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21 juillet 2006 5 21 /07 /juillet /2006 15:28
Récit de la diagonale Strasbourg-Perpignan effectuée du 08/07/2006 au 11/07/2006

Quand j'ai pensé à m'engager sur une nouvelle diagonale de France, j'avais en tête de l'effectuer début juillet 2006. Puis au fur et à mesure où j'avançais dans mon projet, je réalisais que le Tour de France cycliste démarrait de Strasbourg. Je décalais donc ma date de départ mais Strasbourg est également le siège du parlement européen et il se trouve qu'une session a lieu dans le créneau où j'avais décidé de partir. Nouveau décalage de date. Bien m'en pris car la météo a été très mauvaise pendant cette période et le 8 juillet 2006 les conditions s'étaient améliorées. Heureusement !!! Par contre pour la finale de la coupe du monde de football comment faire ?

La nuit qui précède mon départ j'ai le sommeil plutôt léger. Vers 03h30 j'entends le chant d'une roue libre. Ma monture s'impatiente-t-elle ou quelqu'un veut-il s'en emparer ? Je me lève, j'entrouvre le volet et à ma grande surprise j'aperçois deux cyclos qui arrivent à l'hôtel pour se coucher. Ce sont deux diagonalistes de Montpellier qui terminent une Brest-Strasbourg. Ils sont fatigués. Ils ont trouvé beaucoup de mauvais temps. Ils me souhaitent bon courage. Il est temps pour moi de me préparer.

Le samedi 8 juillet 2006 à 05h00, à la sortie du commissariat de police je rencontre Jocelyne Henzelin qui aimablement me propose de m'accompagner pour sortir de la ville. Je lui dis bravo pour l'effort qu'elle a fait car elle s'est levée tôt pour venir à ma rencontre. C'est à bonne allure et tout en discutant que nous filons dans la plaine d'Alsace. Le temps est couvert mais la température est agréable pour pédaler. A Gerstheim nous faisons halte et j'envoie ma carte postale "départ". Jocelyne fait deux ou trois photos et nous nous disons au revoir. Je lui dis merci, elle me souhaite bonne route et bon courage. Elle reprend la route vers Strasbourg, je file vers le Sud.

La route est plate, le train est bon. Les villages fleuris ne démentent pas la réputation alsacienne. Les champs de maïs défilent, les canons à eau tournent à plein régime à tel point qu'à un moment je dois m'arrêter pour éviter la douche et à cette heure matinale, brrr !!!!

Après plus de 100km je vois arriver un cycliste qui me dit "diagonaliste ?", je lui réponds oui, il se présente Frédérik Alberda du service d'accompagnement routier (S.A.R.). Il me demande si je veux bien qu'il m'accompagne. C'est avec plaisir que j'accepte sa proposition. Nous discutons tout en roulant et dans son sillage il me conduit jusqu'à la route de Pontarlier. Ce secteur de Montbéliard, sur la carte routière me faisait un peu peur. Après Bernwiller nous bifurquons à gauche et nous empruntons une piste cyclable agréable le long du canal du Rhône au Rhin en évitant ainsi la circulation automobile. Nous arrivons ainsi à l'entrée de Dannemarie. Frédérik est un bon rouleur, son allure en atteste. Quelques kilomètres plus loin nous nous arrêtons dans le charmant village de Recouvrance. Il est pavoisé aux couleurs de la France en perspective de la coupe du monde de football. Frédérik qui a repéré l'endroit me propose de faire une photo devant une représentation insolite de l'événement. Aux portes d'Audincourt nous faisons une petite halte. Après nous être rafraîchis nous continuons nos routes dans nos directions respectives. Il me dit que je ne peux pas me tromper, il suffit maintenant de suivre les panneaux "Pontarlier".

Je remonte la vallée du Doubs jusqu'à Saint-Hippolyte sans trop de difficultés. La route s'élève rapidement et fortement sur quelques kilomètres puis la pente s'adoucit un peu pendant 12km. La nature est belle et verdoyante. Il fait bon respirer cet air-là. Cela m'encourage. A Maîche je poursuis vers Pontarlier par le plateau. De grands espaces de verdure s'offrent à mes yeux. Ce n'est que plaisir malgré un vent contraire pas trop fort. La descente sur Morteau ouvre une belle vue sur cette cité horlogère. Je poursuis ma route le long du Doubs. Elle se faufile entre deux falaises sur plusieurs kilomètres en léger faux plat montant pour parvenir aux défilés du Coin de la Roche et d'Entre-Roches. Magnifiques !!!

A l'arrivée à Pontarlier et en approchant des premières maisons, j'aperçois une colonne importante de fumée. Vraisemblablement il s'agit d'un incendie et je pense que peut-être l'hôtel où je dois passer la nuit est en feu. Je m'approche de l'attroupement, des pompiers s'activent encore, une déviation du centre ville est mise en place. Je me renseigne ; cet immeuble en feu est un bâtiment du 18ème siècle, ancienne caserne, récemment restauré par la ville, qui abrite l'école de musique et les archives de cette localité. C'est un mur de paille placé contre l'un des murs du bâtiment qui s'est embrasé, enflammé par un pétard ou une allumette. Cette paille devait servir pour une course biathlon organisée par la ville en hommage aux bi athlètes médaillés aux jeux olympiques. La paille devait permettre d'amortir les tirs. Ces informations recueillies, je rejoins l'hôtel situé non loin des lieux du drame, enveloppé encore de la fumée de l'incendie.

La journée s'est bien passée, il est 18h10 et j'ai parcouru 265km.

Le dimanche 9 juillet 2006, je repars à 00h15. Pourquoi si tôt, parce que la route est longue (près de 350km), la chaleur annoncée notamment plus au sud et les difficultés qui me paraissent importantes. Je ne suis plus dans la plaine d'Alsace. En plus l'hôtelier me déconseille d'emprunter l'itinéraire que je m'étais fixé au départ de Pontarlier en raison de fêtes locales et de routes coupées. Je rallonge ainsi de quelques kilomètres.

La nuit est relativement douce. Tout est Ok. En principe cela descend jusqu'à Champagnole mais il y a toujours une petite bosse. En fait la vraie descente est à 5km de cette localité. Dans un petit village après Orgelet je m'arrête pour me reposer. A l'approche du lever du jour mes yeux papillotent et ne demandent qu'à se fermer. Je repère un petit coin tranquille proche de la fontaine du village. Je m'assieds contre le mur, je mets le réveil 10mn et je m'endors aussitôt. Ensuite, jusqu'au prochain contrôle de Thoirette ce n'est que montées et descentes, et de nuit cela ne va pas vite. Dans cette localité je cherche pour faire tamponner ma carte de route. Il est près de 07h00 et j'ai faim. Je trouve une supérette pas encore ouverte à la clientèle mais le gérant me propose aimablement le libre service où je fais quelques emplettes. Un coup de tampon, au revoir et merci. J'emprunte ensuite la route des gorges de l'Ain dans leur écrin de nature encore préservée. C'est toujours un peu le toboggan.

J'arrive à Pont d'Ain et jusqu'à Bourgoin-Jallieu la route est relativement plate. Le train est bon et les jambes ne vont pas trop mal. D'ailleurs mon départ avancé me permet de garder une marge sur mon horaire. En passant à proximité de Pérouges, en levant la tête, j'aperçois sur sa colline cette cité du Moyen Âge. Ce fut une ville d'artisans où nul seigneur n'a jamais régné, la culture et le tissage de la toile étaient les deux ressources de ses habitants.

En me dirigeant toujours plein sud, presque aux portes de Lyon, j'arrive à Crémieu autre cité médiévale dans l'Isère. Je m'approvisionne et je prends un peu de repos, le temps de me restaurer, sous les halles du 15ème siècle couvertes de lauzes et dont la charpente repose sur des pignons en maçonnerie et des poteaux en bois. Moment de détente agréable. Peu avant midi je repars, la température s'est un peu élevée mais le soleil n'arrive pas à percer derrière l'épaisseur des nuages. Tant mieux.

A Bourgoin-Jallieu j'effectue une courte halte au contrôle avant de rejoindre la Côte Saint-André. Deux bonnes côtes m'attendent et je ne suis pas déçu, petit plateau obligatoire. Mais bon avec de la patience ça passe. Mais ce n'est pas fini car jusqu'à Romans-sur-Isère il y en a d'autres. Le franchissement du col de la Madeleine (493m) me paraît facile contrairement à ce que je pouvais croire. Le passage dans le nord de la Drôme, appelée "Drôme des collines" aux vallées verdoyantes est agréable, les points de vue sont magnifiques. L'approche sur Romans-sur-Isère se fait par une belle et longue descente.

L'arrivée de l'étape est proche. Je prends la direction plein sud. Je trouve un vent de face qui dans le faut plat après Chabeuil m'a handicapé, mais à Crest lorsque j'aperçois le donjon je suis heureux d'en finir pour aujourd'hui. Je rejoins l'hôtel en centre ville et petite surprise, une affichette à l'accueil indique que les repas sont servis exceptionnellement ce soir entre 19h00 et 19h45. Et pourquoi, parce qu'il y a la finale de la coupe du monde de football. Sans le savoir, j'arrive à 19h00 soit 12mn d'avance sur mes prévisions, et j'ai parcouru 354km. Allez la France !!!

Le lundi 10 juillet 2006, je repars à 03h15. La veille j'ai regardé le match jusqu'à la fin du temps réglementaire. J'ai bien dormi et je n'ai pas entendu de klaxons ou autres scènes de joie. J'ai quand même trouve cela bizarre. Je suis fatigué mais quand même.

Je repars donc de bonne heure car la journée s'annonce chaude. J'apprécie la fraîcheur matinale. Le vent souffle un peu plus fort, de face malheureusement. Je quitte Crest en traversant la Drôme pour remonter ensuite pendant un petit moment. Après Montélimar, ville au renom gastronomique, mais encore endormie je descends un étroit couloir entre deux montagnes où serpente le Rhône. A Châteauneuf-du-Rhône je traverse ce fleuve. J'arrive à Bagnols-sur-Cèze où j'effectue un nouveau contrôle. C'est là, assis au bar, que j'apprends la défaite de l'équipe de France de football aux tirs au but et le fameux coup de tête de "Zizou". Petite déception certes mais mon match de football je le dispute en ce moment et ce n'est pas encore gagné !!! En effet la N86 n'est pas plate et le vent ne m'aide pas beaucoup.

Quelques kilomètres après je quitte cette route pour un itinéraire moins encombré. Le soleil est déjà un peu haut et ses rayons ne m'épargnent pas. Un concert assourdissant des cigales va m'accompagner tout au long de la route jusqu'à Narbonne. Les paysages du Gard sont sauvages et magnifiques : garrigues dénudées et pierreuses. J'aperçois maints villages couleur pierre comme tapi, écrasés sous la chaleur. De fort loin je vois Uzès et son château fort. Je n'ai pas trop le temps de visiter la ville malgré mon avance sur l'horaire. Je me désaltère et je repars. Les difficultés ne sont pas énormes mais çà monte et çà descend. L'arrivée à Quissac, en descente, est étouffante. Petite halte casse-croûte. J'apprécie la fraîcheur de la supérette climatisée où je fais quelques emplettes. Au bord de la Vidourle, calme en ce moment mais qui a fait parler d'elle, je reprends des forces. Il est près de midi lorsque je repars. Il n'y a pas un arbre au bord de la route, les cigales sont toujours là et plus que jamais. Chaud, chaud !!!

La montée du Pic Saint Loup entre les falaises de l'Hortus est magnifique. Le paysage est rude mais la pente n'est pas très élevée. Du sommet j'ai une belle vue sur le bassin de Saint Martin de Londres que je rejoins par une descente agréable. Après ce nouveau contrôle je m'aperçois que l'avance de ce matin commence à décroître. La chaleur y est pour quelque chose et je crains le pire. Je redoute l'arrivée dans la plaine. L'eau des bidons est vite chaude. Je m'asperge le visage, le crâne, les bras et les jambes pour avoir une impression de fraîcheur. Avant d'atteindre Pézenas, quelques arbres au bord de la route me servent de parasol. Ils sont les bienvenus, d'autant qu'après avoir bifurqué le vent me pousse un peu enfin mais la N9 est infernale et je ne suis pas à l'aise jusqu'à Béziers. Je traverse cette ville sans trop de mal. Je file maintenant vers Narbonne. Le coup de pédale est bon. L'arrivée proche me donne un coup de fouet. J'arrive à l'hôtel à 19h10 et au terme de cette étape j'ai parcouru 292km.

Le mardi 10 juillet 2006, je quitte mon lieu d'hébergement à 03h00. Je traverse Narbonne sans aucune difficulté à cette heure matinale. La route nationale n° 9 est très agréable. Je suis seul ou presque. Les lumières au loin, sur ma gauche, m'indiquent le bord de mer tout proche. J'avale bien les quelques côtes jusqu'à Salses où j'envoie la carte postale "Arrivée" vers 05h00. Quelques fêtards, tout étonné de voir un cycliste ainsi harnaché, me saluent. Dans la plaine je rejoins Perpignan. Après avoir cherché ma route en ville je franchis la porte du commissariat où la fonctionnaire de service, habituée à voir des cyclistes, officialise mon arrivée d'un coup de tampon sur mon carnet de route. Il est 06h15.

Je voulais revenir à Cahors par la route mais en raison de la canicule annoncée je renonce. Je me dirige donc vers la gare toute proche et par chance un train Corail part à 08h15. Je prends un repos bien mérité avec des images plein la tête.

Voilà c’est fini. Je suis content et satisfait d’avoir réalisé cette diagonale. Elle n'est pas aussi longue que la Brest-Menton de l'année dernière mais elle n'est pas pour autant facile. Mon compteur affiche 982km soit 22km de plus que sur mon carnet de route mais aussi près de 02h00 de moins que prévues.

Daniel Arnaudet - CTC Cahors

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