le parcours trois cyclos qui ont fait les BRM qualificatifs organisés par Cahors Cyclotourisme. Cela me permet de bavarder avec eux pendant quelques kilomètres et de suivre Christian qui a vraiment un bon coup de pédale. Puis nous nous perdons mais nous nous retrouverons plusieurs fois en d'autres lieux.

Des commerces sont ouverts tôt et il y a du monde qui en profite, soit pour y manger, soit pour y boire. Je saisis ces opportunités car je suis également assoiffé.

 

Villaines-la-Juhel (lundi 22 août 04h55 - km221)

PBP2011 3 

Au petit jour, premier contrôle, je suis en avance sur mes prévisions. L'accueil dans cette ville est particulièrement chaleureux. De nombreux spectateurs se massent près des parkings vélos, nous félicitent et nous encouragent. Certes ce n'est pas le Tour de France mais cette ambiance fait chaud au cœur. Je m'accorde une pause un peu plus longue que prévue pour me restaurer notamment. Après un court somme sur un banc je reprends la route. Je sens bien que je n'ai pas le coup de pédale de cette nuit. Les côtes sont plus difficiles à négocier. Je considère que cette baisse de régime est passagère.

 

Fougères (lundi 22 août 09h35 - km310) - Tinténiac (14h43 - km364)

J'arrive malgré tout au contrôle de Fougères avec plus d'une heure d'avance. Après avoir fait tamponner le carnet de route je me dirige vers le dortoir pour essayer de dormir et retrouver quelques forces. Ce sera de courte durée ; impossible de fermer l'œil. Je me rends alors vers le self et c'est avec appétit que je recharge les batteries. Mais avant de repartir j'attends encore un peu, assis à l'abri car il tombe une belle averse. Finalement j'ai passé plus de deux heures à Fougères avant de remonter sur le vélo. Mon avance a fondu. Cela n'est pas catastrophique.

Pour rejoindre Tinténiac, ce n'est pas trop difficile et le soleil est revenu. Je préviens Joseph du retard que j'ai pris à cause d'un "petit coup de mou" à Fougères. Après avoir mangé un peu, je sens un déficit de sommeil. Alors comme beaucoup d'autres, je profite d'un coin de verdure pour m'allonger. Je règle, comme à chaque fois mon petit réveil sur 20mn de pause. Je pense avoir dormi au bout de ce délai. Je me sens mieux et c'est préférable pour aborder les 85km qui me séparent de Loudéac.

Le temps agréable avec un léger vent favorable m'avantage. Après avoir passé Bécherel, ancienne place forte juchée sur une colline à 176m d'altitude, la partie qui suit est descendante et très roulante. A Quédillac, arrêt obligatoire pour un contrôle secret mis en place et que chacun doit respecter. Je ne m'attarde afin de rattraper un peu de mon retard.

A La Chèze, soit 10km avant Loudéac, je croise les premiers partis dimanche à 16h00 et qui sont déjà sur le retour.

 

Loudéac (lundi 22 août 19h57 - km449)

A Loudéac, pour rejoindre le contrôle, je serpente entre des barrières de sécurité où la foule se presse pour nous applaudir. Comme en 2003 et 2007, je trouve cela très impressionnant et stimulant.

Comme il est près de 20h00 je décide de m'accorder 2h00 d'arrêt. En effet j'avais prévu de poursuivre jusqu'à Carhaix-Plouguer mais je connais le relief et les 40km qui suivent ne sont pas tendres. De sévères côtes m'attendent. De plus le temps est plutôt à l'orage. De lourds nuages noirs menacent. Je vais manger, prendre une douche, puis gagner le dortoir pour un repos d'une heure mais sans avoir vraiment trouvé le sommeil. J'ai bien fait car j'entends le tonnerre et la pluie tomber. Lorsque vers 23h00 je reprends la route, il ne pleut presque plus mais le ciel, au loin, est zébré d'éclairs et le tonnerre gronde encore.

Là où en 2007 j'avais "coincé" dans ces sévères côtes après Loudéac, cette année je suis plus à l'aise. A Merléac, je m'offre un petit moment de détente en dégustant une soupe chaude préparée par des villageois qui tiennent un stand ravitaillement à l'occasion de cet événement. Ils racontent que nous avons évité le déluge car certains cyclistes avant nous ont dû se mettre à l'abri tant l'orage était fort.

Après Corlay, les bosses sont moins rugueuses mais la pluie nous accompagne. A la sortie de Saint‑Nicolas‑du‑Pélem, je sens que ma roue avant tape. Pas de doute j'ai crevé. En rase campagne je cherche un appui pour mon vélo, le poteau d'un panneau indicateur fera l'affaire. Il n'est pas simple de réparer quand tout est mouillé et que l'eau diluée au cambouis vous maquille les mains d'un noir intense difficile à enlever. Je peux quand même changer ma chambre à air que j'avais pris soin de talquer et d'emballer dans une petite poche plastique. Rien de tel pour la protéger de l'humidité. J'ai perdu un quart d'heure mais rien d'inquiétant. Je repars, l'allure est bonne.

 

Carhaix-Plouguer (mardi 23 août 04h26 - km525) -  Brest (mardi 11h00 - km624)

J'intègre un groupe avec qui je rejoins Carhaix-Plouguer, sans encombre. En ce point de contrôle je me restaure et j'en profite aussi pour aller dormir 1h00 dans le dortoir car j'ai sommeil. Au réveil, le jour se lève et le temps est brumeux. Vers 06h30 je quitte la ville. J'attaque les 93km qui me séparent de Brest. La montée vers le Roc Trévezel (349m), point culminant du massif armoricain, est longue. C'est dans un brouillard très épais que je le franchis. Dommage pour le point de vue. Je ne m'attarde pas car il fait quand même frais. Quelques gouttes de pluie font leur apparition après Sizun.

En traversant Plougastel‑Daoulas, je suis impatient de voir le pont Albert Louppe. Je traverse cet ouvrage avec infiniment de bonheur, je prends mon temps, je regarde à droite pour admirer le pont de l'Iroise et à gauche pour garder cette image de la rade de Brest le plus longtemps possible. Certes en 2007 le soleil était présent mais cette année la brume, la coquine, gâche un peu la vue. Les organisateurs ont eu la bonne idée de nous faire passer par le port maritime pour apprécier la rade. Nous remontons en haut de la ville par la rue du château pour arriver au point de contrôle. PBP2011 4

J'appelle Joseph pour faire le point. Il me confirme que j'ai de nombreux encouragements sur son blog mais aussi de copains cyclos du club. Cela est bon pour le moral et je les en remercie.

Je suis à mi-parcours, le temps est agréable et j'ai le vent en poupe. Je ne m'attarde pas longtemps car il est impossible de manger rapidement au point restauration.

Quelques kilomètres plus loin, à Guipavas, j'avise un charcutier-traiteur. Je m'arrête aussitôt pour acheter deux friands à la viande et du taboulé avec une canette de coca-cola. Un autre participant a eu la même idée. Dehors, tout en mangeant nous parlons. Malheureusement il est canadien et ne s'exprime qu'en anglais, mais j'ai compris qu'il était parti le lundi matin à 05h00. Il est plus en avance que moi mais cela ne m'inquiète pas malgré mes 1h30 de retard sur mon tableau de marche. J'ai encore de la marge pour arriver dans les délais.

 

Carhaix-Plouguer (mardi 23 août 16h52 - km711)

Je trouve le retour vers Carhaix-Plouguer plus facile qu'à l'aller ou du moins je me sens mieux et mon allure est satisfaisante. Avant d'arriver au contrôle de cette localité, petit arrêt dans une boulangerie pour engranger quelques forces et repartir sans perdre de temps.

Le retour vers Paris en cette journée ne s'annonce pas mal. Mes jambes tournent bien et les kilomètres qui suivent sont plus roulants. A Saint-Nicolas-du-Pélem je ne résiste pas pour déguster une crêpe bretonne au sucre que propose une dame qui a installé son matériel sur le trottoir. Elle fut la bienvenue pour attaquer les bosses de Canihuel avant Corlay et celles avant Loudéac. Je profite d'un autre court arrêt à Merléac pour me faire un petit plaisir et manger une saucisse grillée. Et oui j'avais envie de saucisse! Et pour rejoindre Loudéac elle m'a boosté.

 

Loudéac (mardi 23 août 21h23 - km782) - Tinténiac (mercredi 05h09 - km867) - Fougères (mercredi 08h33 - km921)

A Loudéac, toujours autant de monde qu'à l'aller et autant d'encouragements. Les bretons sont formidables. Sans perdre de temps et après avoir pointé mon carnet de route, je poursuis ma route. La nuit tombe peu à peu, les points rouges que je vois devant moi m'indiquent le chemin à suivre. Tout va bien et l'allure est bonne dans le groupe que j'ai intégré.

A Illifaut (km820), en pleine nuit, nous sommes déviés pour un contrôle secret. Coup de tampon, une boisson et quelques barres feront l'affaire jusqu'au prochain arrêt à Quédillac (km844), point de ravitaillement et de couchage uniquement. Là j'en profite pour prendre une douche et changer de vêtements. Je m'y repose 1h30 environ et je repars après un petit déjeuner très matinal vers 04h00.

Les muscles sont refroidis et la fraîcheur me saisit. Pour retrouver le coup de pédale il me faudra quelques kilomètres et la montée à Bécherel, guidée en cela par le point lumineux rouge de l'antenne TDF, est un peu poussive.

 

L'arrêt-contrôle de Tinténiac est bref. Il est 05h10 et le jour se lève peu à peu. C'est toujours un moment délicat à négocier car bien souvent la fatigue se fait ressentir à ce moment-là. J'éprouve un besoin de me reposer. En traversant une localité je m'allonge sur un banc sous un abri pendant 20mn, et j'ai dormi. C'est suffisant pour aller jusqu'à Fougères plus confortablement. Après régularisation du carnet, je me restaure et je reprends la route. Auparavant je prends contact avec Joseph. Il suit toujours avec autant d'intérêt ce Paris‑Brest‑Paris.

 

J'appréhende les 88km qui me séparent de Villaines-la-Juhel. Avant tout pour affronter les nombreuses côtes qui sont longues, je cherche à envoyer mes vêtements sales. Dès la sortie de Fougères, je me mets en quête d'un bureau de poste. Finalement après 25km je trouve à Levaré une agence ouverte. J'expédie en colissimo mes effets à mon domicile. Je me suis allégé de 1kg. C'est peu mais c'est bon pour le moral.

Malgré cela la fatigue est là et j'éprouve des difficultés pour avancer. Je suis seul sur ce secteur. Il y a bien des cyclos mais ils sont dispersés et comme moi, ils gèrent leur effort.

Je recherche un coin pour me reposer. Je m'engage dans un petit chemin en bordure de le route principale et sur l'herbe je m'allonge et ferme les yeux quelques instants. Le ciel est magnifique, l'ombre des arbres est appréciable et le chant des oiseaux me plongent dans les bras de Morphée. Certes ce fut bref mais je suis un peu plus ragaillardi.

 

Villaines-la-Juhel (mercredi 24 août 14h33 - km1009)

PBP2011 5De côtes en côtes, sous la chaleur, alors que j'approche de Villaines-la-Juhel je rencontre Jean-Claude.

Il est chargé par l'organisation de sécuriser le carrefour très dangereux avec la RN12 à Le Ribay. La circulation intense de gros camions sur cet axe rend difficile sa traversée. J'échange avec lui mes impressions, il me donne quelques renseignements sur l'accident mortel de la veille. Après ses encouragements je me lance sur les dix-huit derniers kilomètres qui me séparent du contrôle de Villaines-la-Juhel. J'ai atteint les 1000km, j'ai un peu plus de 2h00 de retard sur mon programme, mais j'ai encore de la marge. C'est donc serein que j'effectue mon pointage. Je me restaure et comme en 2007, je m'allonge sur un banc pour dormir quelques 20mn avec toujours le petit réveil proche de mes oreilles. Je n'ai plus que trois bonds à faire avant de franchir la ligne d'arrivée.

 

Mortagne-au-Perche (mercredi 24 août 20h00 - km1090)

Dans le milieu de l'après-midi je quitte Villaines. Le vent favorable me pousse. A Fresnay‑sur‑Sarthe je m'engage dans une mauvaise direction. Heureusement je me rends compte assez vite de la méprise et après un demi-tour, je retrouve le parcours et des cyclos au loin dans une longue ligne droite.

Il fait chaud et je profite de la gentillesse d'un spectateur qui a installé en bordure de route un point d'eau. Abrité sous un parasol, un peu avant St-Rémy-du-Val, il me dit qu'il a eu du succès et je veux bien le croire.

En traversant la ville de Mamers, autre arrêt. Le club local a planté un barnum et offre boissons et ravitaillement. Merci aux bénévoles car il faut quelques forces pour sortir de la ville par une route pentue et rejoindre Mortagne-au-Perche.

Pour atteindre ce point de contrôle il faut se le gagner car l'accès est raide. Mais enfin j'y suis. Il est 20h00. Malgré près de 3h00 de retard sur les prévisions, j'ai 16h00 pour faire les 140 derniers kilomètres. Je m'accorde donc un peu de temps. Je me restaure et je vais dormir dans le gymnase aménagé à cet effet. Je repars vers 22h00 après avoir pris un en-cas au point restauration. J'y croise le président Lamouller avec son frère. Ils viennent d'arriver et ils vont également s'accorder du repos.

 

Dreux (jeudi 25 août 03h22 - km1165)

Je ne me sens pas trop mal mais je n'ai pas bien dormi. Je repars dans la nuit et il fait frais. JePBP2011 6 n'aurai pas longtemps à grelotter car jusqu'à Longny-au-Perche les côtes sont sérieuses et longues. Je trouve que je ne les négocie pas trop mal par rapport à 2007. J'ai laissé quelques forces de plus et cela s'ajoute à la fatigue qui se fait ressentir. J'éprouve un besoin urgent de dormir. Je recherche, et je ne suis pas le seul, un coin pour m'allonger. De nombreux cylos cachés sous leur couverture de survie tentent de trouver un sommeil réparateur. Je m'assieds contre un grand mur d'enceinte sous une partie boisée et ferme les yeux quelques instants. La fraîcheur m'envahit et me pousse à repartir. Pourtant après quelques kilomètres je m'arrête à nouveau dans un village car je ne peux pas continuer de rouler en me mettant en danger. Je trouve dans une ruelle un porche qui m'abrite bien et, allongé à même le sol, je dors environ 20mn.

Cela va mieux après ce court repos mais la route plate jusqu'à Dreux est languissante. J'y arrive au milieu de la nuit. J'ai 04h00 de retard sur mon programme mais près de 08h30 pour parcourir les soixante-cinq derniers kilomètres. Donc pas d'affolement. Je m'attarde 01h00 environ. Je m'alimente bien et je me repose sur un coin de table.

 

Saint-Quentin-en-Yvelines (jeudi 25 août 08h30 - km1247)

J'attaque donc cette dernière étape confiant et hormis un problème matériel ou physique, je devrais arriver dans le délai de 90h00.

C'est au lever du jour que j'approche de la région parisienne et la côte dans la forêt de Gambaiseul est longue et raide, mais je la franchis sans m'affoler. Il n'est pas question de faiblir à cet instant. Les embouteillages freinent ma progression mais à vélo j'avance quand même plus vite que les voitures et en entrant dans Saint‑Quentin-en-Yvelines la voie se dégage. Je suis un peu euphorique, mon coup de pédale ne faiblit pas, au contraire je force l'allure et l'arrivée à Guyancourt au gymnase des Droits de l'Homme est formidable. De nombreuses personnes nous accueillent et nous applaudissent. C'est un véritable réconfort et c'est un moment émouvant. Je pose mon vélo et je vais pointer pour la prise en compte de mon heure d'arrivée. J'ai parcouru 1247km en 86h04.

Bon, il va falloir que j'appelle Joseph car j'ai aussi pédalé pour lui sachant qu'il porte beaucoup d'intérêt pour cette épreuve. En quelque sorte, comme il dit il a refait un Paris-Brest-Paris par procuration.

Mais à peine ai-je rendu mon carnet de route que mon téléphone portable sonne, c'est Joseph et comme il suit en direct il a réagi rapidement. Avec Marie-Noëlle, ils me félicitent et je les en remercie vivement.

 

En conclusion je partage ce qu'écrit Joseph sur son blog : "Que de souvenirs tu vas encore garder de ton 2ème Paris-Brest-Paris! La fatigue et les douleurs seront vite oubliées. Il ne restera que les instants de bonheur, les rencontres, la chaleur de l'accueil sur les routes de Mayenne et de Bretagne, les encouragements des villageois en pleine nuit. Tu arriveras même à te demander si tout cela était bien réel."

Oubliée la lutte contre le sommeil, oubliés les moments de souffrance tant cet événement a suscité de l'enthousiasme auprès des populations sur ces terres de cyclisme, mais aussi auprès de mes camarades de club que Joseph a su captiver en tenant un journal de bord sur son blog. Merci à tout le monde.

Cette aventure humaine dans le monde des randonneurs est un moment unique que chacun vit suivant son désir. J'ai savouré chaque instant au gré des paysages traversés et des personnes rencontrées.

Y aura-t-il pour moi une 3ème édition en 2015? C'est trop tôt pour le dire.

 

Daniel Arnaudet

Cahors Cyclotourisme                                                             Photos de J.C. Millot

                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

 

 


23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 07:30

Notre ami Cyclo Daniel ARNAUDET participe depuis dimanche au Paris-Brest-Paris randonneur 2011-

Pour le suivre tout au long de ces 1230Kms de randonnée cliquez ICI et ensuite entrez son n° de plaque (2297) et vous suivrez son avancement tout au long des 15 étapes qu'il doit réaliser en 82h00.

encourageons-le

 

suivez la progression de Daniel avec plus de détails sur le site personnel de Joseph Guégan

 

Ci-dessous tableau d'avancement actuel

Contrôle Heure Cumul
St Quentin en Yvelines 21-08  18:25 0h00
Villaines La Juhel 22-08  04:54 10h29
Fougères 22-08  09h36 15h11
Tinteniac 22-08  14:46 20h21
Loudéac 22-08 19h57 25h32
Carhaix-Plouguer 23-08  04h26 34h01
Brest 23-08  11h00    40h35
Carhaix-Plouguer 23-08  16h52  46h27 
Loudéac 23-08  21h23    50h57
Tinteniac 24-08  05h09 58h44
Fougères 24-08  08h33  62h08 
Villaines La Juhel   24-08  14h33 68h08 
Mortagne au Perche   24-08  19h57
73h32
Dreux 25-08  03h22  80h57 
Arrivée - St Quentin en Yvelines 25-08  08h29  86h04 
Kilomètres parcourus : 1230 

 

Bravo Daniel, tu viens de réussir un vrai exploit ,1230Kms en 86h04.

Toutes les félicitations de la part de tous les Cyclos du club.

Nous sommes très heureux pour toi.

22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 16:56

 

Est-ce simplement le hasard du calendrier ou bien plutôt un effet de notre frustration, bien cachée au plus profond de nos deux subconscients, de ne pas pouvoir participer à l'édition de 2011 après avoir échoué à celle, apocalyptique, de 2007 ?  Allez donc savoir !  

Nous avions, Fabienne et moi, depuis quelque temps déjà, 2 rendez-vous à honorer sur Maurepas, mon ancienne résidence, et sur Paris intra-muros. Et c'est justement le week-end du départ du PBP2011 qui a été choisi pour tenir nos engagements.

L'itinéraire Maurepas-Paris passe à 2 pas du "Rond-point des Sangliers" à Guyancourt et du Gymnase des Droits de l'Homme, lieu de départ du Paris-Brest-Paris, du contrôle des machines et de rencontre pour les participants de toutes nationalités, le week-end précédent le départ. 

Je crois bien que c'est la voiture, seule, qui a pris l'initiative du détour et de l'arrêt, ce samedi en fin de matinée ! 

 

Affiche PBP2011

Le caractère cosmopolite et polyglotte de cette manifestation est à chaque édition plus frappant !

Dés le passage-piétons souterrain d'accès au gymnase, c'est en entendant, derrière nous, un guttural:

- " Pardong ! "

que nous nous en sommes rendu compte. Priorité aux inscrits! Nous avons donc laissé passer ce couple asiatique à bicyclette.

- " Mercing ! "

 

Beaucoup de monde dans la salle du gymnase, réservée à la remise des dossiers! Partout des tables avec des inscriptions en français et en anglais ! ... et des participants qui se faisaient photographier près des nombreux drapeaux.

 

A la sortie, un stand touristique de la province de Gijon, en Espagne! 

 

  Une hotesse très persuasive a beaucoup insisté, en espagnol, pour que nous nous munissions d'une brochure de présentation de la Semaine Européenne de Cyclotourisme (l'autre Semaine Fédérale !) organisée en juillet 2012 dans cette ville.

 

Gijon est bien connu des randonneurs longues distances pour être le pendant de Brest sur le PBP ibérique : Madrid-Gijon-Madrid !

 

Au dehors, nous remontons le parcours suivi par les concurrents pour subir le contrôle de leur machine.

  

Ménage à Trois PBP2007

Nous voyons arriver vers nous, un inscrit anglophone qui arbore fièrement un appareil photo solidement fixé sur le casque, à cet endroit même que le participant lambda  réservera plutôt à sa lampe frontale. 

 

C'est l'occasion pour Fabienne de se rendre compte qu'elle a oublié son propre appareil dans la voiture. Il faudra donc vous contenter de cette photo d'un étrange ménage à 3 !

Preuve, s'il en était besoin, de l'atmosphère très particulière de cette épreuve de tous les exploits où règne un esprit de fête !

 

La file est longue mais les cyclos sont patients ! Dans un coin du stade, une table dressée par la forte délégation japonaise, distribue à leurs participants un foulard créé pour l'occasion. D'autres délégations arborent fièrement des maillots spécifiques saluant l'évènement. Mais c'est, tout de même, celui proposé par l'organisateur, l'Audax Club Parisien qui revient le plus souvent... au détriment des maillots de clubs.  

 

Pas facile, dans ces conditions, de reconnaître des têtes francophones connues ! Mais nous en rencontrons tout de même, surtout des franciliens ! C'est l'occasion pour nous d'échanger des souvenirs et de remettre quelques brochures sur Pâques En Quercy 2012. Et d'obtenir quelques promesses en retour !

 

Nous arrivons au lieu de contrôle pour découvrir que notre ami Jean Claude Millot y tient un rôle capital d'aiguilleur pour "fluidifier" le trafic !

Il trouve tout de même le temps de nous saluer rapidement. Déjà repris par sa tâche, c'est en faisant de grands signes pour indiquer au premier de la file un poste de contrôle qui vient de se libérer, qu'il nous annonce que nous venons de manquer Daniel Arnaudet, le seul représentant de notre club, d'une demie heure. Il devait sortir par une issue du stade au moment où nous y entrions par l'autre. Dommage !



Sans avoir rien prémédité ni cherché à connaître son emploi du temps pour le laisser tout à ses préparatifs, nous avions tout de même le secret espoir de pouvoir lui souhaiter bonne chance.

 

Vous pouvez suivre son parcours et laisser des commentaires pour l'encourager sur notre site à la suite de l'article et du suivi rédigés par Bernard Pradié.

Vous pouvez également prendre connaissance de sa progression ainsi que de celles de Bernard Aussilou et de Dominique Lamouller, nos présidents de Ligue et de Fédération sur le site personnel de Joseph Guégan qui fait encore cette fois, au profit exclusif de Daniel ce qu'il avait fait en 2007 pour les 3 représentants du club !   

 

Aux dernières nouvelles, tout va à peu près bien pour lui !

 

Courage Daniel

 

Roland Mangin

26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 09:30

 

2011 Diagonale M-H 1 (3)Diagonale Menton-Hendaye, prudence !

C’est une des plus courtes, avec moins de relief, mais attention au vent contraire, ai-je souvent entendu ou lu. C’est avec cette idée en tête et mille questions que je me suis lancé dans cette nouvelle aventure.

Le transport à Menton, en train, ne fut pas trop astreignant. Quand je débarque, je pars faire un repérage pour prendre la bonne route demain matin. A la croisée de deux rues je tombe roue à roues avec deux diagonalistes de Viry-Chatillon. Ils arrivent d’Hendaye et attendent le train de nuit qui doit les reconduire dans la région parisienne. Une bizarrerie sur l’une des plaques de cadre, elle affiche Menton-Hendaye. A croire qu’il l’a faite à reculons. En fait il n’y avait plus de plaque Hendaye-Menton.

 

Dimanche 3 juillet 2011, à 05h00, carnet de route tamponné, je quitte le commissariat de police de Menton. Le fonctionnaire m’indique la route de la Turbie. Temps agréable, température de 20°C, léger vent favorable, que du plaisir. Mais très vite j’attaque sec la montée. Cependant c’est un itinéraire nettement mieux que par la petite ou moyenne corniche. En plus la vue sur la baie est somptueuse, la mer est calme et tout est encore endormi. Je poste à La Turbie la carte « départ », puis tranquillement je franchis le col d’Eze et j’arrive en trombe dans Nice.

Je rencontre deux cyclistes qui partent pour leur sortie dominicale. Ils me proposent gentiment de m’accompagner un bout de route. Il est 07h00, il y a peu de voitures et le long de la promenade des Anglais, il fait bon rouler. Je me trouve ainsi dans un flot de cyclistes, eux sur leur frêle monture, moi avec sacoches avant et arrière. Pas de remarque désobligeante de leur part. Corrects, voire même indifférents. Puis nos chemins divergent.

Après Villeneuve-Loubet, la montée vers Grasse se fait lentement mais sûrement. Je me souviens d’odeurs de parfum que j’avais connues il y a quelques années, en vacances dans la région. A défaut, le chant des cigales, de plus en plus fort que s’élève la température, enivre tout autant. Quel concert, quelle chaleur, et quelle partie de toboggan jusqu’à Draguignan, premier arrêt contrôle. J’effectue quelques achats dans une épicerie pour reprendre des forces.

Je poursuis sur cette route brûlante. Je m’asperge fréquemment les bras, les jambes, le visage et le haut du crâne. Le retard par rapport à ma feuille de route s’accumule, à cause du vent mais aussi en raison de mes nombreux arrêts buvette. C’est aussi l’occasion de prendre un peu de fraîcheur à l’ombre des platanes où il n’est pas rare de trouver quelques personnes attablées et d’engager une courte conversation. Les provençaux sont bien sympathiques.

Plus j’avance dans cette Provence, au pied du Luberon, et plus le vent accentue mon retard. J’avise donc l’hôtel à Arles de mon arrivée plus tardive. Au pied de la chaîne des Alpilles, je ne verrai pas les Baux-de-Provence, ni le moulin de Daudet près de Fontvieille car il fait déjà nuit. Pour rejoindre Arles-Sud, terme de cette étape, j’avais tracé un itinéraire depuis Paradou, par des petites routes à travers des marais asséchés. Mal m’en pris d’avoir opté pour cette solution car je me suis perdu. Je suis seul dans la nuit, sans panneau indicateur. Par chance j’intercepte un véhicule. Le conducteur me dirige et m’indique de suivre la direction de l’abbaye de Montmajour dont la silhouette massive se détache à l’horizon.

Arrivé aux portes d’Arles je cherche mon lieu d’hébergement pour la nuit. Point d’hôtel à l’horizon. Alors que je m’engage sur une route, un véhicule de la police nationale m’invite à m’arrêter. Je me trouve par erreur sur la voie rapide, interdite aux cyclistes. Après m’être excusé, l’un des policiers m’indique l’hôtel.

Ouf ! Enfin arrivé. Il est 23h00 et j’ai parcouru 314km.

 

Lundi 4 juillet 2011 je repars à 05h30 de l’hôtel Ibis après un petit-déjeuner copieux préparé si tôt par le veilleur de nuit. Le ciel est un peu couvert et le vent n’a pas cessé, même s’il a baissé en intensité.

Dès le départ une autre erreur de parcours m’envoie vers Port-Saint-Louis, au lieu d’Aigues-Mortes. Et résultat quelques kilomètres en plus au compteur. La traversée de la plaine de la Camargue ne me met pas en avance car la force du vent s’intensifie. Dans ce mélancolique paysage de marais et d’étangs se dresse au loin les remparts d’Aigues-Mortes. Je les contourne par la droite pour rejoindre le littoral, via le Grau-du-Roi, la Grande-Motte, Palavas-les-Flots.

Ma progression est d’autant plus lente que les feux tricolores sont nombreux. Cela demande plus de vigilance et d’attention aux directions à prendre. La feuille de route c’est une chose, sur le terrain cela en est une autre. Et ce diable de vent qui a vraiment décidé de me contrarier.

Il fait de plus en plus lourd, je m’arrête souvent pour étancher ma soif. Je fais même une pause sous un arbre, bien à l’ombre pour manger une barquette de taboulé et quelques biscuits.

Le contournement de Montpellier et de Béziers m’a posé des problèmes de navigation qui, liés au vent et à la chaleur, contrarient ma progression.

A Poussan je cherche la route de Loupian. Des autochtones, bien gentils, me renseignent mais cela ne suffit pas. Après plusieurs kilomètres je me retrouve coincé dans une carrière. Je suis obligé de faire demi-tour et d’avaler quelques bosses assez sévères. Finalement je trouve ma route mais j’ai perdu du temps.

A Vias je contourne Béziers par le sud, pour éviter la N112 très chargée. Mais que faire, à la croisée de chemins sans panneau indicateur. Heureusement il y a de bonnes âmes. Ainsi pour rejoindre Portiragnes, un cycliste, retraité sans doute, mais fort sympathique, propose de m’accompagner pour m’indiquer la bonne route. Cela ne le gêne pas car en attendant de regarder le tour de France à la télévision, il va toujours faire un tour de vélo, histoire de se mettre en condition pensais-je. Merci quand même l’ami. Dans un dédale de chemins je parviens à Portiragnes.

Pour rejoindre Capestang, mon cinquième contrôle, je n’hésite pas à m’élancer vers l’Oppidum d’Ensérune à quelques 120m de hauteur, sur une colline rocheuse, à la pente raide, d’où l’on domine les plaines alentours sur les régions de Béziers et de Narbonne. Cet intermède n’était pas prévu. Je croyais vraiment rejoindre Capestang plus directement. La fatigue certainement a émoussé ma vigilance et mon attention. Je fais demi-tour après quand même avoir admiré le paysage qui s’offre à mes yeux. Je dévale cette bosse pour reprendre la bonne route.

Au contrôle du carnet de route à Capestang, je fais le point. Il est 18h30, j’ai trois heures de retard sur mon horaire, beaucoup de kilomètres en plus, le vent contraire souffle fort et il fait chaud et lourd. Je n’ai pas prévu de m’arrêter ici mais à Bram, 85km plus loin. Je repars doucement, mais en passant devant un hôtel à la sortie de la ville, je n’hésite pas, je m’arrête. Je décide de prendre du repos ici et surtout de manger chaud. Coup de téléphone pour annuler ma réservation à l’hôtel de Bram.

Je n’ai malheureusement parcouru que 208km pour cette journée.

 

Mardi 5 juillet 2011, je repars à 02h15. J’ai mal dormi, trop chaud et hôtel assez bruyant avec passage de véhicules. Comme le rendez-vous avec Bernard Lescudé est fixé aux alentours de 10h00 ce matin, il fallait bien se lever tôt.

Quand je mets le nez dehors, je me rends compte que le vent n’est pas tombé. Eh bien, s’il en est ainsi je vais lutter pour rejoindre Hendaye à quelques 500km de là. Non mais, ce n’est pas un peu de tramontane qui va m’arrêter.

A cette heure matinale je suis particulièrement seul sur cette route minervoise qui relie Béziers à Carcassonne. Faisant abstraction de mon principal rival je me concentre sur la gestion de mon effort, changement de braquet au moindre faux-plat, alimentation, mais aussi vigilance sur l’état de la route.

Après Capendu, une déviation est mise en place en raison de travaux 8km avant Carcassonne. J’hésite à la prendre car je ne sais pas où elle va me mener. Comme il est de bonne heure je me dis qu’il n’y a personne sur le chantier. J’enfreins cette interdiction et je m’élance sur la route. Une croûte du bitume est grattée mais c’est roulant.

A Trèbes je pensais contourner Carcassonne par le nord, en longeant l’Orbiel. Finalement j’opte pour rejoindre la cité directement. Je trouve de nouveau des travaux à la sortie de Trèbes après le passage sous la voie ferrée. La circulation se fait à double sens sur une voie étroite où commencent à circuler de nombreux véhicules dont des camions. Tant pis je prends sur la droite la large voie en réfection interdite à la circulation mais pouvant être autorisée aux riverains. J’ai bien fait car je traverse sans encombre le centre ville.

Après un petit arrêt dans une boulangerie, en route pour Bram mon cinquième contrôle. Lorsque je l’atteins, j’ai rattrapé un peu de temps perdu, mais la route est encore longue. Le vent a un peu faibli. Pour l’instant pas d’autre erreur de navigation. Dans cette vallée de la Vixiège, il fait bon rouler et la température est agréable. Il fait soleil et le vent plus faible. En prime une vue sur les Pyrénées que je garderai jusqu’au coucher du soleil.

Après Belpech mon attention est plus en éveil et je scrute chaque cycliste que je peux croiser. A2011 Diagonale M-H 1 (1) quelques encablures de Saverdun j’aperçois un grande silhouette, et plus je m’approche, plus je devine qui se cache derrière le viseur de l’appareil photo. C’est Bernard Lescudé, du service accompagnement routier. Passage à son domicile à Saverdun pour un solide casse-croûte. Puis je me remets en selle. Je lui fais remarquer qu’en plus de mes bagages, je porte sur mes épaules le poids du passé. En effet le Pont Valentré, chargé de plus de 700 années d’histoire, orne le dos du maillot du club. Je le remercie pour l’accueil.

Je sais à ce moment qu’il me faut, pour arriver dans les délais, rouler toute la nuit prochaine. Le soleil chauffe de plus en plus et le vent n’est toujours pas favorable. Avant et après Saint-Sulpice-sur-Lèze, sixième contrôle, je rencontre deux bonnes côtes pour atteindre la Garonne et prendre la direction du Pays Basque.

Je rejoins la D817, ex N117, axe Toulouse-Bayonne, jadis énormément fréquentée mais aujourd’hui plus calme, mais c’est relatif. Pendant plus de 200km elle va me faire souffrir.

J’arrive à Lannemezan, septième contrôle, à une heure à laquelle je dois penser à faire quelques emplettes pour me restaurer et attaquer cette longue nuit. Après un repos un peu plus long je repars.

J’ai bien aimé la longue descente après Lannemezan, qui mène à Tournay. Je n’ai pas aimé les côtes entre Bordes et Tarbes et celle de Ger après Tarbes. En plus en quittant cette ville un gros nuage menaçant au-dessus de ma tête a déclenché de fortes rafales de vent de face, dans de longues lignes droites. Mortel !

La nuit venue tout s’est calmé un peu. Après le long contournement de Pau par la rocade nord, je rattrape la route d’Orthez. Je ne regrette pas d’effectuer cette partie de nuit. En effet je suppose que dans la journée cela doit être plus compliqué avec la circulation. Mais cela n’est pas ennuyant car la route via Lacq est largement éclairée. Toutefois je ressens un coup de fatigue.

J’arrive à Orthez, mon huitième contrôle, à 02h00(Mercredi 06 juillet 2011), soit 01h00 avant l’heure de départ que j’avais prévue si j’avais fait étape ici. Je suis satisfait d’avoir rattrapé mon retard. Je m’accorde ¾ heure de sommeil sur un banc. 

2011 Diagonale M-H 1 (4)  La sonnerie du réveil que j’avais programmée me rappelle à la réalité. Il me faut poursuivre pour arriver avant 11h00.

Je n’ai plus trop de fraîcheur et vaille que vaille, j’atteins les rives de l’Adour après Peyrehorade. Je sens bien quand même un manque de sommeil, et à Bayonne je poste la carte « arrivée ». Je prends la route de Biarritz tout en faisant attention de ne pas me tromper. Je monte, je tourne, je vire, et je me retrouve soudain de retour vers Bayonne. Que s’est-il passé ? Je ne sais pas. Après quelques renseignements auprès de passants, je suis lancé sur la bonne route. Mais après Saint-Jean-de-Luz, à Ciboure, je me retrouve, sans le vouloir, sur la route de la corniche basque. En effet j’avais prévu d’aller direct à Hendaye par l’ex N10. Toutefois je ne regrette pas ce détour car la vue est belle et il n’y a pas de vent contraire. Par contre il y a des bosses.

Le final sur Hendaye-Plage est très descendant. Je suis un peu désorienté et je cherche le commissariat de police. Je longe la plage, la houle est forte et des surfeurs affrontent les vagues. Finalement c’est à Hendaye-ville, tout au bout de la plage que je trouve l’hôtel de police. A 09h30 la charmante fonctionnaire appose le cachet tant attendu sur mon carnet de route. Elle couche également mon nom sur un registre dédié à tous les diagonalistes qui partent ou arrivent ici.

J’ai parcouru 506km et j’ai hâte de dormir un peu.

C’est ma 9ème diagonale, la dernière de la série et satisfait de l’avoir réussie malgré quelques contretemps.

 

Daniel Arnaudet

5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 11:01

 

Vous le savez, l'été de Daniel Arnaudet, notre Gentil Organisateur de 2 Jours entre Lot et Dordogne, sera chaud, très chaud.

Il est parti ce dimanche 3 juillet de Menton à 5 heures du matin pour tenter de réaliser sa 9ème diagonale de France, la dernière qui manque encore à son palmarès.

Nous avions un informateur sur sa route en la personne de Bernard Lescudé que le club connait bien depuis qu'il est venu nous parler de mécanique.

 

2011 - Menton Hendaye

Voici son message:

  

Daniel Arnaudet est passé ce jour à Saverdun sur sa diagonale Menton-Hendaye.

 

Malgré un léger retard dû au vent de face, hier, dans la région de Béziers, il devrait atteindre le pays basque demain midi.

 

Sa vitesse de progression étant trop élevée pour une photo correcte, nous avons préféré le prendre "au repos".

 

Amitiés

Bernard Lescudé  

 

 

 

Daniel avait prévu d'arriver mercredi 6 juillet vers 8h30 à Hendaye et de rentrer, "tranquillement", à vélo sur Cahors pour poursuivre sa préparation au Paris Brest Paris en août.

Celle-ci ne sera guère interrompue par sa participation à la Semaine Fédérale de Flers du 31 juillet au 7 août.

 

Courage Daniel, tu y es presque!

 

Roland Mangin   

 

 

 

30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 05:45
Conformément à l'article 8 du Règlement des Diagonales de France, Daniel a rédigé le compte rendu de sa randonnée qu'il va adresser au Délégué Fédéral accompagné de son carnet de route.
COMPTE RENDU
de la diagonale DUNKERQUE-MENTON
réalisée du 27/06/2010 au 01/07/2010
par Daniel ARNAUDET

Dimanche 20 juin 2010 lors de la randonnée Figeac – Super Lioran - Figeac, 07h00 du matin, col de Cère (1370m) à Super Lioran (15) il fait à peine 3°C et il pleut avec des bourrasques de neige. Dimanche 27 juin 2010, premier jour de ma diagonale, dans le Pas-de-Calais, vers 14h00, il fait déjà 30°C. Pour dire que le corps doit s’adapter rapidement aux brusques changements de température et d’autant plus pour un diagonaliste soumis aux caprices de la météo.
En partant de Cahors, je savais que la semaine qui allait suivre serait chaude et même très chaude. Je remonte dans le Nord en train. Passage obligé par Paris avec changement de gare. Je rallie la gare du Nord à vélo.
En attendant sur le quai j’aperçois un cyclo équipé un peu comme moi. Il a l’œil rivé sur le panneau d’affichage, dans l’attente de l’annonce du numéro de la voie de départ. Dès que ce numéro magique apparaît, c’est la ruée. Je fonce pour trouver le bon wagon réservé au transport des vélos. Je monte et accroche ma monture à l’endroit idoine. Puis arrive le cycliste aperçu quelques instants plus tôt. Il semble un peu inquiet et monte également son vélo. Il s’agit bien d’un diagonaliste, la plaque de cadre en atteste « Dunkerque-Perpignan ».
 
Il habite Seysses, près de Toulouse. C’est un gars du Sud-ouest, comme moi. Nous avons réservé, sans le savoir, une chambre dans le même hôtel à Dunkerque. Nous partons le même jour, mais pas à la même heure, lui à 07h00, moi à 09h00. Puis nos routes se sépareront après Bergues.


Dimanche 27 juin 2010, le beau temps est là, le ciel est bien bleu et la température est agréable pour le moment.

Le vent ne m’est pas favorable malheureusement. Après un passage devant l’hôtel de ville de Dunkerque et la statue de Jean Bart, j’oblique vers la rue nationale, la rue de Beaumont et la rue de Furnes. J’arrive sur le pont des Moëres et je rattrape la route de Steedam, D72, tranquille où quelques cyclistes s’adonnent à leur passion. Elle me conduit directement à Bergues où je poste ma carte « départ ».
Je repars sur des routes relativement plates. Le mont Cassel dont je m’approche au plus près, rompt cette monotonie.
  Avant de prendre le départ à 09h00, je flâne un peu dans les rues de Dunkerque et sur le quai des Hollandais. Je m’approche même du village départ du Tour de France à la voile qui a lieu ce jour-là. Des bateaux bien alignés s’apprêtent à régater pendant deux jours. Quelques photos et je me rends au commissariat, où l’agent de service tamponne mon carnet de route. A 09h01, je mets les voiles, cap plein sud, vers la belle bleue.
Après un arrêt dans une supérette pour des achats alimentaires. A La Bassée, je recherche un endroit ombragé et je m’installe un instant pour manger. Il fait de plus en plus chaud et j’enlève une pelure de plus. En repartant je fais une erreur de parcours. Je me dirige vers Lille pour me retrouver sur une voie rapide interdite aux vélos. Demi-tour et carte en main, nouvelle et bonne orientation. J’aurai six kilomètres de plus au compteur. A l’approche de Lens, les terrils me rappellent la passé minier de cette cité. Je la traverse sans trop de difficultés.
Mon prochain contrôle à Vitry-en-Artois est le bienvenu. Dans ce bar je peux étancher ma soif et remplir mes bidons d’eau fraîche, mais pas pour longtemps malheureusement. Le terrain est plus vallonné, le bitume chauffe et le vent contraire fait semblant de me rafraîchir. Je n’hésite pas à asperger mes bras, mes jambes, ma nuque, mon visage et ma tête. Cette sensation de fraîcheur m’aide à supporter les brûlures des rayons du soleil.
 
En ce dimanche, il est difficile de trouver un point d’eau. Je profite parfois de la gentillesse des habitants. Ainsi à Crécy-sur-Serre (02), une dame m’a offert de l’eau bien fraîche sortie de son réfrigérateur. Cela m’a donné un petit coup de fouet. Je l’en remercie.
Tranquillement et patiemment, je termine cette journée surchauffée. J’arrive au terme de cette étape à Laon. La partie la plus ancienne (ville haute) est édifiée sur une butte. Elle domine la plaine environnante d’une centaine de mètres. Cela fait environ une dizaine de kilomètres que je l’aperçois.
Il est 20h15 et j’ai parcouru 226km pour une dénivelée de 925m.

Lundi 28 juin 2010, je repars à 01h50. La nuit fut courte car la journée que j’attaque est celle la plus longue. Comme j’avais le feu sur moi j’ai fait la « momie ». Allongé sur le lit, j’ai mis sur mon corps et mes bras la serviette humide dans laquelle j’ai essoré mes vêtements pour les sécher plus vite. Sur mon front j’ai posé le gant de toilette également humide. Par cet effet ma peau revient à température normale.
Je ne regrette pas ce départ matinal. Il fait bon rouler. L’hôtel Campanile qui m’a hébergé est situé sur le parcours. Je file directement vers Reims par la D1044, ex-RN144. A cette heure quasiment pas de circulation. Un relief pratiquement plat, un temps clair. Un régal sur près de 50km.
J’entre dans Reims pour la traverser de part en part. Des travaux sont en cours au cœur de la ville, vraisemblablement ceux du tramway. Difficile de trouver ma direction. Je m’adresse à deux jeunes qui, gentiment, m’orientent parfaitement. Je longe un moment le canal de l’Aisne à la Marne. La ville est encore endormie. Pour m’assurer d’être toujours sur le bon itinéraire, alors que j’attends à un feu tricolore, je m’adresse à une voiture qui vient de s’arrêter derrière moi. C’est un véhicule noir aux vitres teintées. Je lève la main comme pour poser une question. Je suis à la hauteur du passager avant, la vitre s’abaisse et j’aperçois à l’intérieur deux hommes. Tous deux sont vêtus de sombre. Le passager un peu ours, à ma question me répond « Cormontreuil, c’est tout droit ». Puis le conducteur, comprenant mieux certainement mon inquiétude me dit, « au prochain pont vous tournez à droite ». Je les remercie. J’ai bien vu sur leur poitrine l’insigne de la police nationale. Certainement des gens de la BAC en patrouille et interrogatifs sur ce cycliste parfaitement bien équipé, en éclairage et en vêtements réfléchissants. Rien à dire !
Le jour se lève quand je franchis la montagne de Reims et que je traverse le vignoble du Champagne. Et avant Louvois çà monte assez dur. Puis après à Condé-sur-Marne le terrain est plat. C’est avec un peu d’avance sur mon plan de route que j’arrive à Châlons-en-Champagne, la préfecture de la Marne alors que Reims est la ville la plus peuplée de ce département. Au contrôle, je trouve une boulangerie ouverte. Malheureusement la boulangère ne possède pas de tampon du magasin. Elle me dit qu’à cette heure je ne trouverai rien d’ouvert. Ce cachet si précieux fera défaut sur mon carnet de route. Par bonheur, il y a juste à côte une boîte à lettres. Je prends une carte postale, j’y inscris les renseignements obligatoires, un timbre et hop ! je la poste.
Après un solide sandwich à la rosette et aux légumes je reprends la route. Le vent s’est levé, toujours défavorable. Je peux dire que cela va bien. La température monte toujours et les arrêts boissons ponctuent ma longue traversée.
Au sein du parc naturel régional de la forêt d'Orient je passe à Brienne-le-Château dont la ville est dominée par une butte sur laquelle est construit le château auquel elle a donné son nom.
A Bar-sur-Aube située dans la partie méridionale de la région Champagne-Ardenne, je fais quelques emplettes. Dans le magasin où j’entre je suis saisi par la fraîcheur du lieu climatisé. Quel contraste avec l’extérieur. Je recherche des boissons rafraîchissantes mais aussi du solide. Ainsi ravitaillé je repère un endroit ombragé pour m’alimenter et me reposer quelques instants.
Sous une chaleur écrasante je poursuis. Je traverse la forêt de Clairvaux. Je longe la maison centrale et ses longs et hauts murs interminables. Mon prochain arrêt contrôle est à Ville-sous-la-Ferté. C’est une petite commune où je ne trouve aucun commerce ouvert. Il est 12h50. La seule station-service qui pourrait me dépanner n’ouvre qu’à 14h00. Impossible d’attendre jusque là. J’use à nouveau de la carte postale que je glisse dans la boîte à lettres toute proche.
Le relief est actuellement un peu plus accidenté et cela monte légèrement. Je quitte la vallée de l’Aube et j’entre en Bourgogne et plus particulièrement dans le département de la Côte d’Or. Je traverse des parties boisées qui m’apportent de la fraîcheur. Les grandes cultures végétales - céréales et oléagineux - dominent le paysage agricole.
J’arrive aux portes de Dijon, à Genlis où je fais halte à l’hôtel de France. Je me trouve en avance sur mon tableau de marche. Je suis un peu éprouvé par cette journée et les quelques personnes attablées à la terrasse de l’établissement semblent interrogatives. Quelle idée de faire du vélo par cette chaleur, pensent-elles. Mais comme j’ai hâte de me désaltérer et de passer sous la douche, je pose ma monture et je récupère mes bagages sans tarder.
Il est 19h10 et j’ai parcouru 335km pour une dénivelée de 1552m.

Mardi 29 juin 2010 je quitte l’hôtel à 03h45 après avoir pris un petit déjeuner qui se trouve à ma disposition dans la salle à manger du restaurant. Cette attention mérite d’être soulignée.
La nuit est encore claire, la température est agréable et je roule sur une partie plane. Je longe le canal de Bourgogne, je franchis la Saône et le Doubs pour arriver dans la Bresse. Cette région qui ondule, de type bocager, agricole, est surtout connue par son élevage de volailles. De grands panneaux publicitaires me le rappellent.
J’ai également vu à Mervans une église au clocher tors aux tuiles vernissées. Je la prends en photo mais le contre-jour, au soleil naissant, ne donne rien de formidable. Impossible de la prendre sous un autre angle, des arbres la cachent de ma vue. Tant pis. Cela me rappelle le clocher tors de Viel-Baugé dans l’Anjou lors de la semaine fédérale de Saumur en 2008.
A une heure matinale, je fais une halte à Louhans (71), cité médiévale et capitale de la Bresse Bourguignonne. Je repère une boulangerie où j’achète une viennoiserie. Je poursuis ma route, le soleil réchauffe l’air de plus en plus. Le contrôle de Marboz (01) dans une épicerie me permet de faire quelques emplettes. Installé sur un banc je mange avec bon appétit. J’apprécie aussi la boisson fraîche qui me désaltère. Je peux ainsi repartir ragaillardi.
Après avoir traversé Bourg-en-Bresse (01) assez facilement, le vent jusque là défavorable, a tourné. Il me pousse. Cela me donne des ailes et je franchis plutôt aisément cette partie du parcours, la N75, relativement encombrée, jusqu’à Lagnieu. Nouvelle halte casse-croûte sous un soleil de plomb et dans une ville aux murs surchauffés. Je repère un boucher-charcutier traiteur dont ses produits calent ma faim.
Je me remets en selle et je longe le Rhône qui, dans cette partie, n’est pas très large. Il fait chaud, mais le rythme est bon. Aspersion obligatoire à tous les étages, bras, jambes, nuque, visage et sommet du crâne.
Je mets à profit un arrêt, contrôle oblige, à Saint-Genix-sur-Guiers dans le département de la Savoie, pour m’alimenter à nouveau et boire dans un bar, bien à l’ombre. Je prends quelques instants car j’ai de l’avance. J’apprécie le vent toujours dans le dos. Il me reste à peine 70km pour rejoindre Grenoble, terme de mon étape.
A présent la montagne s’offre à mes yeux et rompt ainsi avec une certaine monotonie du paysage. Le temps devient lourd. Des nuages noirs s’amoncellent au-dessus des monts, le tonnerre gronde. Vers Grenoble l’horizon s’assombrit. Je souhaite, en mon for intérieur un peu de pluie. J’avance quand même serein.
Je franchis le col de la Placette (587m) sans difficulté et je plonge vers Grenoble. Une belle descente, rapide, me conduit à Voreppe. Pour suivre les conseils de Jean-Philippe Battu, je décide de prendre la piste cyclable et rejoindre l’hôtel Campanile à Seyssins (38). Au Lieu-dit Le Chevalon je prends bien la direction de Veurey mais après je cherche cette fameuse piste cyclable. Je trouve une piste qui finalement ne sera pas la bonne puisque je ressors je ne sais où, en pleine circulation, complètement désorienté. J’aborde un vététiste pour me renseigner. Il connaît mon lieu d’hébergement. Il va dans cette direction et me propose de le suivre. Ce jeune a un bon coup de pédale et a tôt fait de me semer dans la circulation. Heureusement quelques feux tricolores le stoppent dans son élan. A un moment il s’arrête, puisqu’il arrive à destination, et il m’indique la direction à prendre. Je lui fais confiance mais je cherche encore un moment l’hôtel. Finalement j’apprends que je n’ai pas pris la bonne rive du Drac et donc la bonne piste cyclable. Enfin tout cela n’est que péripétie.
Il est 18h45 et j’ai parcouru 288km pour une dénivelée de 1298m.

Mercredi 30 juin 2010 je quitte l’hôtel à 05h25. La veille je n’ai pas retrouvé dans mes bagages le réveil. J’ai pensé que je l’avais oublié dans l’hôtel de Genlis. Qu’importe je programme mon téléphone portable pour 04h00. Je précise que c’est la première fois que j’utilise cette fonction. Ce qui devait arriver arriva, je n’ai pas entendu la sonnerie ou bien il n’a pas sonné. Je me réveille en sursaut à 05h00, heure à laquelle je devais partir. En toute hâte je me prépare. J’ingurgite quelques biscuits et des tranches de cake et je quitte l’hôtel en suivant les conseils du responsable des lieux pour rejoindre la N75 non loin de là. Tout a bien fonctionné et avec une demi-heure de retard sur ma feuille de route, j’entreprends la longue montée vers le col du Fau (899m) pour sortir de cette cuvette. A ma droite le massif du Vercors et à ma gauche la rivière Drac. Le paysage est magnifique. La route est large et peu fréquentée à cette heure. Quand je bascule au sommet je domine une vallée que je suis longuement avant d’attaquer le col de la Croix Haute (1179m) qui est vite franchi. Après une halte au sommet dans un point restauration, je me repose un peu. Il fait beau, pas encore trop chaud et le vent est encore favorable.
Une longue partie descendante me conduit sans encombre au prochain contrôle à Serres et me permet de refaire le retard pris lors de mon départ. Un coup de tampon à la maison du tourisme locale, de quoi manger et boire frais dans la sacoche, je m’installe à l’ombre d’un arbre à la sortie de la ville.
Une demi-heure plus tard, je m’élance dans la fournaise. De passage à Sisteron, installé dans un bar, le tenancier me parle de la saison touristique qui commence lentement. De l’hiver qui n’en finissait pas, de la neige qui a fait effondrer sa verrière sur la terrasse, de la coupe du monde de football et de notre lamentable équipe de France.
Je le salue et dans une atmosphère de plus en plus lourde je me dirige vers la route Napoléon via Volonne. Cette N85 est très chargée, tout comme le ciel qui s’obscurcit de plus en plus vers Digne. L’orage menace. J’entends le tonnerre à ma gauche et à ma droite. Je vois bien qu’au loin la pluie tombe. Pour l’instant je passe au travers.
Pour rejoindre Barrême, j’emprunte le « shunt » de Digne. C’est là que le temps se gâte pour moi. Le ciel semblait s’être partagé, m’épargnant son courroux. Le tonnerre gronde de plus en plus fort, il y a des éclairs et quelques gouttes tombent. Je m’arrête pour revêtir mon vêtement de pluie et je repars. A peine ai-je effectué quelques hectomètres que des trombes d’eau s’abattent sur moi. Nul coin pour m’abriter. Je suis seul et contraint à poursuivre. L’eau ruissèle sur l’asphalte, mes chaussures se gorgent de plus en plus. Je dépasse un pauvre chien qui marche sur le bas-côté, tête basse et queue entre les jambes. Je suppose qu’il se demande quel déluge lui tombe sur le poil.
Heureusement cela ne dure pas longtemps et après Châteauredon tout se calme. Je respire beaucoup mieux car tout cela m’a rafraîchi. Avant Moriez un chantier me stoppe presque demi-heure sur la route. Je ne suis qu’à 10km de mon point d’hébergement. Après avoir franchi le court col des Robines (988m) j’arrive à St-André-les-Alpes où je passe la nuit et où je peux faire sécher vêtements et chaussures.
Il est 17h30 et j’ai parcouru 216km pour une dénivelée de 2121m.

Jeudi 1er juillet 2010 je quitte l’hôtel « Lac et Forêt » à 03h30. J’ai très mal dormi. J’avais chaud et quelques moustiques n’ont cessé de m’importuner.
Le ciel est dégagé. L’orage de la veille est passé. C’est un peu vaseux que je remonte sur ma bicyclette. La route m’appartient. Aucun véhicule. Au col de Toutes Aures (1124m) sans grande difficulté, je m’équipe d’un coupe-vent pour cette longue descente dans la vallée du Var. A Puget-Théniers je m’accorde dix minutes de sommeil sur un banc d’abri bus. Plutôt que de me retrouver dans le fossé et par prudence je préfère m’arrêter.
A la sortie du défilé du Chaudran, le vent qui jusque-là me pousse, souffle en sens contraire. Changement radical. Il ralentit ma progression. Après Saint-Martin-du-Var, au lieu-dit « Les Moulins », je tourne à gauche pour contourner Nice et éviter sa traversée. Je ne sais pas si j’ai fait le bon choix et si je ne vais pas regretter la promenade des Anglais.
 
Il est vrai qu’il y a du relief et avec la fatigue de la nuit, je trouve cette fin de parcours assez éprouvante. En plus avant d’arriver à Aspremont, je sens ma roue arrière talonner. Un coup d’œil, mon pneu se dégonfle. Je m’arrête, j’enlève mes bagages et démonte la roue et le pneu. Inutile de réparer, la chambre est fendue au niveau de la valve. Une chambre neuve bien talquée et je remonte le tout sans affolement car je suis toujours dans les délais.
A La Trinité j’envoie ma carte postale « Arrivée » à Marc et Annette et j’attaque la montée vers la Turbie. Avant de passer sous l’autoroute un saut de chaîne me contraint à un nouvel arrêt. Le sommet est proche et bientôt la délivrance. La descente, près de 15km, est belle et ensoleillée. Un petit arrêt en corniche pour prendre une photo sur le cap Martin et quelques yachts amarrés dans la baie.
 
Il est 11h15 lorsque je présente mon carnet de route au commissariat de police de Menton. J’avais prévu d’arriver à 11h00 et le départ différé et les petits incidents mécaniques ne m’ont pas beaucoup retardé.
J’ai parcouru 132km pour 1487m de dénivelée.
Je suis content d’avoir réussi cette 8ème diagonale. Elle m’a paru moins difficile que les deux dernières, Hendaye-Strasbourg et Dunkerque-Perpignan. Malgré la chaleur, je pense l’avoir mieux gérée.
3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 09:10
diagonale 2010 - Photo J.Guégan
  Après un dernier effort pour monter son vélo, lourdement chargé, dans l'escalier de la gare de Cahors, voici Daniel de retour après sa 8èmediagonanale Dunkerque-Menton.

Encore bravo pour cette nouvelle randonnée au long cours.

diagonale 2010 - Photo J.Guégan

Texte et photos: Joseph GUÉGAN, cliquer sur les photos pour les agrandir
28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 10:40
Au matin du 19 juin, par temps incertain, nous étions quatre du Cahors Cyclotourisme à nous élancer pour un périple montagneux de 175 kilomètres.
Nos deux anciens Serge Groc et Jean-Pierre Gardillou ont pris les devants avec un départ à 7 heures. Daniel Arnaudet et moi-même les avons seulement repris dans la très longue côte de Saint-Amans-des Côts, c’est dire leur motivation; la pluie bien froide tétanise les muscles. Malgré tout, les paysages magnifiques gomment quelque peu ces conditions peu clémentes.

Nous allons retrouver Serge et Jean-Pierre au repas de Brommat. Ils ont le sourire aux lèvres, et paraissent en état de grâce tant leur «fraîcheur» est évidente. Pas téméraires, ils vont néanmoins opter pour le circuit raccourci de 155 kilomètres, à peine moins difficile que le plus long.

Au Super-Lioran, col escaladé sous la pluie, ils nous précéderons, et seront devant un « demi » bien avant nous. Serge a eu une petite «panne mécanique», non, pas sur le vélo, mais dans son corps « ferraillé » d’un peu partout, mais qu’importe, demain il repartira sur sa monture.
  Le dîner agrémenté de la traditionnelle « truffade » locale, sera particulièrement convivial, et Serge et Jean-Pierre nous ferons part de petites anecdotes croustillantes ayant jalonné leur parcours professionnel dans la restauration.
Le retour vers Figeac s’avère difficile tant les conditions météo sont exécrables. La température ne dépasse pas les trois degrés, la pluie et les bourrasques de neige tombent abondamment. Les organisateurs ont fait preuve de sagesse en supprimant les passages par les cols du Perthus et du Pas de Peyrol, enneigés. Serge et Jean-Pierre vont faire un tout droit, avec un repas de connaisseur dans la bonne ville de Maurs (ici nommée la Nice du Cantal) et seront à la clôture de la journée peu après nous. Leur défi est relevé et durant le week-end, ils auront parcouru quelques trois cent kilomètres avec courage et ténacité malgré les difficultés de toute sorte.
Bravo à eux ! ils sont pour nous tous un exemple à suivre.
Guy Faure

PS: Il faut préciser que Jean-Pierre et Serge ont été "coaché" à distance par Louis. Un grand réconfort permanent pour eux. C'est cela l'amitié !

 

photo: extrait d'une photo prise par le club de La Farlède

27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 07:00

Ce matin à 9h00, Daniel ARNAUDET a pris le départ de sa 8ème diagonale.
Il a quitté Dunkerque pour rallier Menton.

1167 km pour environ 8000 mètres de dénivelée, à réaliser dans un délai maximum de 100 heures.

Bon courage à Daniel pour ce nouveau challenge. J'espère qu'il ne souffrira pas trop de la chaleur.

Les diagonales sont des randonnées qui relient entre eux les 6 sommets de l'hexagone français : DUNKERQUE, STRASBOURG, MENTON, PERPIGNAN, HENDAYE, BREST.
Après Dunkerque - Menton, il ne lui restera plus qu'une seule à réaliser. Daniel compte les terminer l'année prochaine



Voici les grandes lignes de son plan de route


Pour respecter l'esprit des diagonales il n'y aura pas de suivi de son périple. Nous attendrons donc son retour à Cahors et le compte-rendu qu'il doit obligatoirement produire pour l'homologation de sa diagonale.
En attendant vous pouvez lire les récits de ses diagonales précédentes.

texte et photo : Joseph GUÉGAN

13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 19:21
Conformément à l'article 8 du Règlement des Diagonales de France, Daniel a rédigé le compte rendu de sa randonnée qu'il va adresser au Délégué Fédéral accompagné de son carnet de route.
COMPTE RENDU
de la diagonale DUNKERQUE-PERPIGNAN
réalisée du 05/07/2009 au 09/07/2009
par Daniel ARNAUDET - n° 09140
La veille de mon départ pour Dunkerque, j’apprends en regardant les infos du soir à la télévision qu’un accident ferroviaire s’est produit sur la ligne Paris-Toulouse au sud de Limoges. Une remorque avec son chargement de foin est tombée sur la voie. Deux wagons et la locomotive ont déraillé. Il y a des blessés, dont certains dans un état grave. Le lendemain matin je dois emprunter cette ligne pour rejoindre Dunkerque.
Un doute s’est installé. Je me demandais si le trafic serait maintenu. Etant de tout cœur avec les personnes touchées de près ou de loin cette catastrophe, j’envisageais déjà les démarches à accomplir pour annuler ou reporter la diagonale : informer Marc et Annette, les délégués fédéraux, repousser ou annuler les réservations dans les hôtels, remboursement des billets de train, etc.
Le matin je prends connaissance de l’évolution de cet accident. Il y a toujours une personne dans un état très grave. Le trafic dans le sens Toulouse-Paris est maintenu, mais dans l’autre sens il est fortement conseillé de déplacer le départ.
Arrivé en gare de Cahors, le train est bien annoncé mais avec ½ heure de retard, puis 01h00. Patience donc.
Nous partons enfin, mon vélo et moi. Les passagers sont calmes et comprennent bien la situation. Les contrôleurs nous informent le plus possible. Suite à un incident survenu après Orléans, une plaque métallique est tombée d’un train de marchandises sur la voie, nous nous arrêtons un bon moment. C’est avec 01h30 de retard que j’arrive à Paris.
J’enfourche alors mon vélo pour rejoindre la gare du Nord. Je pensais pouvoir attraper la 3ème correspondance. Malheureusement, arrivé sur le quai, le TGV s’éloigne. Trop tard.
Je m’adresse au chef d’escale qui, après recherches, m’indique le train suivant mais avec changement à Lille. Il n’y a pas de compartiment vélos mais exceptionnellement je suis autorisé à le déposer dans la voiture-bar. J’ai pu ainsi découvrir les deux gares de Lille, Lille-Flandres et Lille-Europe (départ des Eurostars). Finalement après ce long voyage, un peu mouvementé, je débarque à Dunkerque à 19h30.

Dimanche 5 juillet 2009, sous un ciel couvert, je me rends au commissariat, non loin de l’hôtel des gens de mer où je logeais. Lorsque je pousse la porte, le fonctionnaire de police, certainement fatigué par la nuit a la tête qui dodeline et le bruit de mes pas lui fait ouvrir les yeux. Lorsqu’il se lève c’est un grand gaillard que je trouve en face de moi. Il comprend très vite la raison de ma présence. Il a dû en voir des diagonalistes. Il me prend le carnet de route pour aller apposer le cachet et l’heure de départ.
Il entame la conversation, me parle de Cahors, et surtout de son vin qu’il apprécie, qu’ici on parle le flamand et non le ch’timi. Je lui demande l’itinéraire pour sortir de Dunkerque.
Quand je m’élance, à 07h02, il me souhaite bonne route. Pourtant cela commence mal. Je ne voulais pas emprunter la D916 qui relie Dunkerque à Bergues mais la D72, plus tranquille, et que je connaissais pour l’avoir prise deux autres fois. Je ne sais pas comment j’ai fait mais je me suis retrouvé sur la D916. Je décide de poursuivre quand même. Après tout c’est dimanche et il n’y a pas de circulation. De plus j’arrive à Bergues côté gare, justement là où je dois trouver la boîte à lettres pour poster ma carte de départ.
Arrivé devant la gare, point de boîte à lettres. Je tourne à gauche pour aller en centre ville au bureau de poste où je dépose la carte. En repassant devant la gare, sur mon itinéraire, je jette un coup d’œil à droite et je l’aperçois la petite boîte jaune accrochée au mur, mais sur le côté. Ils auraient pu la mettre devant, non ?
A la sortie de la ville, venant de la porte de Cassel, un groupe de cyclistes me dépasse, puis un autre, et encore un autre. Il s’agit des participants au rallye des 9 monts organisé par Dunkerque cyclo. Il y avait, ai-je lu, 940 inscrits.
Quelques hectomètres plus loin nos routes bifurquent et je m’engage plein sud. Le vent s’est levé et il est assez favorable. Dans ces longues lignes droites, de part et d’autre, des exploitations agricoles gagnées autrefois sur la forêt et les marais.
L’arrivée sur Cassel, dont j’aperçois le mont depuis un moment, me pose quelques soucis. Je cherche la petite route que je pensais trouver en le contournant. Mais finalement je dois me résoudre à le monter, certes pas par le côté difficile, mais par une route pavée d’environ 1km. Des pavés comme çà, aux jointures larges et qui vous secouent les tripes. Cela fait du bien quand cela s’arrête.
Un cycliste effectuant la « 9 monts » tranquillement, me dit-il, m’indique le chemin à suivre et je redescends de l’autre côté au milieu d’un autre peloton qui semble indifférent à ma monture et à mes sacoches.
Depuis mon départ, le relief est plat, mais en entrant dans l’Artois il est plus vallonné. Le rythme ne faiblit pas. Je traverse des villages aux maisons typiques flamandes de brique et de pierre. C’est ainsi que j’arrive à mon premier contrôle dans le village de Magnicourt-en-Comté (62). A la recherche d’un commerce pour faire apposer le tampon indispensable, je ne trouve rien d’ouvert. Il est vrai que nous sommes dimanche et ce sera ainsi toute la journée.
Par chance je m’adresse à un autochtone. Il se trouve être le mari de la doctoresse du village qui n’est pas là car elle est partie à la recherche de son chien qui a fugué. A l’intérieur de la maison point de tampon. De l’autre côté de la route, son voisin, un homme âgé, est occupé à rentrer du bois. Il lui demande si par hasard il avait un tampon. A notre grande surprise, il répond oui. Et tranquillement il rentre dans sa maison, en ressort, tout fier, avec le nécessaire. Appuyant le carnet de route sur une surface plane il appose son tampon. Il s’interroge avec son voisin sur l’objet de ma randonnée. Je leur donne quelques explications. Pendant ce temps la doctoresse passe et repasse devant son domicile toujours à la recherche de son chien, demandant à son mari s’il était revenu. Il paraissait moins inquiet qu’elle mais bien plus intéressé par mon périple. Il m’a même offert une boisson. Je les remercie tous les deux et je repars.
En traversant le département de la Somme je découvre quelques cimetières militaires traces de la guerre de 14-18. Je passe devant le mémorial de Beaumont-Hamel érigé en l'honneur de tous ces hommes tombés lors de la bataille de la Somme.
Les routes que j’emprunte sont vraiment tranquilles et la navigation doit être précise afin de ne pas s’écarter de l’itinéraire. Les villages sont rapprochés, le temps passé paraît moins long ainsi. Parfois les directions indiquées ne correspondent pas à celles que j’ai mentionnées. Alors je prends la copie de la carte routière pour bien me diriger. Il arrive aussi que quelqu’un vienne à mon secours spontanément. Ainsi, Marino que j’ai rencontré à Albert (62), m’a indiqué ma route. Marino aime discuter avec les gens. Il a beaucoup voyagé. Il est portugais d’origine. Il parle plusieurs langues car il a travaillé dans la restauration. Il connaît Cahors et m’a dit qu’il viendrait me voir. Salut Marino, j’ai encore de la route à faire et merci.
Décidément en ce dimanche après-midi, il n’est pas facile de se désaltérer. Les bistrots sont fermés, même à Rosières-en-Santerre dans ce bourg picard de plus de 3000 âmes où je dois effectuer un nouveau contrôle. Finalement c’est une carte postale que j’enverrai depuis le bureau de poste. Un couple d’habitants qui rentrait d’une promenade à vélo m’a offert gentiment de l’eau fraîche pour remplir mes bidons.
Cela n’entame pas ma marche en avant. Malgré le relief bosselé je respecte l’horaire prévu, et de montées en descentes, de la traversée de la forêt de Retz, j’arrive à Villers-Cotterêts (02), terme de mon étape, à 19h50. J’ai parcouru 255km pour une dénivelée de 1700m.
L’hôtel-restaurant du Parc est fermé le dimanche mais heureusement j’ai le code pour y entrer. Impossible de trouver un restaurant ouvert. Je me rabats sur une épicerie alimentation aux spécialités portugaises. Les propriétaires des lieux me proposent un plat à réchauffer, à base de morue. J’accepte et finalement ce plat consistant m'a rassasié. Quelques gâteaux et une banane tirés du sac complétèrent le repas.

Lundi 6 juillet 2009 je repars à 03h45. Toujours dans la forêt de Retz je gagne la Ferté-Milon au sud-est de l’Aisne.
Quand le jour se lève, le vent se remet à souffler mais dans le sens contraire et assez fortement. Il contrarie vraiment ma progression sur ces routes avec toujours du relief et les quelques lignes droites en faux-plat demandent de la persévérance pour arriver au bout. Dans cette Brie, aux cultures céréalières, que je traverse je découvre quelques puits de pétrole près de Donnemarie-Dontilly (77). Certes ce ne sont pas de grands champs pétrolifères mais ils existent bien. Malgré quelques gouttes de pluie à la sortie de la ville je poursuis ma route pour redescendre dans la vallée de la Seine à Châtenay-sur-Seine. Toujours par des routes paisibles je traverse le gâtinais et le vent ne faiblit pas et quelques rafales freinent ma progression dans ce paysage où clairières et forêts se côtoient. Je traverse l’Aveyron à la Chapelle-sur-Aveyron. Drôle de coïncidence avec le département de mon sud-ouest qui porte le même nom. Il s’agit ici d’une rivière affluent du Loing. Et à quelques kilomètres de là à Châtillon-Coligny (45), j’effectue un contrôle dans un bar au joli nom de « L’amusette » dont, autre coïncidence, le propriétaire est originaire de Villeneuve-sur-Lot (47), à 70km de Cahors. Installé depuis de nombreuses années il n’a pas perdu son accent méridional.
  Petit à petit j’approche de la Loire et à Briare comment ne pas manquer le pont-canal. J’étais bien décidé à le voir et à le traverser pour retrouver mon itinéraire.
Comment ne pas hésiter à une photo prise par un jeune touriste devant un des pilastres du pont.
Le pont-canal, de 663m de long relie le canal latéral à la Loire au canal de Briare. C’est un des sites les plus prestigieux du patrimoine fluvial en France. Construit par l’équipe Eiffel pour franchir le fleuve et faciliter l’activité commerciale, il est aujourd’hui tourné vers le tourisme, car la navigation de plaisance est de plus en plus importante.
La traversée à vélo est autorisée mais attention à ne pas faire d’écart, sinon c’est le plongeon dans les eaux du canal.
Jusqu’à La Charité-sur-Loire, plein sud et plein vent, je côtoie la Loire et le canal latéral, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Le cadre est agréable, verdoyant. Quelques côtes, encore, agrémentent le tout. Il est agréable de voir l’activité sur le canal.
Nombre de péniches naviguent ou sont amarrées. Tout cela donne un côté paisible et reposant, me faisant oublier la fatigue de la journée.
Je passe au pied de Sancerre et de son vignoble et sur l’autre rive, celui de Pouilly-sur-Loire.
J’atteins ainsi La Charité-sur-Loire à 20h05 après avoir parcouru 294km pour une dénivelée de 1850m. Le bon accueil, le cadre agréable, la bonne table de l’hôtel-restaurant « Le Bon laboureur » me réconfortent énormément. C’est bon pour le moral car demain est une journée qui sera rude.

Mardi 7 juillet 2009 à 02h50 je quitte cet hôtel après avoir pris un petit-déjeuner plateau copieux. J’ai une petite appréhension car la traversée du massif central se profile.
Il n’y a pas de pluie malgré un ciel nuageux. Le vent est toujours là, défavorable. Je pédale, je pédale et je sens un peu de sommeil arriver. Je plonge la main dans ma sacoche avant pour en tirer un sandwich préparé la veille par le restaurateur. Il s’agit d’un sandwich au pâté de lapin. Quand je mords dedans mes dents tombent sur un cornichon et à cette heure-là cela surprend mais je finis par tout ingurgiter. Aux environs de 05h00 j’ai un petit coup de barre, mes yeux ont tendance à se fermer. Je trouve sur la place d’un village un abri avec un banc. Je m’arrête et m’y allonge 10mn après avoir mis l’alarme du réveil. Ce petit temps de repos m’a fait du bien car j’ai un meilleur coup de pédale après. Je pense donc avoir gagné du temps plutôt que de vouloir résister au sommeil et risquer une chute.
Je ne longe plus la Loire mais l’Allier et la route vers Moulins est identique à celle de la fin de l’après-midi d’hier. A partir de là je m’élance sur la N9 dont la densité du trafic contraste avec la tranquillité des routes des jours précédents. Pendant plus de 60km, jusqu’à Aigueperses la circulation est soutenue. J’ai hâte de sortir de là mais le vent contraire et un peu de pluie, ne faciliteront pas ma tâche.
En entrant en Auvergne, aux portes de Clermont-Ferrand, un patron de bar m’a dit « ici on monte 5km et on redescend 3km ». Je suis donc averti. Jusqu’à Issoire tout est vrai, et en plus il m’est arrivé de monter dans le village, tout en haut, sans pour autant que cela soit nécessaire mais parce que j’avais manqué la route qui passait tout en bas du village. Quand on aime on ne compte pas. Et la pente était raide.
Après Issoire, je me dirige vers St-Germain-Lembron pour gagner les gorges de l’Allagnon. Cette vallée est tranquille, un faut-plat légèrement montant avec un vent plutôt favorable. Jusqu’à Massiac c’est agréable.
A la sortie de cette ville j’emprunte l’ancienne N9 en bordure de l’autoroute A75. Cela monte pendant 21km jusqu’au col de la Fageole situé à 1114m. Les pourcentages ne sont peut-être pas élevés mais après 260km et un vent contraire qui ne faiblit pas et où rien ne l’arrête, l’homme arc-bouté sur sa machine déploie beaucoup plus de force pour la faire avancer. D’ailleurs il dépense tellement d’énergie qu’il en oublie de s’alimenter, tellement bien qu’un coup de fringale lui coupe les jambes. Après avoir avalé quelques barres le moteur repart.
Au sommet du col, le vent frais me saisit. J’en profite pour me vêtir et pour téléphoner à l’hôtel de l’Europe à St-Flour (15) afin de les informer d’un retard de ½ heure sur mon horaire prévu. Je suis surpris de m’entendre dire qu’il n’y a pas de réservation à mon nom. Pourtant je l’ai bien fait voilà près de trois mois. Heureusement il y a des chambres libres et tout rentre dans l’ordre. Autre surprise l’établissement se trouve en haut de la ville et j’arrive par la ville basse. Une bonne côte de 1km à avaler.
J’arrive au terme de cette étape après avoir parcouru 304km pour une dénivelée de 2680m.

Mercredi 8 juillet 2009 à 03h30 je quitte l’hôtel. Je redescends dans la ville basse pour aller chercher la D909 (ex N9). La température est fraîche, le ciel peu nuageux et il fait clair de lune. Je suis vite dans la montée. J’approche du viaduc de Garabit que je distingue bien par cette nuit claire. C’est un ouvrage d’art impressionnant et imposant. Je passe et repasse sous les arches et cela monte ferme.
Depuis St-Flour, la route que j’emprunte flirte avec l’autoroute A75. Pendant près de 60km il en sera ainsi. Je me sens moins seul car le trafic, même à cette heure matinale, y est assez dense. Le vent, toujours là, m’accompagne encore mais toujours pas dans le bon sens. Au col des Issartets (1121m), je bascule enfin. Une belle descente de 11km me conduit à Marvejols. Un peu à l’abri du vent et avec le soleil qui me réchauffe, je me dirige vers La Canourgue où j’effectue un nouveau contrôle et un ravitaillement.
  Après cet arrêt, direction le causse de Sauveterre. Il fait chaud, la route s’élève entre ces roches calcaires. Au détour d’un virage surgit le sabot de Malepeyre. Cette curiosité géologique est un rocher qui surplombe le vide. D’une hauteur de 30m en forme de sabot, le dessous est creusé d’une arche formée par les eaux il y a plusieurs millions d’années.
Pendant quelques kilomètres je roule encore sur le causse, luttant toujours contre le vent. Je passe à proximité du point sublime à 870m d’altitude d’où l’on peut admirer un panorama fantastique sur le Tarn, mais je n’irai pas.
Je plonge ensuite dans les gorges du Tarn par une belle et rapide descente qui offre des vues magnifiques. Arrivé en bas je longe la rivière pendant quelques temps pour la traverser au Rozier.
Ce village est bâti au confluent du Tarn et de la Jonte, au pied des grands escarpements du causse de Sauveterre, du causse Noir et du causse Méjean. Je laisse encore beaucoup d’énergie dans la montée vers le causse noir. Après un passage à proximité de Montpellier-le-Vieux, je redescends dans les gorges de la Dourbie par une route étroite et rapide jusqu’à La Roque-Ste-Marguerite.
Je remonte la Dourbie jusqu’à Nant où je fais halte pour me désaltérer. Le parcours est encore accidenté et il me faut bien ressortir de ces gorges pour atteindre le plateau du Larzac. J’atteins enfin Le Caylar, avec le vent plus favorable, pour un nouveau contrôle. J’apprécie énormément cette poussée dans le dos. Le passage au col de la Baraque Le Bral (611m) marque pour moi la fin des grosses difficultés. La descente vers Bédarieux est rapide (près de 50km/h) jusqu’au Bousquet-de-l’Orb, et ce malgré un vent contraire.
Je retrouve le vent favorable en virant à Bédarieux mais la route jusqu’au passage sous le tunnel est assez raide. La sortie du massif de l’Espinouse est marquée par les plantations de vigne du biterrois. Tous les villages que je traverse de coteaux en plaine viticoles sont chauffés par le soleil qui me brûle un peu la peau. De passage à Capestang, j’ai une pensée pour les coureurs du tour de France qui ont traversé cette ville quelques heures plus tôt. Je ne pense pas à ce moment-là que c’est un français (Thomas Voeckler) qui gagne à Perpignan.
Finalement j’arrive à Narbonne, terme de cette étape, à 20h30 et après avoir parcouru 293km pour 3375m de dénivelée.

Jeudi 9 juillet 2009 à 03h30 je quitte l’hôtel de Narbonne, proche de la N9. Le vent est défavorable et la température agréable. Contrairement à 2006 sur la diagonale Strasbourg-Perpignan, la nationale est beaucoup plus encombrée. Il y a plus de camions.
Arrivé à Salses-le-Château, je bifurque et je poste la carte arrivée pour nos amis Marc et Annette.
Le reste du parcours s’effectue tranquillement, sans aucune difficulté. Comme en 2006 j’éprouve des difficultés pour trouver le chemin de l’hôtel de police malgré les notes recueillies. Sur le terrain c’est tout à fait différent. Je demande mon chemin et j’arrive enfin au point final. Le fonctionnaire de police, un peu endormi, ne semble pas surpris de me voir et me demande mon carnet de route. Je le lui tends et il disparaît avec dans une pièce à côté. Il tarde à revenir. Je le soupçonne d’avoir effectué un contrôle sur ma personne. Enfin il réapparaît, carnet en main. Le tampon et la signature sont apposés. L’heure de contrôle indique 07h15.
Je n’ai pas parcouru beaucoup de kilomètres depuis Narbonne, 69km. Avant de monter dans le train pour Cahors, j’ai le temps de prendre le petit déjeuner. J’emporte au passage un sandwich.
Je savoure cet instant car cette diagonale m’aura marqué surtout par son exigence. Je l’ai trouvée très physique et la plus costaud de celles que j’ai déjà réalisées.
J’y ai cru jusqu’au bout. Chaque soir j’entrais en contact avec Joseph, le webmaster de notre site du club. Je lui donnais de mes nouvelles. Pour faire vivre le site, il alimentait une rubrique pour permettre aux membres du club de suivre ma progression. Je savais aussi que j’avais des messages d’encouragements. Puissent ces lignes encourager quelques-uns à tenter une ou plusieurs diagonales.
Je remercie Joseph qui est venu m’accueillir à la gare avec Martine et Claude. Ce fut une surprise et un grand réconfort. Quelques photos, clic-clac, et voilà c’est fini.
Daniel ARNAUDET
cliquer sur les photos pour les agrandir
 
4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 09:08

Après une petite semaine de repos depuis les "2 jours entre Lot et Dordogne" qu'il a organisé de manière exemplaire, Daniel ARNAUDET se lance sur sa 7ème diagonale.
Il prendra le départ dimanche 5 juillet, à 7h00 du matin pour rallier Dunkerque à Perpignan.
1173 km pour environ 12000 mètres de dénivelée. Le délai maximum est de 100 heures.

Les diagonales sont des randonnées qui relient entre eux les 6 sommets de l'hexagone français : DUNKERQUE, STRASBOURG, MENTON, PERPIGNAN, HENDAYE, BREST.
Après Dunkerque - Perpignan, il ne lui restera plus que 2 à réaliser. Daniel compte les terminer l'année prochaine



Comme l'année dernière, il essaiera de me communiquer quelques infos que je vous retransmettrai aussitôt à la suite de cet article.
Pour ne pas le perturber, ne l'appelez pas sur son portable. Par contre n'hésitez pas à lui mettre des messages d'encouragement, via les commentaires du site, je lui en ferai part lorsqu'il me téléphonnera et il les lira avec plaisir à son retour à Cahors.

Voici les grandes lignes de son plan de route

 


Dimanche 20H45
Daniel est arrivé, à 19h50, à Villers-Cotterets, terme de sa 1ère étape. Au compteur il avait 255 km soit 15 de plus que prévu.
Son moral est bon, il a de meilleures sensations que l'année dernière.
Il a eu de bonnes conditions météo, un peu chaud en fin d'après-midi. Vent plutôt favorable.
Parcours vallonné.
Il a galéré pour les ravitaillements, dans le Nord, les cafés et restaurants sont fermés le dimanche!
Ce soir il du se rabattre sur un restaurant portugais et a pris un plat à base de morue. Espérons qu'il n'aie pas trop soif cette nuit.
Comme promis, je lui ai fait part de vos messages d'encouragements et il vous remercie.
Nous lui souhaitons une bonne nuit de repos.


Lundi 20H45
Daniel a écourté sa nuit, il n'arrivait pas à trouver le sommeil, "j'ai eu l'impression de dormir les yeux ouverts" m'a-t-il dit. Il est parti à 4h00, soit avec une heure d'avance sur son planning. Malgré cela il n'est arrivé à La Charité-sur-Loire qu'à 20H05.
Il a du faire face à un vent assez violent et un terrain très vallonné. En plus, suite à quelques erreurs de parcours, il a encore fait 11km de plus que prévu.
Lorsqu'il m'a téléphoné, je l'ai senti plus fatigué qu'hier soir, mais c'est tout à fait logique après 547km.
Et l'étape de demain avec 299km avec une arrivée à St-Flour est loin d'être de tout repos, mais je fais confiance en l'expérience de Daniel pour gérer ces difficultés.


Mardi 22H05
Daniel vient de m'appeler après avoir dîné, il est arrivé à ST-Flour à 20h50
Etape très difficile, 304 km avec un relief très accidenté et un vent défavorable.
Temps relativement frais avec même un peu de pluie.
La montée vers le col de la Fageole lui a paru longue, pratiquement 18 km de montée. En plus il a eu un coup de fringale.
Malgré toute ces difficultés, le moral est bon. Après s'être bien restauré les sensations sont bonnes.
A sa demande, je lui ai donné les prévisions méteo pour demain: frais le matin 10°, après-midi 21°, journée plutôt ensoleillée
Je lui ai fait part des deux derniers messages d'encouragement, cela lui fait plaisir qu'on le soutienne moralement
A demain pour les nouvelles à son arrivée à Narbonne


Mercredi 21H20
Ce matin Daniel a fait la grasse matinée! il s'est accordé une demi-heure supplémentaire de sommeil.
C'est donc à 3h30 qu'il a quitté Saint-Flour pour une étape de 292 km. Encore 10km de plus que prévu. Quand on aime on ne compte pas!
Malgré un parcours très vallonné et un vent défavorable, à part sur le plateau du Larzac, la journée s'est bien passée.
Il est arrivé à Narbonne à 20h30
Il ressent bien sûr la fatigue après ses 1143 km, mais j'ai senti à sa voix qu'il avait encore beaucoup de tonus.
L'étape de demain matin ne devrait être qu'une formalité, 71 km pour aller prendre le train à Perpignan
Il m'a promis de m'appeler demain à son arrivée à la Gare de Perpignan. Les prochaines nouvelles vers 7h00 demain matin.


Jeudi 07H20
Daniel a réussi sa 7ème diagonale.
Il a quitté Narbonne à 3h30 et a pointé à Perpignan à 7h15.
69 km avec un vent contraire. Au total, il aura parcouru 1212 km.

C'est une véritable performance que Daniel vient encore de réaliser. On aurait tendance à la minimiser, car avec Daniel il y a peu de suspense: il suit presque à la minute son tableau de marche.
Pour arriver à une telle maîtrise, il ne faut pas oublier les mois, voire les années de préparation. Il faut s'entraîner sur des longues distances, tenir un carnet de notes ( vitesse moyenne, alimentation etc...) pour arriver à bien connaître ses possibilités.
De ce côte là, Daniel n'a plus grand chose à apprendre.

Je suis persuadé, qu'il pense déjà aux 2 dernières diagonales qu'il a inscrit à son programme de 2010.
Je suis sûr qu'il pense aussi au brevet de 600 km qu'il va faire également l'année prochaine, en vue du Paris-Brest-Paris de 2011.

Il va prendre le train à 8h40 pour une arrivée à 12h32 à la gare de Cahors.
Après lui avoir laissé le temps de bien se reposer, on attend avec impatience le récit détaillé de sa diagonale.
Encore Bravo Daniel.


Jeudi 12H32
J'ai rencontré Claude et Martine qui attendaient Daniel à sa descente du train.

Il est arrivé avec son vélo prêt à faire quelques kilomètres supplémentaires pour rentrer se reposer à son domicile
A sa voix on sentait un peu sa fatigue, mais celle-ci n'apparaissait pas sur son visage
Il nous a confié que cette diagonale était la plus difficile des 7 réalisées.

Je me suis amusé à peser d'une manière précise son vélo avec ses bagages.
Je vous propose d'essayer de deviner le poids et de donner votre réponse, via les commentaires. Dimanche je vous donnerai la réponse.

 
Arrivée à la gare de Cahors (cliquer sur la photo pour l'agrandir)

texte et photo : Joseph GUÉGAN

7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 09:42
Merci à Pascal Herincx et la Dépêche du Midi pour avoir bien voulu relater l'aventure de la flèche pascale.
Vous trouverez ci-dessous une reproduction de l'article paru dans la Dépêche du Midi, le 6 mai 2009
Photo: Joseph Guégan - Pour voir toutes les photos de la flèche pascale, cliquer sur   Diaporama
Quatre Cadurciens ont roulé
24 heures non stop

Ils en ont rêvé, ils l'ont fait! Rouler 24 heures non stop, c'était le pari fou que voulait tenter une bande de copains cyclotouristes cadurciens à l'occasion du dernier week-end de Pâques. Roland et Fabienne Mangin, Daniel Arnaudet et Guy Faure n'en étaient pas à leurs premiers kilomètres de vélo, mais de là à se lancer dans un pari si audacieux, il y avait un monde… que ces quatre complices ont franchi en se lançant dans le défi d'une «Flèche pascale».
«Pour être homologuée par la Fédération française, une Flèche pascale doit durer 24 heures et atteindre l'objectif de 385 kilomètres parcourus au minimum», indique en connaisseur Joseph Guégan, l'accompagnateur, avec sa femme Marie-Noëlle, de cette aventure cyclotouriste.
«Nos quatre amis sont donc partis de Cahors le vendredi 10 avril, à 17 heures, du parking Saint-Georges, en direction des Landes pour revenir vers le nord du Lot le lendemain, à la même heure». Les conditions météorologi-ques de ce week-end de Pâques n'étaient pas franchement bonnes,
 
  Les quatre cyclotouristes cadurciens au départ, la pluie n'avait pas encore fait son apparition.
de la pluie dès les premiers kilomètres et jusqu'au bout du parcours avec des températures hivernales… Bref, pas de quoi mettre un vélo dehors. «Malgré cela, ils ont tenu la moyenne et réussi à rallier Souillac, soit un parcours de 466 kilomètres passant par Villeneuve-sur-Lot, Aiguillon, Roquefort-des-Landes, Langon, Sainte-Foy-La-Grande et Bergerac.

«Les spécialistes apprécieront,
  mais ils ne se sont accordé que cinq arrêts pour se ravitailler, enfiler des vêtements secs et se reposer quelques minutes avant de repartir», précise le suiveur, qui n'en revient toujours pas de cet exploit. «De nuit, sous la pluie, le thermomètre de ma voiture affichait seulement 7 degrés. Dehors, sous une pluie glaciale et sans dormir, il fallait en vouloir pour continuer de rouler dans ces conditions et ne pas abandonner!»
  Au petit matin, Fabienne Mangin, véritable moteur de cette équipe, a dû quitter le groupe, la tige de selle de son vélo venait de casser. À trois sur tout le restant du parcours, les Cadurciens n'ont pas démérité et sont arrivés au bout de leur périple.
Leur rêve a bien été réalisé, leur «Flèche» est désormais homologuée. Bravo à toute l'équipe. Cyclistes et suiveurs, ils ont vécu des moments inoubliables.

 

14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 13:03
La qualité du fumier lotois n’est vraiment plus ce qu’il était. Il n’y a pas si longtemps que ça, il suffisait de marcher dedans pour être assuré de tout le bonheur du monde. Daniel qui ne fait jamais les choses à moitié, pour être absolument certain d’avoir la chance de notre côté à la flèche pascale, s’y est roulé avec complaisance.
Mais ce faisant, il a très probablement du débouler sur la queue d’un lutin malfaisant qui depuis nous a poursuivi de son courroux.
Quelque temps avant notre départ, sur les 4 cyclos composant l’équipe de fléchards, 3 (Fabienne, Daniel et Guy) ont eu une grave blessure à un doigt. Fabienne, encore elle, était également handicapée par un regain de sa dorsalgie chronique. Mais le moral était toujours là !
Constatant qu’il n’avait pas réussi à nous décourager de la sorte, le mauvais génie changea de tactique et décida de lancer sur nous pendant l’épreuve toute la fureur des éléments déchaînés. Et le combat commença.

Mais reprenons les choses par leur début ! Tout allait pour le mieux dans le petit monde cyclotouriste cadurcien. Les encouragements commençaient à pleuvoir (zut, je ne l’ai pas fait exprès) démontrant que l’esprit de corps des membres du club n’était pas mort.
Joseph nous mettait l’eau à la bouche en faisant savoir à tous que nous risquerions plus la crise de foie que la faim avec ce que nous avait préparé Marie-Noëlle. En arrivant sur les lieux du départ, à l’entrée du parking St Georges, une énorme surprise nous attendait : un comité de soutien magnifique et plein d’entrain ! Avec un tel concours, le diable du pont Valentré n’avait qu’à bien se tenir !

 
Et ce fut le coup de sifflet du départ.

Du vent ? Quel vent ? Vos encouragements nous aidaient à appuyer sur les pédales.
Le froid ? Quel froid ? Marie-Noëlle et Joseph étaient là, aux arrêts, avec leurs couvertures et leur assistance.
De la pluie ? Quelle pluie ? Fabienne décida, dès les premières gouttes, de prendre le diable par les cornes et la tête de notre petit groupe. Toute la nuit, elle pédala mais au petit matin le gnome se fâcha et lui cassa la tige de selle.
Sans monture, elle dut nous laisser partir mais nous avions la banderole de St Georges et le sifflet de St-Michel dans la tête et rien ne pouvait nous arriver.

Finalement, après 24 h de lutte, l’esprit malfaisant dut se rendre à notre esprit d’équipe. La solidarité et la convivialité étaient les plus forts. Et c’est pour nous exorciser à tout jamais du démon que nous prîmes le temps de faire une photo devant l’abbatiale de Souillac, manquant le rendez-vous avec Louis et ses amis à Bretenoux.

Nous tenons tous particulièrement à remercier tous ceux qui, connus ou inconnus, nous ont aidés sur la route par leurs encouragements ou leur aide.
 
Les membres du club bien sûr avec leurs commentaires que Joseph nous a scrupuleusement transmis, mais aussi les gendarmes de St-Justin, le patron de la pizzeria d’Aiguillon, la marchande de foie gras de Beynac et tout particulièrement la gérante de la médiathèque de Creysse qui retarda l’heure de son propre déjeuner pour nous permettre de nous restaurer au chaud.

Dés maintenant, nous prenons les inscriptions pour la prochaine flèche. Avis aux amateurs.

Roland


Photo: Joseph Guégan - Pour voir toutes les photos de la flèche pascale, cliquer sur
 

Diaporama
12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 09:58
Après une bonne nuit réparatrice, le corps encore quelque peu marqué, le moment est venu d'apprécier ces 24 heures d'exception. Ce projet, que je pensais un peu « fou » en ce début de saison, nous l'avons réalisé. Certes, les conditions dantesques dans lesquelles nous avons dû évoluer, ne nous ont pas permis de faire bien exactement le kilométrage prévu - il nous a manqué une petite heure - mais l'essentiel c'était de réaliser le parcours nécessaire à l'homologation de la flèche et cela nous l'avons largement fait.
La volonté de chacun d'arriver au bout a été la plus forte, sans doute plus que celle de nos mollets. Parfois, certains d'entre nous ont douté, surtout après le regrettable retrait de Fabienne sur incident mécanique. Elle fut le véritable « moteur » de l'équipe tant elle a été extraordinaire durant la nuit dans les longues lignes droites interminables des Landes, toujours aux avant postes assurant un « train » régulier, qui a pour au moins deux d'entre nous conditionné la suite de l'épreuve.
Et puis, il faut souligner l'incroyable volonté de Roland qui a pris le relais, et qui a su nous motiver pour que nous allions au bout. Sans doute avec une petite pointe de regret de n'avoir pu aller jusqu'à Martel, tant sa forme (et je dirai aussitôt son état d'esprit) lui aurait permis de le faire. Daniel, tu ne m'en voudras pas, je parle aussi un peu en ton nom, tant, nous étions tous deux un peu dans la même situation.
Et puis, sans le dévouement de nos accompagnateurs, Marie-Noelle et Joseph, qui nous a permis de nous consacrer exclusivement à notre objectif, celui-ci aurait été impossible, surtout avec les conditions météo exécrables que nous avons eues.Je sens encore entre mes mains glacées le contact de ce bol chaud qui à chaque arrêt nous permettait d'emmagasiner dans notre corps un peu de la chaleur qui nous manquait cruellement sur la route.

En résumé , nous avons vécu tous les six des émotions fortes et partagées, je dirais un incroyable temps d'amitié.
Guy FAURE
 


Photo: Joseph Guégan - Pour voir toutes les photos de la flèche pascale, cliquer sur
 

Diaporama
9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 15:00
Il y a quelques jours Roland vous dévoilait le "projet fou d'une bande de copains"
Ils sont prêts ou presque...encore quelques vérifications de dernière minute, c'est toujours comme cela la veille d'une longue randonnée.
A la lecture de leurs mails, je sens la fièvre qui monte. C'est bon signe, c'est qu'ils y sont déjà.
Daniel le capitaine de route revise l'itinéraire qu'il connaît presque par coeur.
Ce qui les préoccupe le plus, c'est la météo. Je crois que toutes les heures ils vont aux nouvelles.

Je ferai le maximum pour vous tenir informé de leur progression sur cette flèche. Je vous demande de me pardonner par avance pour les défauts de mise en forme, je n'aurai pas beaucoup de temps à y consacrer.
Cahors 0   17:00 Le plan de route, ci-contre, vous permettra de savoir s'ils seront en avance ou en retard sur leurs prévisions.
Compte tenu du réglement et des 481km qu'ils ont annoncés, leur flèche pascale sera homologuée si à l'issue de la 24ème heure:
  • ils arrivent au moins à 3 à l'arrivée
  • ils effectuent au moins 385km (80% des 481km)
Mais ils espèrent bien pouvoir faire 504 km en 24 h pour atteindre Bretenoux.
Ils en ont capables et nul doute que vous serez nombreux à les encourager, via les commentaires de cet article.
Je les tiendrai régulièrement informés.
Villeneuve-sur-Lot 72   20:10
Aiguillon 105   21:35
Houeilles 137   23:05
Saint-Justin 171   00:50
Roquefort 182   01:20
Sabres 218   03:25
Luxey 240   04:25
Langon 284   06:50
Sauveterre 306   08:00
Castillon-La-Bataille 328   09:30
Ste-Foy-la-Grande 349   10:30
Bergerac 373   11:45
St-Capraise -de-Lalinde 385   12:20
Beynac 428   14:20
Carsac-Aillac 445   15:10
Souillac 466   16:10
Martel 481   17:00
Bretenoux-Biars 504    



Fabienne, Roland, Daniel et Guy attendent avec impatience le rendez-vous de demain.
Venez les encourager à 16h30 au parking St-Georges.

Joseph GUÉGAN

Le suivi de la flèche pascale

vendredi 10 avril 2009 - 12h00

Pour vous mettre en appétit voici le menu que Marie-Noëlle a préparé pour nos "fléchards" pour ces prochaines 24 heures
  • salades composées
    • pâtes, blanc de poulet, tomates, avocats
    • pâtes, thon, oeufs, tomates, haricots verts
  • soupes moulinées aux 9 légumes
  • pain- fromage (comté et leerdammer)
  • gâteaux de riz
  • Far aux raisins
  • Far aux pruneaux
  • Bananes et fruits secs (figues, abricots, …)
  • Café, lait, chocolat
  • pain, beurre(demi-sel), confitures
  • Eau, Coca-cola, Vichy-Célestins
Je suis sûr que vous êtes envieux et que vous vous dites, si j'avais su....

vendredi 10 avril 2009 - 17h00

Heureuse surprise lorsque nous arrivons au parking St Georges, un comité d'accueil bien sympathique a monté un barnum et déroulé une banderolle pour encourager nos 4 amis.
Malheureusement, l'heure du départ approche et nous avons tout juste le temps d'échanger quelques mots.
Pour l'instant il ne pleut pas, pourvu que ça dure!
Merci à Philippe Gardillou qui m'a permis de me connecter à la Chartreuse pour vous donner ces premières infos.

vendredi 10 avril 2009 - 22h00

1ère photo sur la route juste avant la descente de Tournon d'Agenais, ils ont fière allure.
1er arrêt pour mettre les équipements de sécurité en vue de la nuit
A Penne-d'Agenais ils trouvent les premières gouttes de pluie.
Avant Villeneuve-sur-Lot il pleut des cordes.
19h55 - Arrêt à Villeneuve pour se restaurer et pointer.
20h05 - ils repartent pour le prochain contrôle de Saint-Justin.
Dur, Dur, de repartir sous la pluie mais ils gardent le sourire et le moral
Galère pour moi à Aiguillon pour trouver un commerce avec Internet, je fini par trouver un petite Pizzéria-Kébab où très aimablement le patron me permet d'utiliser son micro-ordinateur.

samedi 11 avril 2009 - 10h00 -->

Un point après une nuit sous une pluie continue avec une température entre 7 et 9° Ils arrivent au contrôle de St Justin à 0h20.
Nous avons trouvé sous les arcades de la bastide, un café qui avait laissé tables et chaises dehors, nous en avons profité.
Nous avons également bénéficié d'un contrôle très sympa de la gendarmerie.
Restauration rapide et Fabienne et Daniel ont profité pour se mettre quelques vêtements secs.
Départ de St justin à 0h55 - ils sont dans les temps
Contrôle de Sabres - arrivée à 3hOO - complétement trempés et transis de froid
Ils n'avaient même pas la force de manger, ils se sont contentés d'un café et d'une part de flan
Pendant l'arrêt, il pleut des cordes... mais courageusement ils repartent à 3h15
Arrivée à Langon à 6h10
Après un bol de soupe chaude et une salade composée à base de pâtes, ils repartent à 6h35
Fabienne est en super forme, c'est elle qui a mené le train une grande partie de la nuit
Vers 8h00, je reçois un coup de fil de Daniel: "Fabienne vient de casser sa tige de selle" Je fais demi-tour pour venir à leur rencontre. Heureusement elle n'est pas tombée.
Mais c'est irrréparable avec nos outils et elle finira avec nous dans la voiture. C'est vraiment dommage, vu la forme qu'elle tenait. Arrêt 3km avant Castillon-la-Bataille pour un petit déjeuner, Il est nécessaire de remonter le moral de Guy et de Daniel.
Les conditions météo de cette nuit ont été épouvantables, mais ce matin le temps s'améliore. J'espère pouvoir mettre ces infos écrites, dans la précipitation, à Castillon-la-Bataille A Castillon on retouve nos 3 amis qui ont pointé avec une demi-heure de retard. Je fini par trouver un MacDo avec borne hi-fi à Sainte-Foy-La-grande

samedi 11 avril 2009 - 21h00

Nous venons d'arriver à Cahors, après passage à Bretenoux
Excusez-moi de ne pas vous avoir donné de nouvelles depuis la fin de la matinée... mais cela m'était quasiment impossible.
Merci à Yolande ARNAUDET, pour avoir annoncé la bonne nouvelle de la réussite de leur flèche en parcourant 466 kms en 24h.
C'est un véritable exploit, je peux vous l'assurer: faire ce qu'ils ont fait, avec des conditions météo extremement mauvaises - il a plu pendant au moins 18 heures- cela ne mérite qu'un seul mot, chapeau.
Merci à vous tous, qui les avez encouragé en venant au départ à St Georges ou par vos commentaires.
Je suis sûr que vous les avez énormément aidés. Ils ne pouvaient pas vous décevoir.
J'essaierai de vous en dire un peu plus demain et de corriger mes fautes, il doit y en avoir beaucoup, mais ce soir je n'ai pas le courage d'en faire plus.
Je mets seulement 2 photos supplémentaires: celle du passage à St-Capraise-de-Lalinde (385ème km) à cet endroit ils avaient déjà réussi leur flèche , le reste c'était du bonus, la dernière photo prise devant l'abbatiale de Souillac, terme de leur flèche pascale.


Photos: Joseph Guégan - Pour voir toutes les photos de la flèche pascale, cliquer sur
 

Diaporama
27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 09:25
Daniel a déjà très discrètement fait allusion à un projet surprise qui se préparerait au club. Il est maintenant grand temps de tout vous dévoiler. Voici donc l’histoire d’une utopie qui se concrétisera du vendredi 10 avril à 17h sur le parking St Georges au samedi 17h à Bretenoux et fera parcourir jusqu’à 504km à une équipe de 6 amis.

Mais qui a eu cette idée folle ?
Je plaide coupable mais, à ma décharge, j’avais 2 complices, peut-être même des instigateurs !

Tout a commencé ce lendemain de Noël 2008 par un mail de Bernard Aussilou, notre président de Ligue, vers tous les correspondants de clubs:
« La Ligue des Pyrénées de Cyclotourisme organise une Flèche Pascale en direction de Pâques-en-Quercy à Bretenoux-Biars. Le règlement est le même que pour les flèches Vélocio de l'ACP. Je vous remercie de faire la plus large diffusion possible à cette information.»

Et Daniel de nous interroger, Joseph et moi, quelques jours plus tard: « Vous croyez que l’info pourrait être mise sur notre site ? Je doute fort qu’il y ait quelque amateur. »

Sa question va susciter une réponse timide et pleine de regrets du responsable de notre site web: « On peut toujours envisager quelques lignes dans les brèves. Dommage que ce soit un peu tôt dans la saison et que je n'ai aucun entraînement. Ce genre de randonnée me donne toujours des envies. »
Et une suite beaucoup plus enthousiaste de votre serviteur: « Ce sont bien plus que des envies que j'ai en lisant ce règlement. J'ai déjà fait 2 flèches Vélocio. Organisée chez nous sur Pâques-en-Quercy, en présence de Dominique Lamouller notre président fédéral, cette flèche me démange très, très fort. Je rêve d'une équipe cadurcienne qui participerait à cette première. Avec de l'entraînement, Joseph, c'est encore faisable. Et si tu ne peux pas être sur le vélo, tu pourras au moins être à l'assistance. Si on arrive à former une équipe, je veux en être.»

« Ça ferait un bon entraînement pour ma diagonale, répondit Daniel. Mais il faut de 3 à 5 machines au départ et au moins 3 à l’arrivée. Avec Joseph à l’assistance, il nous faut encore renforcer l’équipe ».

Mais il sera dit que les dieux étaient avec nous.

A ma grande surprise, Fabienne, en apprenant le projet (elle qui s’était pourtant jurée de ne plus jamais rouler de nuit), se déclare candidate « pour Daniel et Joseph ».

C’est également le moment que choisit Guy pour annoncer qu’il est en pleine forme et vient de battre avec Rolande leur record kilométrique annuel (souvenez-vous, un tout petit écrit dans les brèves). L’info n’est pas tombée dans les oreilles de 4 sourds. Il ne va plus pouvoir se défiler.
Il n’a d’ailleurs même pas essayé de le faire, bien au contraire.

Pour parfaire l’organisation et ne pas laisser Joseph tout seul, Marie-Noëlle a décidé d’être, comme d’habitude, à ses côtés.

Cette fois, l’équipe minimale étant atteinte, le Rubicon pouvait être franchi et l’idée devenir projet.

 
Mais pourquoi une telle folie ?
Quand on a envie d’une petite folie, on éprouve toujours le besoin de se justifier avec de bonnes raisons, bien rationnelles. En voilà donc deux. En cherchant bien, on peut en trouver d’autres encore.

Cahors Cyclotourisme est le premier, le plus ancien club du Codep46 et Pâques en Quercy, la première manifestation cyclotouriste du Lot. Il fallait bien que le club et la manifestation de référence du département se rencontrent !
Nous signifions ainsi à nos instances dirigeantes que PEQ « intéresse beaucoup » notre club. Pouvions-nous rêver plus belle manière de le faire ?

La promotion de notre organisation « 2 jours entre Lot et Dordogne » a également été un bon motif. Nous tenions à ce que la plaquette de notre organisation trône en bonne place à Bretenoux. Nous l’apporterons donc nous-mêmes, à dos de cyclos, aux nombreux participants venus de toute la France pour sillonner notre belle région et nous leur dirons : « Vous avez aimé ? Alors revenez nous voir en juin. Vous adorerez ».

J’ai un troisième motif, bien plus personnel celui-là et, si vous me promettez que le secret restera bien entre nous, j’accepte de vous en toucher un petit mot discret.
En 2005, pendant que je faisais ma première flèche Vélocio (prés de 600 km) vers Pâques en Provence à Istres, Fabienne était monitrice sur une fléchette et conduisait un groupe de jeunes filles vers la même destination. Elle en fut, avec tout son groupe, récompensée.
Lorsqu’elle monta sur le podium, elle me chargea de son appareil photo pour immortaliser la scène.
Mais, était-ce la fatigue due au périple que je venais de parcourir ? Était-ce l’émotion de voir notre président faire la bise à ma promise ? Toujours est-il que c’est seulement une photo floue qui nous reste de ce moment.
Je compte beaucoup sur les talents de photographe de Joseph pour que, le hasard repassant parfois les plats, il efface le péché originel qui entache l’histoire de notre couple.

Les préparatifs
Mais une flèche, c’est quoi ? C’est une équipe de cyclos sur 3 à 5 machines (vélos ou tandems), pilotée par un capitaine, qui fait en 24h un parcours déposé, jalonné de points de contrôle. Les voitures suiveuses sont interdites et seule une assistance ponctuelle est autorisée.
Pour capitaine, nous avons choisi Daniel qui s’est chargé de nous soumettre un parcours et de le déposer aux instances fédérales : 504 km pas trop bosselés, une gageure dans le Lot, qui nous ferons pédaler vers l’ouest avant de revenir vers Bretenoux.
Nous aurons peut-être la chance, sur la fin, de rouler de concert (mais pas trop longtemps pour ne pas être disqualifiés) avec l’équipe de Dominique Lamouller.

Pour que notre performance soit homologuée, il nous faudra faire ensemble entre 360 et 504 km. La complicité et la solidarité seront obligatoirement de rigueur. Nous aurons, tous les 4, des moments difficiles. Espérons simplement qu’ils n’arriveront pas en même temps pour chacun de nous.

L’important dans ce type d’épreuve n’est pas de rouler vite mais de tenir avec constance et endurance, un bon rythme … et de réduire au strict minimum les arrêts. Prenez, juste pour l’exemple et la facilité des calculs, une moyenne de 25km/h pendant 20h et 4h d’arrêts pour les pointages, pour réparer les incidents mécaniques, pour manger et pour se changer. Cela fait 500km et, à l’arrivée, nous voyons Bretenoux, mais de loin.
Pour faire 20 km de plus, il faut passer à 26km/h (très difficile) ou réduire de 45 minutes les arrêts.
A vous de faire l’exercice inverse : si nous réussissons à ne nous arrêter que 2h30, à quelle vitesse devons nous maintenir notre allure pour arriver sur Bretenoux ? Nous aurons, quant à nous, 24h pour faire le calcul et en trouver la réponse.

Nous aurons la pleine lune avec nous et la nuit ne devrait donc pas être trop noire. Il nous faudra par contre bien nous couvrir parce qu’elle sera probablement très froide. Nous laisserons de quoi nous changer plusieurs fois dans la voiture et faisons confiance à Joseph et Marie-Noëlle, notre assistance, pour qu’ils ne s’endorment pas aux points de ralliement.

Nous comptons sur vous
Nous aurons également besoin de Joseph pour vous tenir informés en temps réel, sur le site internet, de notre progression. Je ne sais comment il fera, mais je sais qu’il le fera. J’ai vaguement entendu parler de liaison satellite pour couvrir l’événement, de la presse et des autres médias.

Avant, pendant et après, nous comptons sur vous, en manifestant votre intérêt pour notre projet, par vos commentaires sur le site.
Venez nous souhaiter, nombreux, bon vent au départ à St Georges et nous accueillir, encore plus nombreux, 24h plus tard à Bretenoux.

C’est vous, par vos encouragements, qui déciderez que, finalement, notre projet n’était pas si fou qu’il en avait l’air.

C’est surtout de vous que nous avons besoin.

Roland Mangin


10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 19:56
Récit de la diagonale HENDAYE-STRASBOURG réalisée du 28/06/2008 au 01/07/2008 par Daniel Arnaudet

Ah! cette diagonale je l’appréhendais. Les comptes rendus divers me confortaient dans cette idée. Une question s’est posée de savoir comment découper cet itinéraire. Impossible d’échapper au relief très accidenté du centre de la France. Alors faire 3, 4 ou 5 étapes ? Finalement, pour ne pas déroger à mes habitudes, j’ai opté pour 4 étapes, la première plus longue et les autres, en régressant dans le kilométrage.
Une autre interrogation aussi, la météo. Après une année 2007 très arrosée tant sur la diagonale Brest Strasbourg que sur le Paris-Brest-Paris, y aurait-il encore de l’humidité dans l’air ? Tout cela ne s’annonçait pas très bien à quelques jours de mon départ, pluie et fraîcheur. Dans la période que j’ai choisie, miracle, « une fenêtre de tir favorable » comme on dirait sur la base de Kourou, s’est présentée. Et comme pour bien d’autres diagonalistes roulant à cette période, le soleil allait nous accompagner jusqu’au bout de notre passion. Quand je dis soleil, c’était vraiment du feu. Passer de 10/15°C à des températures avoisinant les 35°C, voire plus m’a-t-on dit, le corps doit s’adapter rapidement et les organismes souffrent un peu plus. Il y a aussi un autre compagnon de route à ne pas négliger, et celui-là il est libre comme l’air, c’est le vent. Vent de tous nos tourments quand il nous repousse, vent gentil comme tout quand il nous pousse. Mais je ne peux pas dire que je l’ai béni cette année. Il a su contrarier avec plaisir ma chevauchée vers Strasbourg. Pas un instant de répit ; si un peu, dans les premières heures matinales.

Le samedi 28 juin 2008 à 02h00, quand je quitte le commissariat d’Hendaye, la température est douce. Je pars tranquillement par la N10 et la montée raide après Béhobie ne me décourage pas. La circulation est presque nulle jusqu’à Bayonne. Quelques fêtards m’adressent, je suppose, des encouragements, à moins que ce ne soit des grossièretés. De toute façon c’est incompréhensible.
En entrant dans Bayonne des travaux avec rue barrée me dévient de mon chemin. Je cherche désespérément une boîte à lettres pour transmettre la carte postale départ à l’attention de nos amis Marc et Annette. J’en trouve une mais j’ai perdu ma route. A un feu rouge j’aborde une patrouille de police qui me renseigne gentiment sur la direction à prendre. Elle me félicite même sur mon équipement de nuit (éclairage avant et arrière, gilet de sécurité, bandeaux réfléchissants .…).
Je dois longer l’Adour jusqu’aux portes de Peyrehorade. D’autres travaux à la sortie de la ville entravent ma progression. Par contre je n’avais pas prévu cette brume épaisse le long de la rivière. Elle est en partie la cause de m’avoir écarté de mon tracé avant d’arriver à Peyrehorade. L’autre cause c’est quand j’ai voulu consulter mes copies de cartes routières, il manquait le petit bout de carte pour m’indiquer le bon chemin. Et évidemment à un carrefour j’ai pris la mauvaise direction et je me suis retrouvé à Bidache soit quelques 10km supplémentaires et quelques côtes pour rallier Peyrehorade.
Aux portes de Dax, je dois prendre la direction d’Yzosse pour atteindre St-Vincent-de-Paul, mon premier contrôle. Une fois de plus je m’égare. Vraiment cela commence mal. Je suis dans le centre ville de Dax à la recherche de la direction de St-Vincent-de-Paul. Finalement, remis dans le droit chemin, mais en retard sur mon tableau de marche, je suis en quête d’un commerce dans le village pour tamponner mon carnet de route. Point de commerce ici ; est-ce la proximité de sa grande sœur ? Je suis contraint d’envoyer une carte postale que je glisse dans la boîte à lettres du bureau de poste. A quatre kilomètres de là, je trouve un commerce ouvert. Il est implanté à Buglose, commune de St Vincent-de-Paul. Je fais tamponner mon carnet de route. J’aurai ainsi deux justificatifs de mon passage dans cette commune. J’espère ne pas avoir fait entorse au règlement.
Après ces péripéties, mon retard augmente. Aussi sur ces routes plates des Landes, monotones et ennuyeuses, j’essaie d’adopter une allure régulière, sans trop forcer, pour rattraper un peu de temps perdu. Mais le vent, au fur et à mesure que la température s’élève, vient contrarier ma progression. A Luxey , au deuxième contrôle, j’ai refait le retard. Un peu plus loin je trouve une déviation. J’atteins près de vingt kilomètres supplémentaires. J’enrage car sans cela j’aurais une heure d’avance. Mais peu importe le moral est bon.
Entre Préchac et Langon je vois arriver un cycliste en sens inverse. Un petit signe de la main et je poursuis ma route. Puis quelques minutes plus tard vient à ma hauteur le cycliste que je venais de croiser. C’est Bernard Ducornetz, diagonaliste émérite. Je suis heureux de le rencontrer. Il m’apprend ainsi qu’il a réalisé il y a peu la même diagonale et qu’il est reparti aussitôt pour Brest. Pour cette S-B il a rencontré beaucoup de vent mais il en est venu à bout. Bravo Bernard. A Langon, Bernard m’invite à prendre un verre qui est le bienvenu car il fait chaud.
Diagonale Hendaye-Strasbourg Pour immortaliser la traversée de la Garonne une photo s’impose. Je le remercie aussi de m’avoir guidé dans la traversée de cette ville, et de m’éviter une bonne côte. Sur la route des crêtes dans le vignoble de l’Entre-deux-Mers au relief vallonné, Bernard, après les photos d’usage, me quitte et me souhaite bonne continuation.
La progression est difficile et jusqu’à Montpon-Ménestrol le toboggan use l’organisme. Difficile d’étancher sa soif. Les nombreuses haltes pour se rafraîchir ralentissent ma progression. Même en s’aspergeant la tête, les bras et les jambes les rayons du soleil tannent un peu plus ma peau. Si ce vent me poussait cela m’arrangerait.
La vallée de l’Isle au relief plus doux est agréable avec des passages plus ombragés. J’atteins finalement Périgueux à 20h40 avec un peu de retard sur mon horaire mais satisfait de faire une halte après cette longue étape. Le très bon accueil que je reçois à l’hôtel du Midi me réconforte. J’ai parcouru 364km pour une dénivelée de 2024m.

Le dimanche 29 juin 2008 je repars à 02h00. C’est vrai que la nuit fut courte mais la journée qui s’annonce est ardue. Je poursuis ma route par la vallée de l’Isle jusqu’à Excideuil où au jour naissant je peux admirer le château féodal. A cet instant commence les difficultés. Ce n’est que montées et descentes.
Dans cette riche région d’élevage, je traverse Saint-Yrieix-la-Perche dont les gisements de kaolin ont fait la notoriété des porcelaines de Limoges. Le soleil et le vent, mes deux compagnons de route, m’escortent tout au long du jour. Cette montagne limousine use et la verdeur du paysage donne à cette région un aspect bocager. A Saint-Léonard-de-Noblat nouveau contrôle. Dans cette patrie du célèbre chimiste et physicien Gay-Lussac, vit aussi une autre célébrité, Raymond Poulidor. Cette commerçante me fait remarquer qu’il y vient de temps en temps et que c’est un homme tout simple.
Sous un soleil de plomb j’arrive à Bourganeuf juchée sur un éperon. Dans ce paysage de collines boisées je fais halte pour me restaurer. Je me souviens de mon passage en 2005 lors de ma diagonale Brest-Menton et du relief accidenté. Cela n’a pas changé et la Creuse ne dément pas sa réputation.
Je poursuis ma route. Je m’asperge le corps, je m’arrête souvent pour me désaltérer. A Chénérailles petite bourgade de 750 habitants j’entre dans un bar-Pmu. Le mur de l’établissement est tapissé des gains des joueurs qui, me fait remarquer le patron, est exceptionnel pour une telle localité. Il me confie qu’il y en a un qui engage de grosses sommes, et cela entraîne d’autres personnes à jouer. Je le laisse à ses prises de paris et je poursuis jusqu’à Gouzon pour un nouveau contrôle. Il m’est confirmé que la N145 est interdite aux cyclistes jusqu’à Montluçon. Mais comme j’en avais tenu compte dans mon tracé, je suis une route presque parallèle par Bord St Georges, Viersat et Prémilhat. Le relief est relativement plat avec une belle descente sur Montluçon, département de l’Allier, implantée dans une boucle du Cher.
Pour rejoindre Moulins, terme de mon étape, je fournis quelques efforts supplémentaires pour me hisser sur l’autre versant à la pente raide. Une fois le plateau atteint et pour les derniers kilomètres de la journée, je traverse le bocage bourbonnais, puis Cosne-d'Allier situé au confluent de trois rivières : l’Oeil , l’Aumance et le Bandais. Ce n'est que depuis 1914 que Cosne-d'Allier est le nom officiel de cette commune. Auparavant elle s’appelait Cosne-sur-l’œil. Je passe à Bourbon-l’Archambault situé au cœur de ce bocage, ville d’eaux au passé prestigieux et berceau de la dynastie royale des Bourbons.
J’arrive à Moulins avec encore un peu de retard sur mes prévisions, après avoir parcouru 309km et quelques 3274m de dénivelée. J’estime que mes efforts n’ont pas été vains sous ce soleil toujours ardent. Lorsque j’arrive à l’hôtel du Parc, l’accueil est très sympathique et le veilleur de nuit, un peu maniéré, est aux petits soins avec moi. Il va me préparer un plateau déjeûner de qualité. Malheureusement je ne pourrai pas dîner sur place, le restaurant est fermé. J’enfourche à nouveau mon vélo pour me rabattre sur une pizzéria à 1km de là. Cela fait partie des surprises dans le parcours d’un diagonaliste.

Le lundi 30 juin 2008 à 03h15 lorsque je descends les marches de l’hôtel je suis accueilli par la levrette du veilleur de nuit. Oui, sa petite chienne manifeste sa joie de me voir. Ils m’accompagnent tous deux sur le pas de la porte de l’hôtel. Il m’indique la direction à prendre et me salue de la main. Sympa, non ? Dans la nuit qui m’enveloppe j’emprunte une route encore tranquille à cette heure, bien qu’étant à grande circulation. J’atteins ainsi sans difficulté Bourbon-Lancy, ville touristique et gastronomique située au cœur de la Bourgogne, en Saône et Loire. Même si elle offre à ses visiteurs de nombreux attraits je ne peux m’y arrêter.
Au lever du jour je découvre de part et d'autre de ma route des pâtures de troupeaux de race charolaise. Ces bovins à robe blanche et à la croupe opulente sont très enviés par les éleveurs. Ces paysages vallonnés de bocages ondulent au gré des rivières qui y sinuent.
Cette journée sera encore très ensoleillée et chaude. Aux portes de Montceaux-les-Mines je m’engage sur la route qui longe le canal du centre que je suis pendant près de 50km. Halte à Blanzy-le-Rampois pour un nouveau contrôle et un moment de repos. Ouvert à la navigation ce canal offre un très agréable parcours rafraîchissant.
Diagonale Hendaye-Strasbourg Quelques péniches très bien aménagées voguent lentement sur ces eaux tranquilles. A Chagny, au pied des grands crus de Bourgogne, je quitte les berges de voie fluviale. Je m’y restaure et je m’y repose un instant à l’ombre bienfaitrice et réparatrice d’un arbre et sur une pelouse bien confortable.
Ces quelques minutes de sieste me ragaillardissent pour poursuivre ma route. Dans un paysage qui ondule, en suivant la vallée de la Dheune, sur des routes tranquilles, j’avance à bonne allure. Je ne prête plus attention au soleil et au vent. En m’aspergeant régulièrement la sensation de fraîcheur ne dure pas longtemps mais elle est primordiale pour lutter contre la chaleur.
A Saint-Jean-de-Losne, en côte d’Or, sur les bords de Saône, nouvel arrêt pour tamponner le carnet de route. Il est dit que c’est le premier port fluvial de plaisance de France en eau d’intérieur. C’est à la brasserie LAMIRAL, la bien nommée, que j’étanche ma soif. Je suis encore cette rivière jusqu’à Auxonne qui est le lien entre la Bourgogne et la Franche Comté.
J’entre dans le département de la Haute-Saône à Pesmes qui est l’un des plus beaux villages de France. Il est écrit qu’il y a 19 monuments classés ou inscrits au patrimoine. J’aimerais bien y consacrer du temps mais ce sera pour une autre fois, de manière plus touristique. Certes un diagonaliste voit des paysages enchanteurs, traverse des villes au riche patrimoine, mais il ne peut que remettre à plus tard à faire vraiment du tourisme.
La quiétude de la circulation qui jusqu’alors m’avait suivi, cesse. Sur cette route, à la sortie de Pesmes c’est un ballet incessant et infernal de camions bennes, chargés ou à vide, qui me croisent ou me doublent. J’apprendrai qu’ils transportent sur des chantiers de la pierre d’une carrière ouverte non loin de là. En prenant la vallée de l’Ognon je retrouve le calme. Cette route souvent boisée et légèrement vallonnée me conduit à Rioz, terme de ma troisième étape. J’arrive avec un peu d’avance sur mon programme. J’ai parcouru 277km pour une dénivelée de 1549m. L’accueil au « Logis le Comtois » est excellent, tout comme le repas.

Le mardi 1er juillet 2008 je repars à 03h25. Le démarrage est plutôt difficile. Les jambes sont lourdes et la machine a du mal à se mettre en route. Je ne me décourage pas. Je sais par expérience que tout cela n’est qu’une affaire de patience. La succession de montées et descentes n’atteignent pas mon moral car aujourd’hui j’arrive à Strasbourg. Alors courage !

A Villersexel dans la Haute-Saône je fais deux fois le tour de ville. Je suis dans sa partie haute et je ne veux pas me tromper de direction pour me retrouver dans la ville basse pour rien. Heureusement un automobiliste affable, à cette heure matinale, me donne le bon renseignement. Ouf, je ne dois pas redescendre, la route est juste derrière le cimetière comme il m’a indiqué. Dans la fraîcheur matinale, fort appréciée après ces chaudes journées, mes muscles s’échauffent et le coup de pédale est plus franc.
J’atteins Giromagny après une belle descente. Elle est située au pied du ballon d’Alsace dans le territoire de Belfort. D’ailleurs j’y croise de nombreux cyclistes qui vont attaquer ses pentes. J’en profite pour effectuer mon contrôle. Tampon, boisson, deux parts de flan et c’est reparti.
La route est bien roulante, et si ce n’est la montée à Aspach depuis Guewenheim, elle est assez plate, enfin. Le passage à Cernay me rappelle un souvenir de semaine fédérale récente. Ensuite je retrouve le parcours que j’ai emprunté pour la diagonale Strasbourg-Perpignan mais en sens inverse. Mais à contrario je parcours la plaine d’Alsace l’après-midi, par une chaleur torride et un vent défavorable. Malgré cela je roule bon train. Je traverse Neuf-Brisach, cité Vauban qui vient d’être inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle le vaut bien.
Pour la remontée vers Strasbourg c’est la chasse à l’eau. Les bidons sont vite chauds, aussi faut-il que je change souvent le contenu. Dans cette plaine noyée de soleil les champs de maïs abondent et les systèmes d’arrosage sont en action. Je voudrais bien en profiter aussi mais ils sont trop loin.
Je m’arrête à Gerstheim pour poster la carte postale « arrivée ». Mes pieds s’échauffent et j’en profite pour me déchausser et les aérer. Strasbourg n’est pas loin et je me sens pousser des ailes. La circulation est faible mais à Ilkirch, tout d’un coup, je me trouve dans un flot de véhicules. Je suis près du but mais je perds mon orientation.
Je me retrouve dans le quartier de Neudorf. Je cherche la route de l’hôpital. Finalement, après quelques hésitations, j’aperçois le commissariat central. Je suis soulagé et heureux d’avoir atteint mon but. La policière qui m’accueille n’est pas étonnée et elle couche mon arrivée dans un registre spécial dédié aux diagonalistes. Il est 17h00 et j’ai parcouru 232km pour une dénivelée de 1544m.
Oubliés le soleil, la chaleur, le vent, la soif, le relief accidenté notamment dans sa partie centrale. Les images défilent dans ma tête aussi vite que le paysage que j’aperçois depuis le TGV.
Traverser tant de départements et à vélo ne laissent pas indifférent. Même si on souffre, les rencontres et les lieux traversés font vite oublier tous ces désagréments.
Diagonale Hendaye-Strasbourg Le lendemain je quitte la gare de Strasbourg pour rejoindre en train Cahors.
Même après avoir parcouru 1182km, sans ennui mécanique ni physique, le plaisir est toujours là.

Daniel Arnaudet - Cahors CycloTourisme

Cahors le 09/07/2008
27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 19:39
Samedi 28 juin, vers 2h00 du matin, Daniel ARNAUDET prendra le départ de sa 6ème diagonale.
Il ralliera Hendaye à Strasbourg.
Il fera étape à Périgueux, où il compte arriver samedi soir vers 20h00. Il en repartira vers 2h00 du matin pour arriver à Moulins dimanche soir vers 20h00.
Il nous fera un point de ce lieu d'étape.


Coup de fil de Daniel, hier soir (dimanche) à 23h20, il s'apprêtait à dormir 2 à 3h à Moulins avant de repartir  pour sa 3ème étape

Pour l'instant il a parcouru un peu plus de 700km et quand on aime on ne compte pas, suite à une erreur de parcours il a fait 20km supplémentaires le 1er jour.
Samedi il a souffert de l chaleur.
Aujourd'hui, (lundi) 270klm sont au programme, halte prévue à RIOZ.

Appel téléphonique ce soir (lundi) à 21h00. Daniel est arrivé à RIOZ, encore une étape sous la chaleur.
Le moral est également au beau fixe, plus il avale de km, plus il est en forme.
Il prévoit de partir de RIOZ, cette nuit vers 3h-3h30 pour arriver à Strasboug vers 15h-16h.00

A demain pour un dernier point lors de son arrivée.

Demain encore une petite!! étape de  200km et il totalisera environ 1200 km.
Encore un bel exploit en perspective!

Nous lui souhaitons bon courage et bonne réussite.

Aujourdh'ui, (mardi) 17h00, Daniel pointe à la Gendarmerie de Strasbourg pour valider sa 6ème diagonale.
Bravo pour ce nouvel exploit réalisé dans des conditions climatiques difficiles. Après un Paris-Brest-Paris sous la pluie, c'est une diagonale de 1182 km sous une chaleur accablante et un léger vent toujours contraire..
Rappel des étapes:
    Samedi: Hendaye-Périgueux, 364km
    Dimanche:- Périgueux-Moulins, 309km
    Lundi: Moulins-Rioz, 277km
    Mardi: Rioz-Strasbourg, 232km

Depuis le départ, Daniel n'a dormi que 8 heures.
Nul doute qu'il va profiter d'une bonne nuit de repos avant de prendre le train demain (mercredi) à 10h00 pour une arrivée à Cahors à 19h30.


Les diagonales sont des randonnées qui relient entre eux les 6 sommets de l'hexagone français : DUNKERQUE, STRASBOURG, MENTON, PERPIGNAN, HENDAYE, BREST.
Après Hendaye-Strasbourg, il lui restera 3 à réaliser. Daniel compte les terminer en 2011

17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 19:46
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FIGEAC-SUPER LIORAN

En ce matin bien frais, nous sommes huit cadurciens ou apparentés à partir à l'assaut de la célèbre station de ski du Massif Central par les routes Lotoises, Aveyronnaises et du Cantal. Près de 175 kilomètres d'un périple dépassant allègrement les 3000 mètres de dénivelé.
C'est dire qu'il faudra être fort dans sa tête et ses jambes pour gravir les multiples côtes et cols qui jalonnent le parcours.
La température ne dépassant guère les 5 degrés, c'est chaudement habillés que Fabienne, Roland, Patrick, Jean-Claude, Daniel, Henri, Claude et moi-même, quittons la cité de Champollion.
Le brouillard accompagne notre progression dans la « platitude » de la Vallée du Célé que nous abandonnerons à Bagnac (et son pont moyenâgeux que nous laissons sur notre droite). Cette « purée de pois » ne nous quittera que lorsque nous atteindrons la vallée du Lot.
Figeac-Super-Lioran photo: F.Mangin
Pour cela, nous devrons d'abord escalader les contreforts du massif cantalien en passant par les très jolis villages de Saint-Santin aux deux églises qui se font face. En effet, Saint-Santin c'est deux mairies, deux écoles, mais un seul monument aux morts. Séparés seulement par la route, l'un situé dans le Cantal est appelé Saint-Santin de Maurs, et l'autre dans l'Aveyron tout simplement Saint-Santin d'Aveyron. D'ailleurs, pour connaître l'histoire romancée de ces deux villages, je recommande le passionnant ouvrage de l'écrivain Jean Anglade « Un souper de neige » que j'ai lu dernièrement.
A quelques encablures, après une brève descente nous retrouvons la rivière Lot quittée ce matin. Le temps devient plus clément, laissant place à un soleil rayonnant qui va pratiquement nous accompagner toute la journée. Nous remontons l'étroite vallée en traversant les charmants petits villages de Port d'Agrès, Saint-Parthem (entourés de jolis jardins potagers), puis Vieillevie et son château de X1ème siècle (ce village a été rendu célèbre par les exploits des coureurs de Tour de France sur la côte du même nom que nous laissons sur notre gauche, notamment par la défaillance d'un certain Bahamontès qui dut mettre pied à terre tant la pente est rude et abandonner quelques kilomètres plus loin à bout de forces).
Dans ce village, un premier ravitaillement copieux nous est proposé.
Figeac-Super-Lioran photo: F.Mangin   Figeac-Super-Lioran photo: F.Mangin
A quand les montagnes ! Nos fessiers commencent à souffrir dans cette vallée interminable!
Le temps d'admirer le vignoble du Fel accroché à la colline, nous atteignons Entraygues, village situé au confluent du Lot et de la Truyère. Par un splendide pont gothique, nous traversons le Lot pour rejoindre enfin les routes en forme de montagnes russes que nous n'allons plus quitter jusqu'à la fin de cette première partie de la randonnée.
Rapidement nos mollets sont mis à rude épreuve dans la montée vers Saint-Amans des Cots, puis dans la côte du château de Valon, Ce château au milieu de nulle part domine fièrement la vallée sauvage et encaissée de la Truyère. Construit au XIIème siècle, il reste aujourd'hui un majestueux donjon carré du XIVème.
A Lacroix-Barrès, une route plus calme nous conduira à la cité EDF de Brommat ou nous attend le repas concocté par les Cyclotouristes Figeacois (hormis pour Patrick qui va continuer seul sa rando sur un circuit raccourci).
Figeac-Super-Lioran photo: F.Mangin   Figeac-Super-Lioran photo: F.Mangin
Pour nous, sur la digestion, nous allons « avaler » une très longue (mais douce) montée de 10 kilomètres qui nous conduira jusqu'au village de Thérondels où nous allons quitter l'habitat aveyronnais (où l'ardoise est reine) pour celui typique des massifs volcaniques ou domine le granit et les couvertures en Lauzes.
Par un plateau en « tôle ondulée », nous traversons les paysages du pays de l'Aubrac avec ses immenses pâturages peuplés d'animaux du même nom.
Ensuite une longue descente nous dirige vers la vallée de Brezons qui marque la séparation des montagnes d'Aubrac et du Massif Central que nous allons aborder au lieu-dit Le Bourguet, pour une escalade qui nous conduira au cols de la Griffoul, puis de Prat-de-Bouc à près de 1400 mètres d'altitude, au pied du Plomb du Cantal. Un ravitaillement surprise nous y attend pour une collation chaude qui nous permettra de reprendre des forces avant d'aborder la dernière difficulté.
Il faut d'abord se défaire de la très longue descente bien froide vers Murat avant de poursuivre vers la station haute de Super-Lioran., que nous allons aborder par une route large et roulante (que nous quitterons un moment pour la traversée du village touristique de Laveyssière). Nous retrouverons cette route jusque là bien douce, pour un morceau bien plus pentu qui nous amènera au lieu-dit Le Lioran. Là, nous avons la bonne surprise d'être dirigés vers une petit chemin forestier qui nous conduira après un dernier effort jusqu'à notre lieu de résidence près du Col de Cère à 1370 mètres d'altitude.
Nous allons pouvoir enfin, prendre une douche réparatrice, se donner un peu de repos, puis après la remise des trophées et l'apéritif, finir la soirée par un repas agréable agrémenté par la « truffade » locale et conclu par une excellente tarte aux myrtilles (triple dose pour Fabienne). Chacun pourra ensuite jouir d'une nuit réparatrice ponctuée seulement par quelques ronflements (ou plutôt « grognements » selon Henri).

Figeac-Super-Lioran photo: F.Mangin   Figeac-Super-Lioran photo: F.Mangin


SUPER LIORAN FIGEAC

Débuts difficiles nous a prédit le Président Serge Maruéjouls, puis descente jusqu'à Figeac ! Taquin, Serge, car cette journée s'avèrera toute aussi difficile que la précédente, tant les difficultés sont rapprochées et la distance tout aussi conséquente que la veille.
Heureusement, un copieux petit déjeuner va nous permettre de franchir allègrement les premiers obstacles. Emmitouflés dans nos « Gore-Tex », nous allons nous laisser « couler » sans un coup de pédale jusqu'au village de Saint-Jacques des Blats. Et là ! Aie ! Nos muscles froids vont prendre un rude coup ! Les deux premiers kilomètres du Col de Perthus sont des plus difficiles.
Heureusement, par la suite la route menant au col a pitié de nous et nous propose des pentes plus abordables. La courte descente est périlleuse, mais c'est sans encombre que nous arrivons à Mandailles ou nous attend le début de l'escalade des 11 kilomètres du Pas de Peyrol.
La route s'élève d'abord dans un décor verdoyant, puis à travers de magnifiques pâturages ou les sonnailles des vaches Salers commencent à retentir. Celles-ci nous accompagneront pratiquement toute la journée. La pente assez dure durant les premiers kilomètres s'adoucira en vue du col.
Un paysage somptueux nous attend tout en haut, malgré le brouillard qui enveloppe le sommet du Puy Mary, 200 mètres plus haut. Les mains sur les freins, nous atteignons la vallée du Falgoux, puis le Col de Néronne et enfin la superbe route des crêtes qui nous dirigera jusqu'au célèbre village de Salers. Extraordinaire lieu ou le granit et la lauze font bon ménage. Les organisateurs ont choisi cette cité médiévale pour un ravitaillement bienvenu.
Figeac-Super-Lioran photo: F.Mangin   Figeac-Super-Lioran photo: F.Mangin
Après une descente abrupte, nous roulons sur de belles petites routes vallonnées traversant de beaux villages « cantalous » comme Saint-Martin-Valmeroux, Saint-Christophe des Gorges, avant de nous conduire jusqu'au barrage d'Enchanet, que nous traverserons rapidement avant d'entreprendre la longue montée vers Arnac (un ravitaillement surprise nous y attend, mais seul Claude en profitera). Pour les autres, les premiers tiraillements d'estomac se font sentir, mais il faudra encore patienter avant de voir se profiler la descente vers Laroquebrou.
Arrêt encore très sympathique pour se restaurer, tant les organisateurs figeacois sont avenants. Sentant la fin proche, c'est sans trop de souffrance que nous passons les dernières difficultés du parcours pour atteindre Labastide-du-haut-Mont, point culminant du département du Lot.
Le passage de la route est à 710 mètres, le point haut à 788. Fabienne et Roland écarteront ma proposition de monter jusqu'à la table d'orientation situé 78 m plus haut. Ce sera pour une prochaine fois disent'ils. Un dernier petit arrêt à Latronquière, et il n'y a plus qu'à se laisser glisser jusqu'à Figeac.
Vraiment, nous avons passé deux magnifiques journées à travers des paysages étourdissants, de superbes villages, d'étroites vallées verdoyantes, de verts pâturages peuplés de troupeaux de races locales (Aubrac, Salers) avec leurs sonnailles, et en plus un temps clément. Quel plaisir à flâner dans une tel décor de cartes postales.
En dehors de la performance sportive de chacun d'entre nous, la notion de cyclotourisme reste bien ancrée dans l'esprit de cette randonnée. Grand merci aux organisateurs figeacois pour leur dévouement et leur talent d'organisateur.
Guy FAURE

photos: Fabienne MANGIN